Après une année 2007-2008, l'association démarre la nouvelle campagne sur fond d'incertitudes.
La campagne d'hiver des Restos du cœur a commencé le 1er décembre dernier. Jusqu'à fin mars, l'association caritative a prévu de distribuer 65 millions de repas. Mais étant donné la crise économique actuelle, personne ne sait encore dire si la demande ne sera pas supérieure à ce chiffre.
« La situation est inquiétante, on fera tout pour tenir », confie Paul Derveaux, responsable des achats et de la logistique des Restos du cœur. L'an dernier, l'association a fourni 91 millions de repas (intercampagne comprise) dont le coût a augmenté à cause de la hausse du prix des céréales et du lait.
La particularité de l'association est de bénéficier d'un budget pour acheter directement auprès des industriels les denrées dont elle a besoin.
«L'an passé nous avions un budget de 63 millions d'euros provenant des dons de près de 420 000 particuliers et de l'argent des spectacles des Enfoirés», précise Paul Derveaux. A cela s'ajoute le programme européen aux plus démunis dont les restos du cœur font partie des bénéficiaires. Conçue au départ sur le principe d'un échange d'une partie des stocks européens contre des denrées transformées auprès d'industriels, cette aide s'est transformée en ligne de crédits. Les offices agricoles gèrent ces lignes en lançant des appels d'offre pour le compte des associations. Face à l'envolée des matières premières,
« en mai-juin 2007, sur les marchés passés par les offices nous avons eu du mal à nous faire livrer par certains fournisseurs de pâtes et de lait notamment. Mais on a réussi à trouver des accords », témoigne le responsable des achats des Restos du cœur.
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A l'issue de cette année difficile, les comptes de l'association sont dans le rouge (de près de 5 millions d'euros).
Appel à la générosité
Pour 2008-2009, Paul Derveaux dispose d'un budget de 73 M Eur (aide européenne comprise) et espère pouvoir acheter davantage de produits alimentaires, avec la détente des marchés. Il dirige une équipe de 5 salariés, spécialistes de l'achat, auxquels s'ajoutent 10 bénévoles s'occupant de l'aspect logistique qui se professionnalise de plus en plus.
Mais plusieurs inconnues inquiètent l'association. Comment va évoluer la demande des plus démunis ? Les donateurs continueront-ils à être aussi généreux ? L'aide européenne sera-t-elle maintenue à terme ? L'aide alimentaire européenne apporte la quasi-totalité de la viande, des œufs et du poisson des paniers repas. Les Restos du cœur ne pourront pas puiser dans leurs réserves tous les ans. Alors pour assurer ses missions, l'association demande
«aux fournisseurs de l'agroalimentaire et aux GMS de faire un effort (ndlr : en donnant plus) et essaie de persuader les particuliers d'augmenter leurs dons», indique Paul Derveaux.