Soja français et sécheresse 2026 : le rendement déjà bien dégradé va dépendre des averses dans les prochains jours
Au-delà de la baisse de près d’un quart de la production française de soja, la qualité des lots de la récolte 2026 risque d’être pénalisée par la sécheresse et les fortes températures de ces derniers mois. Les opérateurs sont attentistes et les prix purement nominaux.
Au-delà de la baisse de près d’un quart de la production française de soja, la qualité des lots de la récolte 2026 risque d’être pénalisée par la sécheresse et les fortes températures de ces derniers mois. Les opérateurs sont attentistes et les prix purement nominaux.
« Après un été caractérisé par des épisodes caniculaires et un déficit hydrique important, le soja français avance en maturité et la récolte devrait débuter vers la fin du mois d’août pour les secteurs et pour les variétés les plus précoces », indique Terres Inovia dans une note publiée le 18 août 2026.
Vendeurs et acheteurs attendent que la récolte de soja français se précise
Concernant le marché physique français, si le prix du soja est évalué à 480 €/t en départ Sud-Est à titre purement indicatif, elle n’est pas cotée dans le Sud-Ouest. L’activité est de fait au point mort. Les opérateurs, vendeurs comme acheteurs, veulent avoir une idée précise de la récolte, en termes de quantité et de qualité, avant de prendre position sur le marché. Les producteurs dans le Sud-Ouest attendent encore pour communiquer sur les surfaces plantées car il y a eu de nombreux ressemis, témoigne courtier. De plus, le remplissage des gousses, en cours, dépend de la quantité d’eau qui va tomber dans les vingt prochains jours.
Le soja français n’échappe pas à la baisse de la production des cultures de printemps en France
Selon les derniers chiffres d’Agreste, au 1er août 2026, la production nationale de soja, culture particulièrement sensible au manque d’eau, est estimée à 301 000 tonnes (t), contre 390 000 t en 2025. La surface est en progression sur un an avec 156 000 hectares (ha) cultivés en 2026 (150 000 ha en 2025), mais le rendement, lui, s’annonce en fort repli à 19,3 q/ha, contre 26,4 q/ha en 2025, soit une baisse de 24 %. Semé au printemps, le soja subit de plein fouet les canicules à répétition et le manque de pluies depuis le mois de mai, ce qui a dégradé le potentiel de rendement. Même les parcelles irriguées ne sont pas épargnées.
Les trois prochaines semaines sont cruciales pour le remplissage des gousses de soja
« Le remplissage des graines dans le Sud-Ouest se joue maintenant. Les trois semaines à venir vont être déterminantes car elles feront le remplissage. S’il pleut, cela pourra sauver les meubles. L’idéal serait d’avoir deux fois 30 mm dans les vingt prochains jours », déclare, à nos confrères de Réussir Grandes cultures, Sylvain Hypolite, directeur adjoint d’Agro d’Oc, une union de Ceta (Centre d’études techniques agricoles) du Sud-Ouest, qui compte 1 200 adhérents-agriculteurs travaillant en quasi-totalité en irrigué.
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Ainsi, tout n’est pas encore joué. Pour rappel, en 2025, l’impact de la canicule et de la sécheresse sur le remplissage des gousses de soja a de fait été atténué par les fortes pluies orageuses localisées à la fin de la fin août, tandis que les parcelles irriguées ont été moins touchées, indique Terres Inovia.
En attendant, Sylvain Hypolite ne se prononce pas sur les prévisions de rendement. Mais la productivité sera à n’en pas douter en retrait d’une année sur l’autre : « si les plantes étaient encore vertes et les gousses formées au 18 août, nous avons observé précédemment des coulures de fleurs, ce qui signifie qu’il y aura un impact de la chaleur et de la sécheresse sur le rendement, même en situation irriguée », précise le responsable.
La pression des ravageurs pénalise le bon développement des plantes
Les conditions climatiques extrêmes conduisent également au développement de ravageurs du soja, qui pénalisent d’autant plus le bon développement des plantations. « Les fortes températures du mois de juillet et l’avancement des stades du soja ont été propices à l’arrivée de divers ravageurs dans les parcelles du Sud-Ouest, notamment les acariens du soja (Tetranychus urticae et Tetranychus turkestani) et la pyrale du haricot (Etiella Zinckenella), des présences marquées aussi bien en culture pluviale qu’en culture irriguée », indique Terres Inovia dans son point de situation au 7 août 2026. La présence de punaises adultes, vertes et/ou diaboliques, a également été observée.
Le taux d’humidité du soja risque d’être bas et la teneur en impuretés des lots élevée
Au-delà du paramètre du rendement et de la pression des ravageurs, les conditions climatiques conditionnent aussi certains paramètres qualitatifs de la graine de soja. Il s’agit notamment du taux d’humidité et du taux d’impuretés, dont les normes commerciales sont fixées respectivement à 14 % et 2 %. Terres Inovia attire ainsi l’attention des agriculteurs sur l’identification du bon stade de récolte : d’un côté, « une récolte tardive augmente le risque d’égrenage et de casse des graines » et, de l’autre, « en période de conditions sèches, le taux d’humidité peut chuter rapidement, passant de 30 % à 15 % en quelques jours ».
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Pour rappel, en 2025, année caractérisée par deux vagues de canicules associant des températures élevées et un déficit de précipitations, dont l’une au moment de la floraison et l’autre du remplissage des graines, la teneur moyenne en eau s’est établie à 12,6 %, en baisse par rapport à 2024 (14,9 %), selon Terres Inovia. Résultat : seuls 81 % des échantillons analysés respectaient la norme de commercialisation fixée à 14 % d’humidité. Sans atteindre un niveau très élevé, ce pourcentage devrait toutefois augmenter en 2026, les conditions de culture de cette année étant globalement plus favorables que l'an dernier.
La production européenne également attendue en retrait
Pour 2027, la production de soja dans l'Union européenne est estimée à 2,907 Mt en 2026 (contre 3,057 Mt en 2025), du fait d’un léger repli conjugué de la sole (1,054 Mha en 2026, contre 1,080 Mha en 2025) et du rendement moyen (27,6 q/ha en 2026, contre 28,3 q/ha en 2025), selon les chiffres du Coceral, publiés le 10 juillet 2026.
Le principal producteur européen de soja, l’Italie, s’attend à récolter cette année 1,054 Mt (1,152 Mt en 2025). La Roumanie, à la troisième place du classement derrière la France, estime sa production à 338 000 t (334 000 Mt en 2025).
Les chiffres de production en 2026 sont purement indicatifs car ils seront – à n’en pas douter – révisés à la baisse dans les prochaines projections du comité européen du commerce des céréales.