« J’ai réduit mes charges de mécanisation et renforcé la lutte contre les adventices, grâce au semoir direct multitrémie »
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« Je suis passé au semis direct, notamment parce que j’avais des problèmes de ray-grass résistant. On m’avait présenté cette technique comme une solution, mais ce n’est pas si simple », annonce Geoffroy de Lesquen, agriculteur sur un peu moins de 500 hectares à Valambray, dans le Calvados. Installé depuis 2008, le céréalier s’est orienté vers l’agriculture de conservation des sols en 2017, année au cours de laquelle il s’est doté de son premier semoir direct Sky Agriculture Easydrill de 6 m de large. « Cette transition vers le semis direct a eu comme première conséquence de réduire drastiquement la charge de travail globale. Le céréalier donne l’exemple du semis. « Avant, il fallait sur le chantier deux chauffeurs sur deux tracteurs, l’un pour le travail du sol, l’autre pour le semis. Maintenant, un seul chauffeur sur un tracteur suffit pour emblaver au rythme de 2,5 à 3 ha/h, avec une consommation d’environ 5 litres de GNR par hectare. » Pour assurer tous les travaux de son exploitation, Geoffroy de Lesquen n’est secondé que d’un seul salarié à plein temps. « Il en faudrait deux en méthode conventionnelle. » Le volume d’heures annuel réalisé en tracteur a fortement chuté, tout comme les charges de mécanisation et la consommation de carburant. « La première année, j’ai réduit d’environ 35 % ma facture de GNR. »
Le temps gagné en cabine est réinvesti dans l’observation des parcelles. « Comme je suis moins derrière le volant, je consacre davantage de temps à observer mes cultures et toute la vie autour. Je réfléchis aussi aux leviers agronomiques à mettre en œuvre pour améliorer la biodiversité et la vie dans le sol. »
Mais l’une des motivations du passage au semis direct a été dictée par les problèmes de résistance de ray-grass auxquels est confronté l’agriculteur. « Bien entendu, le semis direct n’est pas la solution universelle pour contrer ces adventices. Il participe à la lutte comme d’autres leviers agronomiques et la chimie. »
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L’objectif est simple : perturber au minimum le sol lors des semis pour limiter les levées d’adventices et éviter d’enterrer les graines, notamment de ray-grass, qui ont été expulsées par la moissonneuse-batteuse « Il s’agit de ne pas réalimenter le stock semencier. » Laissées en surface, les graines d’adventices sont exposées aux insectes, aux oiseaux et autres prédateurs. « Levant dès les premières pluies, les jeunes pousses de ray-grass sont aussi plus faciles à gérer. »
Le but du semoir Sky Agriculture est de ne créer qu’une perturbation minimale autour de la ligne de semis. Présentant un angle de 3,5 degrés, le disque ouvreur, couplé à une rasette pour la mise en terre, ouvre très légèrement le sol, suffisamment pour assurer les conditions nécessaires à la réussite du semis. « Mais la roue plombeuse qui rappuie la ligne de semis derrière tend à souffler la terre, détaille le céréalier qui constate quelques levées de ray-grass de chaque côté du passage de la roue plombeuse. Ce n’est pas parfait, mais l’Easydrill reste malgré tout un bon outil pour semer et limiter les repousses de mauvaises herbes. C’est un appareil adapté à beaucoup de situations. »
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Pour ces raisons, l’appareil de Sky Agriculture réalise tous les semis, y compris ceux de couverts. Même en conditions sèches, la pression importante exercée sur chaque élément semeur permet d’implanter correctement les couverts végétaux, sitôt la moisson terminée. Cependant, l'un des gros problèmes du semis direct et de l’absence de travail du sol reste l’augmentation des attaques de ravageurs, à savoir les limaces et les rongeurs (campagnols/mulots). Quand la pression de ces derniers devient trop importante, l’agriculteur ne s’interdit pas de travailler le sol en superficie, « avec une herse à paille ou avec un déchaumeur à disques indépendants sur les premiers millimètres. Cela expose les œufs des mollusques au soleil et perturbe l’habitat des rongeurs. Et je sème les couverts juste derrière. »
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Le semoir participe également à la lutte contre les limaces. En effet, il dispose de quatre distributions montées sur la trémie principale de 4 100 litres, séparée en deux compartiments (environ 40 % /60 %), ainsi que sur deux trémies annexes de 120 litres, dont l’une peut servir à l’application d’hélicide.
Que ce soit pour l’implantation de couverts ou de cultures, Geoffroy de Lesquen utilise toujours au minimum deux des quatre trémies de l’Easydrill. « Pour la tête d’assolement – le colza – le semoir est exploité à son maximum. Les deux compartiments de la trémie principale sont utilisés pour la semence et l’engrais phosphoré. L’une des petites trémies annexes contient les plantes compagnes (féverole ou trèfle blanc), tandis que l’autre distribue l’antilimace. » Pour le céréalier calvadosien, les plantes compagnes jouent plusieurs rôles. « J’aime bien la féverole, car elle se détruit toute seule en hiver aux premiers gels. À défaut, je m’en débarrasse chimiquement. Une fois détruite, cette légumineuse restitue de l’azote pour le colza. De plus, sa racine pivot participe à structurer le sol et à favoriser le drainage une fois qu’elle meurt. Elle constitue une concurrence pour le colza sur la première partie de son cycle cultural, ce qui l’oblige à davantage s’implanter, à s’enfoncer et, à terme, à devenir plus résistante sur le long terme, quand les conditions deviennent plus limites. » Enfin, elle peut jouer un rôle contre les ravageurs d’automne, même si c’est difficilement mesurable.
Le trèfle blanc est une autre plante compagne que l’agriculteur apprécie. « Pendant tout le cycle du colza, il reste dans l’ombre de la culture jusqu’à la moisson, à la suite de quoi il se met à se développer, constituant un couvert vivant intéressant, concurrençant les adventices, qui abrite la biodiversité (dont la faune auxiliaire) et apporte de l’azote dans le sol sur le long terme. » Implanté avec le colza, le trèfle blanc reste en place la deuxième et la troisième années (respectivement blé d’hiver et orge d’hiver dans l’assolement). Le couvert et les plantes compagnes participent également à maintenir le sol ferme, y compris en conditions humides. « Le couvert pompe l’eau et le système racinaire développé participe au drainage, ce qui permet d’allonger les périodes d’intervention en conditions humides. »
Même avec une multitude d’intrants, la logistique de semis reste acceptable. « J’aime bien les petites graines », confie Geoffroy de Lesquen à propos des plantes compagnes et des couverts. Les deux trémies annexes suffisent largement pour être autonomes pour la journée, que ce soit pour l’antilimace ou les petites graines, comme le trèfle blanc et la phacélie. Concernant la semence principale ou l’engrais, les rythmes de remplissage sont sensiblement ceux d’un semoir classique. Seule la féverole, dosée à 80-100 kg/ha, nécessite des ravitaillements en cours de journée.
Pour ce qui est du GNR, la consommation oscille entre 5 à 8 l/ha. Emmené à 6 km/h, une vitesse limitée pour éviter de trop foisonner, le semoir n’est pas tirant pour le tracteur Claas Axion 920 de 320 chevaux. « À vrai dire, 200 à 220 chevaux seraient largement suffisants », reconnaît l’agriculteur qui avait acheté ce tracteur de tête avant la conversion à l’agriculture de conservation.
485 ha de SAU, dont :
Le semoir Easydrill de 6 m de Sky Agriculture propose un réglage facile de la profondeur de semis. Composé d’une roue Farmflex à l’avant et de deux roues de rappui à l’arrière, chaque élément semeur dispose de deux disques de semis répartis sur deux rangées. Ce montage en balancier permet d’absorber les irrégularités du sol et d’être précis en termes de profondeur. Semences, cultures compagnes, engrais et microgranulés sont dosés individuellement et conduits vers l’une ou l’autre des deux têtes de répartition. Chaque tête de répartition envoie ensuite les intrants vers l’une des deux descentes par disque semeur. La première descente sert de base pour le réglage mécanique de la profondeur de semis. La seconde s’oriente plus ou moins vers l’avant (trois positions) et permet d’emblaver à une profondeur semblable ou plus superficielle.
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