Pêche : la compensation gasoil reste à inventer

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Si les pêcheurs estiment avoir obtenu les fruits de leur mobilisation, en particulier sur un objectif de compensation du prix du gasoil, reste à inventer le mécanisme pour y parvenir. L’État s’est engagé pour la fin de l’année au plus tard.

Exonération immédiate de charges patronales et salariales pendant six mois ; mise en place avant la fin 2007 d’un « mécanisme durable de compensation des surcoûts du gazole (…) au-delà de 30 centimes d’euros le litre (…) en moyenne annuelle » ; aides à la modernisation de la flottille vers une motorisation plus économe ; invention d'une garantie de revenu minimal aux matelots. Ces propositions exprimées par Nicolas Sarkozy mardi 6 novembre, au Guilvinec (Finistère), a satisfait les pêcheurs. Dans le pays bigouden et dans tous les ports qui s'étaient mis en grève, depuis le 2 novembre, les pêcheurs ont repris le travail entre mercredi 7 et jeudi 8 novembre.

La pêche chalutière hauturière pénalisée

« L’accord que nous avons obtenu est satisfaisant car il a été obtenu sur la base de nos revendications », s’est exclamé Philippe Le Moigne, porte-parole du comité de crise du pays bigouden, à l’issue de la réunion de travail organisée mercredi 7 novembre au ministère de l’Agriculture et de la Pêche.

Les pêcheurs du pays bigouden s’étaient mis en grève pour protester contre l’envolée des prix du gasoil qui pénalise leur rentabilité. Ils estiment qu’au-delà de 30 centimes d’euros, le litre n’est plus rentable pour leurs entreprises. Si pendant deux ans, le fond de prévention des aléas à la pêche a amorti la hausse, il a dû être abandonné en début d’année pour non-respect des règles communautaires.

Immédiatement le prix du litre s’est envolé : 40 centimes en mars, 52 centimes début novembre. Parmi toutes les flottilles de pêche, la plus pénalisée est sans nul doute la flottille chalutière hauturière dont le quartier maritime du Guilvinec est devenu un grand spécialiste. Sur les 304 unités de pêche inscrites recensées à la fin 2006 aux affaires maritimes dans le quartier, une centaine sont des canots (1-2 à bord).

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73 des côtiers langoustiniers qui travaillent à la journée et 124 des navires « du large », unités de 16 à 25 mètres en production 10 à 14 jours par marée avec 5 à 6 hommes à bord et qui consomment entre 20 et 30 tonnes de carburant.

A eux seuls, ces navires capables de ramener entre 8 et 14 tonnes de poisson par marée représentent 90 % des volumes qui passent sous la criée du Guilvinec, une des toutes premières de France. Ces dernières semaines, la charge de gasoil représentait 30 voire 40 % de leur chiffre d’affaires brut. Un gouffre qui a mis à mal bien des armateurs, artisans comme entreprises.

« Nous voulons de la visibilité et de la lisibilité », entendait-on en assemblée générale. Les navires de pêche, véritables petites usines itinérantes sont en effet très gourmands en capitaux. Mais comment mettre en place durablement un mécanisme de compensation à tout gasoil supérieur à 30 centimes ? Qui le prendra à sa charge ? Pas l’État puisqu’immédiatement, Bruxelles le lui interdira. Le consommateur ? Il paie déjà cher son poisson au détail.

La répercussion d’une hausse des charges du producteur sur le prix final ne peut, semble-t-il, passer que par un nouveau partage de la valeur ajoutée au produit, dans son cheminement du port vers l’étal de la grande distribution. Les discussions au sein de groupes de travail entre les différents maillons de la filière devraient se poursuivre jusqu’à la fin de l’année.

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