À Chadeleuf, au cœur de la Limagne sud, une centrale photovoltaïque suspendue au-dessus des cultures livre ses premiers résultats agronomiques. Après une première campagne, les premiers résultats agronomiques montrent que la production agricole résiste bien à l'ombrage, et la qualité de la récolte s'en trouve même améliorée.

C'est la première installation du genre dans le Puy-de-Dôme. Sur une parcelle de 5 000 m², des ombrières solaires ont été alignées. Les panneaux, équipés de 55 capteurs, s'adaptent en temps réel au vent, à la pluie et à l'humidité du sol. Piloté par l'entreprise TSE, le système de trackers solaires suit la courbe du soleil pour produire de l'électricité toute la journée et surtout pour répondre aux besoins de la production agricole. L'installation peut se redresser complètement à la verticale pour permettre aux machines agricoles de passer. Depuis sa mise en service, l'entreprise, avec le concours de la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme, suit et analyse son impact agronomique.

- 10 % de rendement au pire, mais une meilleure récolte

La parcelle sous panneaux est comparée à une zone témoin de 8 000 m² située juste à côté, afin de mesurer les conséquences de l'ombrage sur le cycle cultural et les rendements agricoles. Le protocole doit durer neuf années.

A lire aussi : Lot-et-Garonne : une ombrière agrivoltaïque pour les fruits rouges

Les premiers retours, enregistrés cet été, sont plutôt rassurants. En pilotage classique, la zone sous ombrières affiche une perte maximale de 9,9 % de rendement par rapport au témoin. En « pilotage robuste », qui laisse passer davantage de lumière, l'écart tombe à 4 %. La parcelle a ainsi réalisé 96 % du rendement de la zone témoin. « Tout est une question de gestion de la lumière, selon les périodes », résume Frédéric Imbert, directeur R&D agronomie chez TSE.

La qualité de la récolte s'en trouve même améliorée. L'évapotranspiration baisse de 20 % sur l'ensemble de la saison. « Une cinquantaine de capteurs monitorent en permanence le microclimat créé sous les panneaux. En hiver, le froid y est amorti ; en été c'est la chaleur. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

photovoltaïque
Suivi
Suivre

L'expérimentation se poursuivra pendant neuf ans, au gré des campagnes agricoles ; la rotation culturale permettant d'évaluer plusieurs espèces, sur des années météorologiques différentes. Après la récolte de l'orge cet été, l'agriculteur a semé du colza sous les ombrières.

A lire aussi : Agrivoltaïsme et photovoltaïque agricole : Chambres d’agriculture France appelle l'État à « préserver une filière d'avenir »

Neuf ans de mesures et du colza en attendant

L'électricité produite à Chadeleuf est injectée sur le réseau électrique, TSE versant un loyer à l'agriculteur pour l'occupation de sa parcelle. Sur un autre site expérimental, en Normandie, l'électricité est en revanche consommée localement avec les communes. « C'est une piste pour l'avenir. »

La petite centrale puydomoise n'est qu'un début. TSE monte actuellement deux autres installations, plutôt sur de la prairie, et projette d'autres chantiers à partir de l'année prochaine « des sites de plus grande taille, cette fois à vocation commerciale, pas forcément chez des agriculteurs » précise Frédéric Imbert. Au fil des projets, les connaissances technico-économiques et agronomiques ne vont que s'affiner davantage.

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires