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Céréales et oléoprotéagineux bio : des équilibres de marché fragiles à l’approche de la fin de campagne

Le marché des céréales et oléoprotéagineux bio évolue dans un contexte d’équilibre fragile en cette seconde partie de campagne. Le niveau des stocks reste conditionné par la couverture des industriels et les arbitrages de débouchés à l’export.

Tableau de chiffres concernant le bilan céréales bio françaises 2025-2026, au 1er février 2026.
Bilan céréales bio françaises 2025-2026, au 1er février 2026
© FranceAgriMer

Depuis notre dernière tendance publiée fin janvier, l’évolution des cotations sur le marché des céréales bio demeure contrastée. Les prix se sont légèrement raffermis en sarrasin, triticale et orge de mouture, les opérateurs signalant un regain modéré de l’intérêt acheteur sur ces matières. 

Couverture correcte en blé tendre

À l’inverse, les cours du blé meunier sont restés globalement stables, les industriels apparaissant correctement couverts à ce stade avancé de la campagne. En blé dur, l’offre est désormais pratiquement tarie et aucune transaction récente n’a été signalée.

Tension en tourteaux de colza et de tournesol

Sur le segment des oléoprotéagineux bio, les opérateurs relatent une tension potentielle croissante en tourteaux de colza et de tournesol. Cette situation s’explique avant tout par une pénurie d’offre en graines, combinée à une bonne valorisation de l’huile. Cette tension relèverait davantage d’un facteur offre que d’un réel sursaut de la demande, le tourteau de soja ayant encore renforcé sa compétitivité face aux deux tourteaux concurrents en 2026.

Un bilan 2025-2026 tendu en maïs

Le bilan prévisionnel 2025-2026 en céréales publié le 5 février par FranceAgriMer fait état de stocks de report attendus en baisse pour le maïs, traduisant un équilibre jugé précaire d’ici la fin de campagne, tandis que la situation s’annonce plutôt équilibrée pour les autres céréales. Dans un contexte de repli attendu des exportations (excepté en orge), une bonne valorisation de la marchandise sur les marchés internationaux serait susceptible d’apporter un peu de soutien pour les prix français. À l’inverse, un scénario de mollesse de la demande extérieure maintiendrait les cours dans une relative stabilité. La situation évoluera en fonction de l’état des stocks de l’Europe de l’Est. Dans un contexte de hausse des importations d’une campagne sur l’autre pour le maïs (+ 71 %) et pour l’orge (+ 25 %) alors que celles en blé tendre reculent (- 31 %) et en triticale (- 43 %), les regards restent tournés vers certains organismes stockeurs disposant encore de volumes en rétention, notamment en blé et en triticale.

Tenue du salon Biofach

Les prochaines semaines seront rythmées par les échanges issus du salon annuel Biofach, qui s'est tenu à Nuremberg du 10 au 13 février. Ce rendez-vous clé pour la filière bio européenne et mondiale constitue un temps fort pour faire le point sur les disponibilités et les perspectives d’échanges. À court terme, l’évolution des surfaces, les conditions climatiques, ainsi que la capacité de la demande industrielle à se redresser resteront également déterminantes, compte tenu de leur impact direct sur les équilibres de l’offre et de la demande françaises.

 

Lire aussi : Céréales et oléoprotéagineux bio : manque de disponibilités en tournesol, maïs et petit épeautre

Rédaction Réussir

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