AgriConfiance milite en faveur des achats responsables pour se différencier
L'association, créée au sein de Coop de France, a tenu son assemblée générale le mardi 9 juin.
« En 2015, on compte 130 coopératives signataires de la démarche AgriConfiance, (32.000 agriculteurs), soit près de 10 % des exploitations en France », déclare Rachel Blumel, directrice Chaîne alimentaire durable chez Coop de France. Le nombre de coopératives et de filières concernées augmentent « de manière progressive ». Le secteur viticole est le plus représenté. Créée en 1992, la signature offre des garanties de sécurité, de traçabilité et de qualité.
Un véritable investissement
« Pour devenir adhérent, les membres paient une cotisation annuelle qui varie selon le nombre de producteurs de la coopérative, indique Rachel Blumel, pour donner un ordre d'idée, le coût fluctue entre 2.000 € (de 10 à 200 producteurs) et 11.000 € par an. À partir de 900 producteurs, le prix est plafonné. »
C'est une démarche structurante pour les coopératives.
Mais la cotisation n'est pas le seul coût pour intégrer la démarche. « C'est un vrai investissement pouvant aller jusqu'à ”50.000 €, incluant les audits externes, les coûts internes (changement d'organisation), et les suivis et formations », développe la directrice, insistant sur le fait que « c'est une démarche structurante pour les coopératives ». Selon Régine Castet, chargée de mission chez AgriConfiance, « le cœur de la démarche est la réciprocité producteur/coopérative. Elle répond aux exigences des clients provenant des industries alimentaires, de la distribution et de la restaura-tion hors-domicile. » En 2014, deux nouvelles coopératives ont rejoint le réseau.
Un atout pour se démarquer
Lors de cette AG, distributeurs et industriels ont convergé sur la nécéssité de contourner le dictat du prix par des solutions alternatives. « Le prix ne peut plus être le seul point d'accroche », commente Pascal Viné, délégué général chez Coop de France en souhaitant qu'« Agri-Confiance aide à la reconstruction de cette relation ». Le label relation fournisseur responsable lancé le 6 novembre 2014 semble aller dans le même sens. « Une entreprise chez AgriConfiance aura des facilités pour otenir ce label », annonce Pierre Pelouzet, président de Médiation inter-entreprise, dispositif gouvernemental créé en 2010.
Les dirigeants de Cristal Union ont répété le 12 juin leur opposition à un rapprochement avec Tereos, lors d'une visite officielle de leur sucrerie de Sainte-Émilie (Somme). « Grossir pour grossir, cela ne nous intéresse pas », a déclaré le président Olivier de Bohan, précisant que son conseil d'administration avait « unanimement rejeté » l'offre de Tereos. Il ne croit pas en la prévision de Tereos, selon laquelle une fusion des deux groupes coopératifs pourrait rapporter aux agriculteurs adhérents « 3 €/t de betteraves ». Et d'insister : « L'intérêt de nos 9.000 agriculteurs n'est pas de rejeter la proposition de Tereos par principe, mais parce que stratégiquement on ne s'y retrouve pas. » Le DG Alain Commissaire a, pour sa part, pointé l'endettement de Tereos au Brésil, y voyant « la chronique d'une catastrophe annoncée ».