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VIDEO - Comment produire du biométhane pour son tracteur sans utiliser de méthaniseur ?

Agriculteurs à Tideford dans les Cornouailles (Royaume-Uni), Katie et Kevin Hoare utilisent le système Bennamann permettant de produire du bioGNV en collectant le biogaz s’échappant naturellement du lisier.

Produire du biométhane sans investir dans une coûteuse unité de méthanisation est tout à fait possible. Le procédé consiste à bâcher la fosse à lisier pour collecter le biogaz qui s’en échappe naturellement. Cette solution, mise au point par la start-up britannique Bennamann récemment acquise par CNH Industrial, permet à Katie et Kevin Hoare, éleveurs à Tideford dans les Cornouailles (Royaume-Uni), de produire 20 tonnes de biométhane par an à partir des déjections de leurs 90 vaches laitières. Cette quantité permet, par exemple, d’alimenter durant environ 1 100 heures un tracteur New Holland T6.180 Methane Power de 160 chevaux fonctionnant à pleine charge.

Double couverture de la fosse à lisier

 

 
La fosse principale est équipée de trois bâches : une de type liner pour l’étanchéité inférieure, une intermédiaire qui sert à la collecte du biogaz chargé de souffre (H2S) et une supérieure pour le stockage du biogaz épuré contenant de l’eau et du CO2.
La fosse principale est équipée de trois bâches : une de type liner pour l’étanchéité inférieure, une intermédiaire qui sert à la collecte du biogaz chargé de souffre (H2S) et une supérieure pour le stockage du biogaz épuré contenant de l’eau et du CO2. © D. Laisney
Pour installer le premier système Bennamann au monde sur leur exploitation, les agriculteurs britanniques, qui ne possédaient pas de système de stockage du lisier conforme, ont construit une fosse de 3 700 mètres cubes. Celle-ci, de forme carrée de 25 mètres de côté et de 6 mètres de profondeur, est équipée de trois bâches : une de type liner pour l’étanchéité inférieure, une intermédiaire qui sert à la collecte du biogaz chargé de soufre (H2S) et une supérieure pour le stockage du biogaz épuré contenant de l’eau et du CO2. L’alimentation de la fosse est réalisée par une pompe hacheuse, qui reprend le lisier préalablement raboté dans une préfosse. Le biogaz émanant du lisier passe dans un système de filtration au charbon actif, afin d’enlever le souffre. Une fois épuré, il est stocké dans le volume entre la bâche intermédiaire et celle de couverture : la pression y varie entre 0,4 et 1,2 bar.

 

Transformer le biogaz en biométhane

Le système Bennamann se démarque par son système mobile permettant de convertir le biogaz en biométhane. Cette solution de transformation, qui affiche une capacité de production annuelle de 150 tonnes de biométhane, tient dans un container et peut ainsi être partagée entre plusieurs exploitations. Elle se compose de trois équipements : un premier compresseur, un filtre à membranes et un second compresseur. Son principe de fonctionnement est simple : puisé sous la bâche verte, le biogaz épuré est d’abord comprimé, puis détendu immédiatement pour abaisser sa température à -40 °C, afin de retirer l’eau qu’il contient. Après cette première étape, le biogaz est filtré par un système à membranes qui en extrait le CO2 et le rejette dans l’atmosphère. À la suite de cette deuxième action, le biométhane obtenu, contenant au minimum 93 % de méthane, passe dans le second compresseur qui le met sous pression (250 bars) dans des bonbonnes. Celles-ci sont conditionnées dans des racks de stockage pesant 1,5 tonne et contenant 160 kg de biométhane, de quoi faire fonctionner le tracteur T6 Methane Power durant 9 à 10 heures à pleine charge.

Le biogaz épuré stocké dans des réservoirs additionnels

Le système Bennamann présente l’avantage de s’adapter à des installations de stockage du lisier existantes. Par exemple, si la couverture de la fosse est déjà en place, mais réalisée par une bâche unique, il est possible d’épurer le biogaz avec des filtres à charbons actifs et de le stocker dans une réserve additionnelle. Celle-ci est alors vidée à chaque passage de l’unité mobile de conditionnement dans l’exploitation.

 

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