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Dépôt de la clause de sauvegarde sur le maïs Mon 810 pour fin novembre

Suite à une réunion avec des écologistes, Nathalie Kosciusko-Morizet confirme la volonté d’activer la clause de sauvegarde auprès de Bruxelles

LA FAMEUSE clause de sauvegarde, permettant à un état d’interdire sur son territoire la culture d’OGM, devrait être déposée par la France au niveau européen d’ici la fin du mois, selon le cabinet de Nathalie Kosciusko-Morizet, afin d’interrompre la production de maïs Mon 810 sur le territoire hexagonal. Cette nouvelle vient confirmer les récentes déclarations du ministre de l’écologie et du Développement durable, Jean-Louis Borloo, et fait suite à la rencontre entre sa secrétaire d’état à l’écologie et plusieurs associations de protection de l’environnement ou agricole, le 9 novembre dernier. Dans un communiqué commun Greeenpeace, la Confédération paysanne, les Amis de la Terre et les Faucheurs volontaires se réjouissent de cette décision mais restent attentifs à l’élaboration et au contenu de la loi sur les biotechnologie promise par Nicolas Sarkozy et qui, selon ce dernier, devrait arriver avant les prochains semis de maïs en 2008.

Satisfaction ternie par « la rapidité » avec laquelle l’état veut légiférer

« Les associations se réjouissent de cette décision, qui est un premier pas vers une France sans OGM » a déclaré Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM à Greenpeace, à sa sortie de la réunion. Interrogé par La Dépêche-Le Petit Meunier, il s’est satisfait de cette position gouvernementale ajoutant que «pour la première fois, la secrétaire d’état à l’écologie, confirme le dépôt de la clause de sauvegarde sous quinzaine».

Malgré l’évolution de la position gouvernementale sur le dossier des cultures transgéniques, les associations redoutent que la prochaine loi écarte certains principes, dans la précipitation de sa mise en place. «Nous devons faire en sorte que ce débat public ait lieu en interpellant dès maintenant les parlementaires sur les principes d’une telle loi, dont le rôle doit être de protéger l’environnement, les systèmes agraires et l’alimentation de toute contamination génétique et de s’assurer que les demandes des citoyens seront entendues», ont déclaré José Bové et Guy Kastler.

Si les attentes des anti-OGM ont été plutôt bien reçues par la secrétaire d’état à l’écologie lors de « cette réunion sous forme de groupe de travail sur la mise en œuvre de la clause de sauvegarde », Nathalie Kosciusko-Morizet « n’a pas été jusqu’à promettre l’absence d’OGM dans les champs français en 2008 », regrette Arnaud Apoteker.

De nouveaux éléments scientifiques

Pour déposer la clause de sauvegarde, la France devra trouver les éléments scientifiques suffisants pour remettre en question l’innocuité du maïs Mon 810 sur l’environnement ou la santé humaine. C’est donc avec de nouvelles publications scientifiques que les écologistes ont défendu leur refus des organismes génétiquement modifiés. Parmi celles-ci, une étude publiée en octobre par l’Académie nationale des sciences des états-Unis, portant sur les effets des toxines contenues dans les déchets et co-produits issus de maïs transgéniques sur les écosystèmes aquatiques, ou encore un document consacré à l’impact de la toxine sur les larves de papillon monarque.

Aucun élément de doutes concernant le maïs Mon 810 selon Orama

Dans un communiqué du 7 novembre, le syndicat des producteurs de grandes cultures, Orama, grand défenseur des organismes génétiquement modifiés, estime « qu’il faut sortir des généralités concernant le maïs Mon 810, en mettant sur la table s’il y en a, des éléments de doutes avérés et en les examinant alors selon une approche rigoureusement scientifique ». Le syndicat, dans ce même document, assure que « nulle part où il est cultivé depuis des années, il n’est apparu des éléments de doutes quant au Mon 810 ».

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