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Des biotechnologies sur la sellette

Lors de son colloque à l'Exposion universelle de Milan, le Gnis a manifesté son inquiétude quant à la révision de la directive 2001/18 relative aux OGM et aux biotechnologies.

Le 19 novembre prochain, la Commission européenne doit remettre son interprétation juridique de la directive 2001/18. Celle-ci avait pour but de définir ce qu'était un organisme génétiquement modifié (OGM) pour mieux désigner quelles techniques de création variétale étaient autorisées dans l'Union européenne. Quatorze ans plus tard, l'organe exécutif propose une révision du texte en y intégrant de nouvelles biotechnologies apparues depuis. Dans sa ligne de mire sept techniques utilisées couramment par les sélectionneurs : la mutagénèse dirigée, la méthylation de l'ADN, la sélection inversée, l'infiltration d'agrobactérium, le greffage ou encore la cisgénèse et intragénèse.

Des techniques largement utilisées

« L'aboutissement de cette nouvelle interprétation juridique nous préoccupe pour le moins, s'inquiète Pierre Pagesse, président du Gnis. Si ces techniques venaient à être interdites, c'est toute la filière des semences qui disparaîtrait. » Et Del-phine Guey, responsable des Affaires publiques au Gnis, d'expliquer : « Des milliers de variétés cultivées dans le monde dérivent de mutagénèse, comme par exemple des tournesols enrichis en acide oléique, des raisins plus colorés... »

« Les sélectionneurs s'appuyant sur ces techniques de pointe pour créer de nouvelles variétés, toute la recherche serait ainsi stoppée et la compétitivité des semences françaises aurait du plomb dans l'aile », insiste Pierre Pagesse. Un scénario qui n'est pas improbable puisque qu'il y a quelques mois, la filière bio s'est vu interdire toutes ces techniques réduisant les variétés autorisées à celles issues de la sélection biologique, c'est-à-dire sans intervention de l'homme. Mais pour Pierre Pagesse, les biotechnologies sont indispensables. « Si l'on souhaite nourrir les 9 milliards d'êtres humains d'ici 2050, il faut augmenter la production de céréales de 70 %. Le secteur des semences est porteur de solutions essentielles au défi de la sécurité alimentaire planétaire. »

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