Coop de France s'inquiète de cette « rentrée agitée »
Philippe Mangin : « Nous retrouvons les fondamentaux de notre métier »
Embargo russe touchant plusieurs filières, profil de la récolte de blé ou encore négociations avec la distribution, les sujets d'inquiétudes ne manquent pas pour cette rentrée qualifiée d'« agitée » par Philippe Mangin, président de Coop de France, qui a tenu une conférence à Paris le 3 septembre. Et pour couronner le tout, le ralentissement de l'industrie agroalimentaire française s'accentuerait, selon lui. « Pour la première fois, la production agroalimentaire affiche une baisse de 2,2 %, 316 entreprises en défaillance. Le secteur a perdu 4.800 emplois, et les prix à la consommation continuent de reculer », a-t-il dénoncé. Petite pointe d'optimisme, la formation du nouveau gouvernement de Manuel Valls et sa « réconciliation avec le monde de l'entreprise ». Philippe Mangin s'est également réjoui de l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Économie et aux Finances, et de la reconduction de Stéphane Le Foll à l'Agriculture. Par ailleurs, le syndicat a annoncé la création de Coop de France Agroalimentaire.
Philippe Mangin : « Nous retrouvons les fondamentaux de notre métier »Dans le sillage de la FNSEA et de l'AGPB, Coop de France a tenu à rassurer les importateurs mon-diaux de blé tendre, compte tenu du profil pour le moins atypique de la récolte 2014. « Nous, les coopératives, sommes en train de retrouver les fondamentaux de nos métiers comme l'allotement, le tri… », arguant que « 70 % de la capacité de stockage de grains en France appartenait à la coopération ». Et d'assurer que tous les besoins pourront être approvisionnés, autant en meunerie, qu'en amidonnerie ou en alimentation animale. « La situation est très intéressante pour la nutrition animale. C'est le moment de contractualiser sur la durée », a ajouté Philippe Mangin.
Coop de France dénonce le retard des décrets d'application de la loi HamonConcernant les relations avec la distribution, Coop de France a dénoncé le retard des décrets d'application de la loi de Consommation. Et notamment, celui de la clause de renégociation entre industriels et distributeurs. Néanmoins, au vu de la baisse des prix des matières premières, ce retard n'est pas un mal pour la filière agroalimentaire. « Cette clause n'a jamais fait l'unanimité. Nous n'en avons jamais partagé le contenu », a déclaré Philippe Mangin.