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Conseil Céréales de FranceAgriMer
Des exports record en blé

LA RÉUNION du conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer du 9 mars aura été marquée par une nouvelle hausse sensible, de 500.000 t, des prévisions d’exportations de blé tendre à destination des pays tiers (cf. n°3888). Ce chiffre passe à 12,6 Mt, record absolu, soit 28,5 % de plus que la très bonne campagne précédente. Au 1er mars, les attributions de certificats d’exportation de blé vers les pays tiers, pour l’ensemble de l’UE, atteignaient 13,8 Mt contre 11,9 Mt l’an dernier à la même date. Mais la part de la France, avec 8,9 Mt, représentait 64 % de ces certificats, contre 53 % au 1er mars 2010 et 45 % un an plus tôt. Durant ces huit mois de campagne, les chargements dans les ports français à destination des pays tiers ont atteint 8,9 Mt dont 2,38 Mt vers l’Algérie, notre meilleur client, 2,18 Mt pour l’Egypte qui réalise, cette campagne, un score exceptionnel d’achat de blé français pour une raison conjoncturelle, en l’occurrence, l’absence du fournisseur russe. La comparaison des livraisons à l’Algérie et à l’Egypte ne traduit donc pas le même niveau de fidélité. Le Maroc a été, pendant cette période, notre 3e meilleur client avec 1,39 Mt, le 4e demeurant l’Afrique Noire.

Une collecte de blé tendre dynamique
    L’augmentation des exportations pays tiers est en partie atténuée par la réduction des perspectives de ventes à l’UE de 200.000 t, ce qui les ramène à 6,55 Mt. En définitive, le poste total “exportations” ne progresse « que » de 290.000 t, qu’il faudra bien trouver par ailleurs, les utilisations intérieures étant pratiquement maintenues à 14,75 Mt pour assurer un stock de report supérieur à 2 Mt (2,16 Mt). C’est vers les ressources qu’il faut chercher la solution, et notamment dans la collecte dont l’estimation est portée de 32,52 à 32,76 Mt. Pour expliquer ce relèvement, FranceAgriMer s’appuie sur la collecte déjà réalisée au 1er février de 27,9 Mt (85 % de la collecte finale prévue) contre 24,3 Mt l’an dernier, à la même date. Ce qui permet à Rémi Haquin, président du Conseil spécialisé, de fustiger à nouveau, certains commentaires sur les producteurs « assis sur leur tas de blé », entendez par là, faisant de la rétention de marchandise. La hausse de collecte équivaut à une révision à la baisse du stock de report et des utilisations à la ferme passant de 3,13 Mt à 2,9 Mt. L’explication est raisonnable compte tenu du prix élevé des céréales qui ont poussé les producteurs à plus livrer et à recourir davantage aux aliments composés. Cela étant, l’estimation des stocks à la ferme demeure assez aléatoire et FranceAgriMer poursuit la mise au point d’enquêtes pour l’affiner.

Utilisations de l’orge et du maïs en hausse
    Les utilisations de blé par les fabricants d’aliments du bétail sont maintenues à 4,4 Mt contre 5,4 Mt l’an dernier, la part du blé dans les incorporations étant directement liée au différentiel de prix avec les céréales secondaires. Globalement, les utilisations par les fabricants d’aliments sur les six premiers mois de l’année se sont maintenues au niveau de l’an dernier, mais avec un gros recul du blé, une très forte progression de l’orge et une plus modeste du maïs. Sur la campagne, le Conseil spécialisé considère que la nutrition animale pourrait augmenter, en 2010/2011, de 1 % ces incorporations. Les prévisions d’utilisations d’orge et de maïs à cet usage ont donc été revues en hausse de 100.000 t pour chacune de ces céréales. Le conseil a par ailleurs émis un avis favorable à l’étude de la qualité des produits entrant dans la composition des aliments du bétail, dont évidemment, les céréales. Pour le reste du bilan prévisionnel des céréales secondaires, les exportations d’orges vers les pays tiers ont été réduites de 100.000 t à 1,7 Mt, soit tout de même 1 Mt de mieux qu’en 2009/2010 et les ventes à l’UE réajustées en hausse de 65.000 t. Le stock de report d’orge est donc très peu modifié, à 1,6 Mt. En revanche, le stock de maïs est prévu en hausse de 130.000 t par rapport à la dernière campagne, à 2,47 Mt, en raison notamment d’une baisse des 100.000 t des ventes à l’UE et une croissance de 126.000 t de la collecte.

Une extrême volatilité des marchés
    S’agissant de la conjoncture, le Conseil spécialisé n’a pu que constater l’excessive volatilité des prix subie par le marché mondial depuis février et le retournement de tendance spectaculaire qui s’en est suivi. Puisqu’après une envolée des prix en janvier, on a assisté à leur chute brutale, consécutive au retrait des investisseurs inquiets de l’évolution de l’agitation politique en Afrique de Nord et au Moyen-Orient. Entre le 8 février et le 1er mars, les gestionnaires de fonds d’investissement ont réduit leurs positions nettes de 59 % en blé SRW et de 21 % en soja, pour les reporter sur le pétrole, +50 %, mais aussi, de façon spectaculaire, sur le coton pour lesquelles elles ont progressé de 373 % dans la seule semaine du 15 au 22 février. Le marché s’est donc écarté de ses fondamentaux qui ont peu varié, comme le confirme les derniers rapports CIC et USDA commentés dans nos colonnes. Cette extrême volatilité des prix imputable aux réactions des opérateurs non commerciaux sur les marchés à terme entre dans le collimateur de la loi américaine sur la régularisation des marchés (y compris ceux des céréales et des oléagineux) qui prévoit que la CFTC (caisse de compensation) devra définir les limites des positions agrégées comprenant toutes les opérations (contrats à terme, opérations de gré à gré… cf. n°3835) ; les opérateurs qui nouent des opérations sur les marchés à terme étrangers devront s’assurer que ceux-ci sont soumis aux mêmes règles que le marché à terme américain. Une invite pressante à Euronext, entre autres, à s’aligner.

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