Fret fluvial : le trafic agricole sur le bassin de la Seine devrait repartir en 2026, après un recul en 2025
Le transport fluvial sur le bassin de la Seine s’est montré résilient en 2025, malgré la mauvaise récolte céréalière de 2024 qui a impacté le premier semestre de l'année. Le retour d’une bonne moisson en 2025 a permis de limiter les dégâts sur le second semestre de l'exercice. Les perspectives pour 2026 sont pour l'heure de bon augure.
Le transport fluvial sur le bassin de la Seine s’est montré résilient en 2025, malgré la mauvaise récolte céréalière de 2024 qui a impacté le premier semestre de l'année. Le retour d’une bonne moisson en 2025 a permis de limiter les dégâts sur le second semestre de l'exercice. Les perspectives pour 2026 sont pour l'heure de bon augure.
En 2025, le trafic fluvial sur le bassin de la Seine a réussi à se maintenir par rapport à 2024, « malgré une conjoncture défavorable et une campagne céréalière 2024-2025 dégradée », indique Voies navigables de France (VNF) dans un dossier de presse intitulé « Tour d’horizon de l’activité fluviale 2025 et perspectives 2026 du bassin de la Seine et de la Loire aval » et publié le 22 avril 2026. Globalement, le fret fluvial sur le bassin de la Seine a baissé de 1,7 % d’un an sur l’autre, avec 16,56 millions de tonnes de marchandises transportées. Cependant, hors filière agricole, il a augmenté de 2 %, porté par le dynamisme du trafic de conteneurs intra Île-de-France et la logistique urbaine, souligne VNF. Le trafic fluvial sur le bassin de la Seine s'élève à 2 965,3 millions de tonnes-kilomètres *, soit un recul limité à 1,6 % par rapport à 2024.
Le bassin de la Seine reste sur la première place du podium à l’échelle de la France, représentant 38 % du trafic fluvial national en tonnes transportées, voire 51 % en tonnes-kilomètres.
Une filière agricole en perdition
Le transport de produits agricoles, qui représente 20 % du trafic fluvial sur le bassin de la Seine, est en fort recul en 2025 par rapport à 2024, en retrait d'environ 8 % en tonnes comme en tonnes-kilomètres. Sur le premier semestre de l’année civile, il a pâti de la très mauvaise campagne céréalière de 2024-2025, qui a enregistré « la plus faible [récolte] de ces quarante dernières années », explique VNF. Toutefois, avec ses 48,622 Mt de céréales à paille engrangées contre seulement 38,211 Mt l’année précédente, la moisson 2025 a permis une « reprise » du fret fluvial de grains sur le deuxième semestre de l’année civile.
Concernant les perspectives pour 2026, VNF anticipe un rattrapage du trafic de la filière agricole sur les premiers mois de l’année. Fortes de la dynamique du trafic de conteneurs intra Île-de-France et de la logistique urbaine, les perspectives de fret fluvial sur le bassin de la Seine sont « favorables » en 2026, commente l’opérateur national.
Une enveloppe d’investissement de 57 M€ en 2026
Sur les 250 M€ que VNF compte investir en 2026, une enveloppe de 57 M€ sera consacrée au bassin de la Seine et de la Loire aval pour régénérer, moderniser et développer les infrastructures fluviales sur le grand et le petit gabarit. À titre d’exemple, VNF va engager en 2026 « un chantier majeur de rénovation, mené sur une seule année » sur l’écluse n°4 de Notre-Dame-de-la-Garenne, qui permet le franchissement du barrage de Port Mort, située sur la Seine près de Gaillon dans l'Eure, à mi-chemin entre Paris et le Havre. Ces travaux représentent un investissement total de 11,7 M€, financé partiellement par la Région Normandie (1,345 M€) et l’Union européenne (3,23 M€). Le barrage de Port Mort, avec ses deux écluses encore fonctionnelles (dont l'écluse n°4), voit transiter chaque année plus de 6,2 Mt de marchandises.
Par ailleurs, dans le cadre de la modernisation de la gestion hydraulique et de la gestion à distance des ouvrages (écluses, barrages), VNF a programmé l’ouverture en 2026 d’un troisième poste de commandes centralisés (PCC) sur le site de Vives-Eaux en Seine-et-Marne, qui téléconduira 9 écluses et 5 barrages de la Seine à l’amont de Paris. Il vient compléter ceux de Compiègne et de Notre-Dame-de-la-Garenne, respectivement mis en service en 2024 et 2025.
Une nouvelle stratégie portuaire pour développer le report modal
« Les évolutions de 2025 et les perspectives de 2026 montrent que le fluvial peut concilier efficacité économique et objectifs de transition écologique », indique Stéphane Bousquet, directeur territorial du bassin de la Seine et de la Loire aval. Afin d’accélérer le report modal du camion vers la péniche, VNF a engagé fin 2025 une nouvelle stratégie portuaire. Après avoir repris les concessions des ports de Reims et de Nogent-sur-Oise en 2023 - avec un triplement du trafic fluvial à la clef à 400 000 tonnes - et la gestion du port du Jonquay à Rouen en 2024, l’opérateur national entend « développer la compétitivité des ports intérieurs et, à travers elle, la compétitivité de toute la logistique fluviale », avec la création d’une première filiale portuaire. Baptisée Ports de Lorraine, elle a pour mission le développement et l’aménagement du foncier logistique de VNF sur la Moselle canalisée. L’objectif est d’ « accélérer le report modal, en proposant aux entreprises des solutions logistiques plus performantes ».
VNF devrait lancer dans les mois et années à venir de nouvelles filiales portuaires au rythme des renouvellements de concessions. « La création d’une filiale portuaire concernant les ports de la Saône à grand gabarit (Mâcon, Chalon et Pagny) est d’ores et déjà en discussion pour 2026 », précise l’établissement public. La suivante pourrait concerner le réseau des Hauts-de-France.