« Avec la faucheuse à groupeur à vis, la faneuse ne sort plus du tout »
Benoit Delafosse, agriculteur à Torigny-les-Villes dans la Manche, ne tarit pas d’éloges envers sa faucheuse latérale portée à groupeur à vis, car cette machine lui a permis de simplifier ses chantiers de récolte d’ensilage d’herbe.
Benoit Delafosse, agriculteur à Torigny-les-Villes dans la Manche, ne tarit pas d’éloges envers sa faucheuse latérale portée à groupeur à vis, car cette machine lui a permis de simplifier ses chantiers de récolte d’ensilage d’herbe.
« Depuis l’acquisition en 2022 de ma faucheuse latérale arrière avec groupeur à vis combinée à une unité frontale, j’ai atteint mon objectif de ne plus sortir la faneuse pour préparer les chantiers d’ensilage d’herbe, indique Benoit Delafosse, gérant de l’EARL de la Loudière à Torigny-les-Villes dans la Manche. Je considère que le fait de ne pas faner permet de conserver la valeur alimentaire du fourrage. Par conséquent, je récolte au printemps un ensilage d’herbe avec un taux de matière sèche aux alentours de 30 %, mais cela ne pose pas de problème. Le silo ne coule pas et le fait qu’il soit plus humide compense, dans la ration, l’ensilage de maïs qui, lui, est de plus en plus sec. » L’éleveur laitier a longtemps cherché ce type de faucheuse de conception simple, car il ne voulait pas y mettre trop cher. « Un commercial m’avait bien proposé une machine traînée avec conditionneur, volets de groupage et timon central, mais je trouvais ça complexe à piloter et en plus son prix atteignait 38 000 euros. J’avais eu aussi une offre en occasion d’une combinaison triple Krone avec groupeur à vis pour 50 000 euros, là encore bien au-delà de mon budget. »
Une faucheuse à moins de 20 000 euros
À force de se renseigner, l’éleveur découvre la faucheuse portée latérale Pöttinger Novacat 352 CF équipée du groupeur Cross Flow à vis sans fin. Il achète, en individuel, ce modèle d’une valeur, à l’époque, de 24 500 euros HT, pour lequel il bénéficie d’une aide PCAE de 5 000 euros, abaissant le coût de l’investissement à 19 500 euros HT. Pour compléter la combinaison, Benoit Delafosse investit avec deux autres agriculteurs dans une faucheuse frontale Pöttinger Novacat 351 Alpha Motion Pro pour un montant de 18 000 euros HT. « Même si le partage de la faucheuse frontale s’organise très bien avec mes deux collègues et réduit le coût d’utilisation, je n’ai pas souhaité acheter en copropriété la machine arrière, car elle est plus exigeante en termes de nettoyage. Elle demande aussi davantage d’attention du fait du groupeur à vis. Je suis par exemple très exigeant à ne pas laisser de pierres traîner dans les parcelles de fauche. Je retire manuellement les plus grosses et passe un coup de rouleau pour enfouir les plus petites », justifie-t-il. Comme les deux modèles Novacat affichent une largeur de travail de 3,46 m, le recoupement entre les lamiers avant et arrière est important : 56 cm. Ce critère est apprécié par Benoit Delafosse, car il ne reste pas de bandes d’herbe non coupées dans les virages.
12,5 mètres regroupés au printemps et 9,80 mètres à l’automne
Le groupe Pöttinger de 6,36 mètres de large fauche en moyenne 110 hectares par an, répartis en deux coupes de 40 hectares de ray-grass italien, trois coupes de cinq hectares de prairies temporaires et trois coupes de cinq hectares de prairies naturelles. Selon la saison, l’éleveur ne conduit pas son chantier de récolte de la même façon. Au printemps, il travaille en aller et retour, juxtaposant ainsi les deux andains de l’unité frontale et les deux de la machine arrière. Le débit oscille entre trois et presque cinq hectares par heure. « Les 12,5 mètres de coupe regroupés sur environ 4,5 mètres de large sont laissés deux jours au soleil, puis repris avec l’andaineur à double rotor de la Cuma pour relancer le séchage une journée de plus. » À l’automne, comme le fourrage est plus humide, Benoit Delafosse ne rassemble que 9,80 mètres de large. Pour y parvenir, il fauche la première bande avec la combinaison et, au retour, pour la seconde, il relève la faucheuse frontale et roule à cheval sur l’andain avec le tracteur. Dans ce cas, l’agriculteur n’intervient pas avec l’andaineur. Le fourrage, regroupé sur approximativement 2,50 m de large avec la combinaison de fauche, est directement repris par l’ensileuse. « J’économise ainsi un passage dans la parcelle. »
Une coupe plus haute à l’automne
En termes de hauteur de fauche, l’éleveur retient 7-8 cm au printemps. Il augmente à 8-10 cm à l’automne, afin que le pick-up de l’ensileuse n’ait pas de difficulté à ramasser comme le fourrage est plus humide. Son principal regret est de ne pas avoir opté à l’achat pour des patins d’usure sous le lamier adaptés à la coupe haute. Par conséquent, la faucheuse arrière travaille avec un talonnage important, entraînant une usure anormale de la toile à andain, dont le rôle est d’empêcher la projection d’herbe par la vis sans fin sur l’andain formé par l’unité frontale. L’agriculteur admet par ailleurs que ses chantiers de fauche sont chronophages et que les déléguer à une entreprise de travaux agricoles serait plus rapide. En contrepartie, il maîtrise mieux la qualité de ses fourrages en fauchant au meilleur moment. Si au printemps, il coupe entre 35 et 40 hectares dans la journée, à l’automne il prend le temps de réaliser la même surface en deux après-midi. Étant donné que Benoit Delafosse possède des parcelles vallonnées, il reconnaît qu’il est préférable d’utiliser un tracteur suffisamment lourd, même si la faucheuse arrière est équipée d’un contrepoids de 530 kg. Il attelle donc la combinaison sur un Fendt 718. « Ses 180 chevaux sont bien occupés quand la végétation est dense. » L’agriculteur active les quatre roues motrices pour faucher et s’applique à manœuvrer en souplesse pour ne pas abîmer le couvert végétal, surtout à l’automne où les sols sont plus frais.
EARL de la Loudière en chiffres
115 vaches à la traite
15 taurillons produits par an
140 ha de SAU, dont 40 ha de prairies et 55 ha de maïs ensilage
110 ha fauchés par an (en développé)
Valeurs de l’ensilage d’herbe récolté mi-avril 2025
31 % de matière sèche
17,8 % de protéines brutes
25,2 % de cellulose
0,91 UFL/0,85 UFV
120 PDIN
78 PDIE
Valeurs de l’ensilage d’herbe récolté mi-octobre 2025
16,9 % de matière sèche
20,3 % de protéines brutes
28,2 % de cellulose
0,94 UFL/0,88 UFV
136 PDIN
77 PDIE