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Céréales et oléoprotéagineux bio : la flambée des cours inquiète la filière

La transformation assure ne pas pouvoir répercuter la flambée vers l’aval, bloquée par la distribution.
© nattanan23/Pixabay

Le marché bio continue à subir l’onde de choc provoqué par le contexte du conflit en Ukraine et la flambée des cours de matières premières. Dans les sillages du conventionnel, les prix restent très fermes, voire encore haussiers. Tous les produits sont concernés, par ricochet au blé conventionnel. Seul le blé meunier bio reste à part. Si son prix se maintient stable, car les meuniers sont couverts, et la demande moins dynamique, il s’est rapproché de façon inédite du blé fourrager, dont le marché est plus actif, provoquant des déclassements vers l’alimentation animale, cela pour libérer des silos en vue de la nouvelle campagne. Selon Florent Chancé, du cabinet de courtage Socac, le marché bio, notamment en produits pour l’alimentation animale, est très actif depuis début mars, en France et dans les pays limitrophes européens, mais il s’est ralenti fin avril. « Pour la nouvelle campagne 2022, on n’a pas d’indications de prix. En bio, il faut attendre habituellement plutôt fin mai, et vendeurs et acheteurs restent plus que jamais attentistes », explique le courtier.
 

Moins de conversions en grandes cultures

La situation géopolitique tendue et la baisse du pouvoir d’achat sont autant de paramètres d’incertitudes qui brouillent la visibilité et freinent les prises de position. Pourtant, même si les conversions françaises au bio en 2021 ont reculé en grandes cultures, et s’il y a moins de cultures en conversion en 2e année en 2022, les volumes en bio devraient continuer à augmenter, sous condition de météo favorable évidemment. Mais les transformateurs bio, et notamment les fabricants d’aliments pour animaux, s’inquiètent fortement de cet envol historique et incontrôlé des cours et de la désorganisation du marché que cela provoque, avec la remise en cause des contrats pluriannuels. D’autant plus qu’ils disent ne pas pouvoir répercuter cette flambée au niveau de l’aval, bloqués par des distributeurs désireux de pas trop augmenter les prix dans les rayons. Pour certains opérateurs, le rapprochement des prix entre les marchés bio et conventionnel peut offrir des opportunités au bio : ce différentiel réduit pourrait faire basculer la consommation en faveur du bio, mode de production écologique certifié, gage de qualité supérieure.

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