Le Moma va diffuser des données concrètes

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Le blocage des négociations sert le Mouvement pour une Organisation mondiale de l'agriculture.

Les deux premiers piliers d'une future « gouvernance mondiale de l'agriculture », à savoir le modèle de prévision baptisé Nouvelles régulations agricoles (NRA) et l'agence internationale de notation qui l'utilisera, doivent sortir de terre l'an prochain, a annoncé jeudi dernier Alain Catala, directeur général de Limagrain et vice-président du Moma (mouvement pour une Organisation mondiale de l'agriculture). Le grand colloque où il s’exprimait (400 personnes au Palais du Luxembourg, sous le haut patronage du président du Sénat Christian Poncelet et des ministres Dominique Bussereau et Christine Lagarde) figure la nouvelle dimension du Moma. Celui-ci n'est plus ce petit club de réflexion né en décembre 2005 à l'initiative de dirigeants et responsables agricoles autour de Pierre Pagesse, président de Limagrain. Il devient une organisation constructive grâce à son modèle NRA. Celui-ci donnera de premières estimations chiffrées à partir de la mi-2007, promet Alain Catala, censées conférer une crédibilité à son projet d'Organisation mondiale de l'Agriculture.

Il faudra bien 5 à 10 ans pour mettre en place une gouvernance adaptée aux caractères « spécifique » et « stratégique » de l'agriculture, prévient-il. Le Moma va mettre à profit l'an prochain le blocage des négociations internationales pour proposer son mode de réflexion alternative dans différentes instances européennes, à Washington (dès le premier trimestre) et à l'OMC. Son but est d'abord de « susciter une prise de conscience internationale » du besoin d'une gouvernance spécifique à l'agriculture mondiale.

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Le colloque de jeudi dernier avait naturellement pour thème « L'agriculture mondiale est en panne de stratégie : comment concilier libéralisme et développement ? » et devait défendre trois thèses hormis le caractère « spécifique et stratégique » de l'agriculture : la faiblesse des modèles économiques actuels, la dangerosité de la libéralisation des marchés agricoles sans règle et la nécessité d'inventer de nouveaux cadres d'action.

Au colloque, une des figures du Moma, le professeur Marcel Mazoyer (INA-PG) impliqué dans plusieurs instances de réflexion dont la FAO, a démonté le mécanisme de « machine à fabriquer de la pauvreté » des marchés agricoles sans règles. Les plus forts, eux, s'accommodent des variables d'ajustement que sont la rente foncière et l'intérêt du capital. Ce marché confronte les exploitations géantes du Brésil et de minuscules fermes de subsistance d'Afrique sub-sahariennes, « ça ne peut pas marcher », a commenté Jean Salmon, vice-président de l'APCA. L'intérêt d'établir un « prix de référence international » a été défendu, avec la promesse d'aides d'Etat moins coûteuses.

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