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Biodiesel : Daudruy tourne la page des quotas

Depuis la fin des quotas et le durcissement des conditions d'importation dans l'UE, le spécialiste du raffinage des huiles fluides et tropicales est confronté à un marché du biodiesel beaucoup moins dépendant des traders.

Dominique Daudruy est amer. Le dirigeant de la SA Daudruy Van Cauwenberghe a respecté scrupuleusement le business plan de Nord-Ester, une des neufs sociétés de son groupe dunkerquois. Mais aucune des hypothèses retenues ne s'est réalisée ! « Nous nous appuyions à l'époque sur un soutien indéfectible des Pouvoirs publics. Mais l'État nous a totalement abandonnés en cours de route », juge-t-il sévèrement. Nord-Ester a obtenu son agrément Biodiesel en 2006 et l'usine produisait ses premiers volumes deux ans plus tard. Quel bilan tire-t-il de ces dix premières années de fonctionnement ?

Un bilan décennal décevant

L'exonération partielle de TIPP accordée par l'État a fondu comme « neige au soleil » passant de 250 €/m3 à 30 €/m3 entre 2007 et 2015, pour disparaître totalement en 2016 dans la foulée de la suppression des quotas européens. « Pour une entreprise comme Nord-Ester, produisant 90.700 t de biodiesel/an (soit environ 100.000 m3 /an), la suppression de cette exonération partielle de taxe intérieure de consommation représente un manque annuel de 25 M€/an ! », explique-t-il. ropéennes. Selon lui, « on a détourné l'objectif initial visant à développer une production nationale de biodiesel à partir de productions nationales issues de ressources locales. D'autant plus qu'en incitant les pétroliers à incorporer du biodiesel dans le gasoil et en les exonérant de TGAP (en remplacement de l'exonération partielle de TIPP), s'est développé un marché international du biodiesel. »

Une normalisation de la concurrence

Les traders s'en sont très vite emparés, profitant d'opportunités de marché, d'abord en provenance des États-Unis, puis d'Argentine. « Les Allemands ont d'ailleurs été les premiers à importer ce type de produits à la faveur d'un changement de réglementation intérieure », précise-t-il. Puis des différences de régimes de taxe ont permis aux traders d'importer du biodiesel en provenance d'Argentine, d'Indonésie puis tout récemment de Pologne. « Nous sommes aujourd'hui face à un combat de titans où les opéra-teurs internationaux (Bunge, Cargill, Avril, ADM, Glencore...) cherchent la part de marché à tout prix et cassent les marges sur les productions européennes », poursuit Dominique Daudruy.

Aujourd'hui, les opérateurs internationaux cassent les marges sur les productions européennes.

Selon lui, « au moment du renouvellement des quotas de production de biodiesel en 2013, l'État a mis de nouvelles règles pour réallouer une moyenne de 71 % des quotas existants »... mais Daudruy n'a été réalloué qu'à hauteur de 25 % ! Une décision qu'il a aussitôt contestée : le groupe est actuellement en procès avec l'État.

« Face à une telle distorsion de concurrence, la disparition des quotas s'avère presque être une bonne chose. La concurrence se normalise et l'on se retrouve d'égal à égal avec nos concurrents », conclut Dominique Daudruy.

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