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Biogaz : de nombreux freins pénalisent encore le développement de la filière française

Les dernières mesures gouvernementales ne suffiront pas à atteindre les objectifs de 2020. Les équipementiers doivent s'industrialiser, le digestat être plus facilement valorisé, l'efficacité énergétique s'améliorer et les soutiens se multiplier.

« La filière française du biogaz décolle progressivement. Estimée à 390 M€ en 2015, son chiffre d'affaires devrait s'établir à 920 M€ d'ici 2020 », porté par « une consommation finale de biogaz (en Mtep) qui va plus que doubler sur la période 2015/2018 », indique le bureau d'étude Xerfi, dans un document consacré au marché français du biogaz. Mais les objectifs fixés (873 ktep en 2020) ne seront pas atteints et beaucoup reste à faire pour assurer son développement à plus long terme.

Passer un cap industriel

Selon l'auteur de l'étude Olivier Lemesle, les trois principaux leviers d'action pour espérer atteindre l'objectif des 1.000 méthaniseurs à la ferme d'ici 2020 (les 1.500 pro-jets de méthanisation du ministère de l'Écologie ne seront opérationnels qu'après cette date) concernent les équipementiers, le digestat et l'efficacité énergétique.

Les équipementiers doivent « passer un cap industriel », en adaptant le matériel importé biogaz à l'horizon 2030. ” d'Allemagne à la nature des intrants méthanisés en France (effluents d'élevage versus cultures énergétiques). Un meilleur « maillage territorial » est nécessaire pour « mettre en concurrence » les fournisseurs et accélérer la distribution de pièces de rechange, le tout afin de réduire le coût de fonctionnement. Côté recettes, une facilitation de la valorisation du digestat permettrait un complément de rémunération. « Aujourd'hui, les homologations restent difficiles à obtenir et, du côté des normes, l'Anses ne connaît que le lisier méthanisé composté (autorisé en décembre 2015) mais pas celui déshydraté. »

La loi de Transition énergétique a fixé un cap de 10 % de biogaz à l'horizon 2030.

Afin de gagner en efficacité énergétique, le prétraitement des déchets permet d'élargir l'éventail des intrants, « prévenir les dysfonctionnements et améliorer les rendements », note l'étude. « L'amélioration du stockage du biogaz permettrait un fonctionnement en continu, sans obligation d'arrêt quand la consommation diminue », précise Olivier Lemesle.

Décupler les aides

Si les unités agricoles de méthanisation sont désormais exonérées de charges foncières (taxe et cotisations) et les tarifs d'achat de l'électricité issue de biogaz revalorisés (décembre 2015), les acteurs de la filière sont toujours dans l'attente de l'arrêté qui doit garantir ce tarif pendant vingt ans (contre quinze actuellement) pour les unités de moins de 500 kWe (kilowatt électrique). Quant à la procédure d'autorisation unique, en phase d'expérimentation depuis 2014, elle devrait être généralisée « au plus tard en début 2017 », estime Olivier Lemesle.

D'ici là, l'ordonnance prévoyant la mise en place d'appels d'offres, lorsque les capacités de production de biométhane injecté s'éloignent de la trajectoire (cf. exergue), devrait « entrer en vigueur le 1er juillet 2016 », rappelle l'étude.

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