Bruxelles offre une bouffée d'oxygène à la luzerne
Les professionnels de la filière ne sont plus seuls
C « 'est une excellente nouvelle pour les producteurs de luzerne », se réjouit Éric Guillemot, DG de Coop de France Déshydratation, suite à la décision de la Commission européenne d'augmenter, pour le calcul des hectares de Surfaces d'intérêt écologique ” (SIE), les facteurs de pondération des cultures dérobées et fixatrices d'azote. Au 1er janvier 2015, un hectare de ces cultures, dont la luzerne fait partie, pourra être comptabilisé comme 0,7 ha, au lieu de 0,3 ha dans le précédent texte.
Un hectare de luzerne équivaudra à 0,7 ha de SIE, contre 0,3 ha auparavant.
Cette mesure améliorera ainsi la rentabilité des exploitations agricoles produisant de la luzerne – par l'octroi de subventions plus élevées – et, par ricochet, celle de l'ensemble de la filière. « Alors que nous manquons de protéines et de volumes, les agriculteurs seront invités à produire plus, étant mieux rémunérés. L'objectif d'avoir en France 90.000 ha de cultures dans un délai de trois ans est conforté. Plus de surface impliquera plus de sécurité d'approvisionnement pour les industries de déshydratation, qui auront plus de visibilité et de stabilité », s'enthousiasme le DG, avant d'ajouter que « le secteur de la recherche, indispensable à la filière, bénéficiera des retombées d'une telle mesure ».
Un plan Protéine à la hauteur espéré« Ce résultat est le fruit d'un travail de fourmi, réalisé sur vingt ans, avec l'aide notamment des ONG environnementalistes et du Copa-Cogeca, auprès de l'administration de Bruxelles », confie Éric Guillemot. La future proposition d'un plan Protéine par le ministre de l'Agriculture « à la hauteur de nos espérances » serait la cerise sur le gâteau. Mais attention, si après une période d'essai d'un an « l'obligation de respecter ces SIE se traduit par une réduction notable du potentiel de production de l'UE, l'acte délégué concerné sera révisé », précise le communiqué de presse de Bruxelles. La filière peut tout de même envisager plus sereinement l'avenir.