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Céréales / FranceAgriMer
Des ajustements pour préserver l’équilibre du bilan blé tendre

COMME SIGNALÉ brièvement dans notre dernier numéro, le conseil spécialisé Céréales de FranceAgriMer a, à l’occasion de sa réunion du 9 février, augmenté une fois de plus son estimation d’exportations de blé tendre vers les pays tiers, la portant à 12,1 Mt, soit 300.000 t de plus qu’annoncé en janvier. Rémi Haquin, président de ce conseil, a néanmoins confirmé ne pas avoir de craintes pour l’approvisionnement du marché intérieur en fin de saison.
    Pour étayer cette confiance, FranceAgriMer présente une prévision de stock de report en hausse de 200.000 t par rapport au mois dernier, avec 2,21 Mt, ce qui n’est quand même pas abondant. Afin de parvenir à ce nouvel équilibre, le conseil spécialisé s’est livré à des modifications non négligeables de son bilan prévisionnel du mois dernier. La collecte, qui atteint déjà un niveau exceptionnel est révisée en hausse de 200.000 t, à 32,5 Mt. Elle est déjà réalisée, pour le moment à 80 % de ce chiffre. Cette augmentation de la collecte est la conséquence d’une réduction quasi équivalente de l’autoconsommation et du stock à la ferme qui ne représenteraient que 8,8 % de la récolte contre 9,2 % en 2009/2010 et 11 à 13 % les précédentes campagnes. Cette réduction de l’autoconsommation peut s’expliquer par la hausse des prix de marché, incitant les producteurs à livrer aux organismes stockeurs plutôt qu’à s’asseoir sur leur tas de blé. Les autres principales rectifications apportées au bilan prévisionnel de janvier, sont à rechercher dans les utilisations. En premier lieu, une baisse de 200.000 t des estimations d’incorporation par les fabricants d’aliments qui passent de 4,6 à 4,4 Mt. Un ajustement qui semble raisonnable au vu des utilisations par les Fab depuis le début de campagne. Les autres utilisations intérieures (biscuiterie, panification…) sont immuables et le total des utilisations intérieures tombe de 14,95 à 14,75 Mt. Ensuite, 120.000 t sont gagnées par la diminution des exportations vers l’UE à 6,75 Mt contre 6,85 Mt, précédemment estimé. Dès lors, le bilan global export baisse de 200.000 t et le stock final peut donc être réévalué d’autant. Si FranceAgriMer limite ainsi les perspectives de risque de manque de marchandise pour la période de soudure, une belle récolte 2011 serait néanmoins bienvenue. Pour l’instant, on doit s’en tenir aux estimations de semis que le ministère de l’Agriculture a confirmées en progression de 1,5 % en blé d’hiver à 4,99 Mha. La suite sera affaire de rendement.

Un stock de report en chute libre en blé dur
    Le conseil spécialisé s’est en outre penché avec une attention particulière sur le dossier du blé dur dont le marché connaît une fin de première partie de campagne particulièrement animée. La prévision de stock de report tombe de 208.000 t à 99.000 t, 70 % de moins qu’à l’issue de la dernière campagne, où il était particulièrement élevé. Cette réduction du report est la conséquence du relèvement de 100.000 t des prévisions d’export vers les pays tiers, explicable, entre autres, par la venue massive aux achats, de l’Algérie. La France se positionne ainsi comme le deuxième exportateur mondial, derrière le Canada.
    Cette animation du marché, survenant après un début de campagne laborieux, s’est traduite par une hausse des cours incitative pour les producteurs. FranceAgriMer note que janvier a marqué une rupture avec la stagnation des cours enregistrée depuis le début de la saison. Le prix ferme payé à la ferme a été le plus haussier de toutes les céréales avec une progression de 72 e la tonne en un mois. Il atteint 289 e/t, soit 126 % de plus qu’en janvier 2010 ! Cette augmentation est peut-être intervenue un peu tard pour stimuler les semis d’hiver qui perdraient 4 % sur 2010, avec 468 Mha selon le ministère de l’Agriculture. Mais ils avaient progressé de 22 % l’année précédente.

Baisse de la collecte et des surfaces d’orge
    FranceAgriMer a relevé de quelque 275.000 t sa prévision de stock de report d’orge, la portant à 1,56 Mt. Les ressources et les utilisations intérieures n’ont pratiquement pas été modifiées, mais le bilan export a été amputé de 225.000 t dont 200.000 t pour les exportations vers les pays tiers. Néanmoins, avec une perspective de sortie vers l’étranger d’1,8 Mt, l’orge réaliserait le plus beau score de ces dernières campagnes (185 % de plus qu’en 2009/2010).
    En revanche, le conseil spécialisé n’a pas cru devoir rectifier en hausse ses estimations d’incorporations par les fabricants d’aliments pour animaux, maintenues à 1,9 Mt (ce qui est copieux), alors qu’au 1er janvier, ces incorporations atteignaient 982 Mt, compensant pratiquement le fléchissement logique du blé tendre dans l’alimentation animale cette campagne, pour raison de prix. Un cours qui n’a certes pas incité les producteurs à semer puisque, pour la deuxième année consécutive, la sole d’orge se réduirait pour tomber au plus bas niveau de ces cinq dernières campagnes, 8,6 % de moins que la moyenne quinquennale.

Bond des incorporations de maïs dans l’alimentation du bétail
    C’est donc vers le maïs que FranceAgriMer prévoit le transfert de la non-utilisation du blé tendre par l’industrie de la nutrition animale. Ces incorporations progresseraient de 200.000 t, à 3,4 Mt, soit 24 % de mieux qu’en 2009/2010, mais s’inscrivant dans les habituelles fluctuations de cette destination. Au 1er décembre 2010, les ventes de maïs à l’Union européenne étaient effectivement en retard de 25 % sur la précédente campagne. Cependant, au 1er janvier, les incorporations de maïs s’en sont tenues au niveau de l’an dernier à la même date, n’ayant pas profité, contrairement à l’orge, de la baisse des utilisations de blé. Le conseil a revu en baisse de 150.000 t ses prévisions d’exportation à destination de l’Union européenne. Par ces diverses révisions du bilan prévisionnel, le stock de report est envisagé en hausse de 160.000 t, à 2,35 Mt, pratiquement le même qu’en 2009/2010.

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