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Biocarburants
Des études sur l’affectation des terres relancent le débat sur le biodiesel

Arguant de la pression sur les terres agricoles à des fins alimentaires, des ONG critiquent vivement le bilan écologique des biocarburants.

EN SEPTEMBRE PROCHAIN, la Commission européenne doit annoncer quelle est son analyse sur le bilan carbone des biocarburants. Une position qui devrait influer sur la future politique d’encouragement des biocarburants en Europe. D’ici là, des organisations écologistes ont commandité ou réalisé elles-mêmes des études invoquant la question des changements indirects d’affectation des terres agricoles. Arguant de la pression sur les terres agricoles à des fins alimentaires, ces ONG critiquent vivement le bilan écologique des biocarburants. La
filière Diester française répond.

Une étude américaine conclut à un bilan carbone négatif du biodiesel
    La perspective de la parution de futures études sur les changements d’affectation des sols relance la discussion sur le bilan énergétique du biodiesel. Les organisations écologistes, dont une dizaine ont commandé une étude à un “Institute for European Environmental Policy”, montent au créneau.
     Autre étude, celle de l’institut américain, Ifpri, qui conclut à un bilan carbone négatif du biodiesel. Les écologistes, invoquant ce travail, estiment que les changements d’affectation de terres dans l’hémisphère Sud sont suffisamment importants pour détériorer le bilan énergétique des biocarburants européens suite à l’objectif de 10 % d’énergie renouvelable dans les transports.
    L’idée est que l’utilisation de terres pour les biocarburants, en Europe ou ailleurs, qui détourne des terres de la production alimentaire, provoquerait une demande accrue pour des hectares destinés à l’alimentation humaine, et donc la déforestation. Greenpeace a elle-même conduit une analyse d’échantillons de biodiesel en Europe qui révèlerait en plus, selon une synthèse publiée le 20 juillet, qu’une part non négligeable (30 % en France selon Greenpeace, une proportion contestée par la filière Diester) des biodiesels serait produite à partir de graine de soja américain.

Du soja pour pallier le manque de graines oléagineuses locales
    Autant d’arguments réfutés par Philippe Tillous-Borde, président de Diester industrie, cité par le quotidien Le Monde. Selon lui, l’hypothèse de l’Ifpri est erronée car la production d’huile de colza ou de tournesol destinée au biodiesel n’empiète pas sur les productions alimentaires. « Cette huile de tournesol ou de colza n’existerait pas s’il n’y avait pas le débouché du biodiesel en Europe », explique-t-il.
    Par ailleurs, selon d’autres sources, l’utilisation d’huile de soja dans les usines de biodiesel européennes s’explique, industriellement, par la nécessité de saturer les outils de production lorsque la production locale d’oléagineux s’avère insuffisante. Mais cette part ne dépasserait pas, ponctuellement, 20 % des approvisionnements.
    La question de l’impact écologique n’est pas prise à la légère par la filière. Selon le président de Diester industrie, « si la Commission européenne prenait le risque de retenir les conclusions de l’Ifpri, on pourra mettre la clé sous la porte et l’Europe dépendra à nouveau des importations de soja du Brésil et d’Argentine ».
    La Commission européenne doit indiquer son analyse sur le bilan carbone des biocarburants en septembre.

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