Morts en cascade, intoxications, empoisonnements… nous ne sommes pas dans un roman d’espionnage, mais bel et bien dans une réalité économique mondiale alarmante : la contrefaçon. L’enquête menée par Pierre Delval, criminologue et criminaliste, conseiller pour la lutte contre la contrefaçon auprès du vice-président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, passe en revue de manière détaillée un fléau qui touche tous les secteurs d’activité économique. Si l’évocation du mot de contrefaçon est synonyme de contrefaçon de produits de luxe, de textiles, d’alcool, ou de tabac dans l’inconscient collectif, il est également depuis quelques années, de mise dans un marché en pleine explosion, celui de l’agro-alimentaire. Ce livre expose sans détour une situation critique qui laisse de nombreux acteurs officiels, désarmés face à une mondialisation des contrefacteurs et du crime organisé. « La mondialisation de l’économie se double d’une mondialisation de la contrefaçon, qui peut nous laisser craindre une véritable contrefaçon de la mondialisation » rappelle dans l’introduction Christine Lagarde, ministre de l’économie, des finances et de l’emploi. Le 1
er septembre 2006, les douaniers de Marseille saisissaient 15 t de bocaux de salade tunisienne faussement étiquetés aux couleurs de la marque Riad. Cette saisie constituait une première dans la saisie de contrefaçon d’alimentaire, fait confirmé par la DGCCRF. Les exemples se suivent avec des contrefaçons de Red Bull ou des importations de produits alimentaires chinois : « colorants interdit découverts dans des sauces ou dans des gâteaux de riz, moisissures cancérigènes sur des fruits secs, résidus d’antibiotiques dans des lots de miel et de poissons, traces de mercure sur des anguilles ou encore stocks de nouilles génétiquement modifiés. ». L’état des lieux, préoccupant, dénonce une croissance inéluctable d’un trafic très lucratif, qui profite avant tout à des structures criminelles très organisées, au grand dam de grands groupes agro- alimentaires comme Nestlé ou Unilever. Ces derniers, partis en guerre contre ce fléau depuis plusieurs années, ont comme seul moyen de lutte pour assurer une sécurité alimentaire pour le consommateur, une authentification des matières premières, et le contrôle de conformité d’origine.
«La contrefaçon : un crime organisé » De Pierre Delval, avec la collaboration de Guy Zilberstein 192 pages 16,90 euros Sortie : le 17 avril
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