L'office s'inquiète du dégagement d'une copieuse récolte nationale dans un contexte mondial d'abondance. Et la concurrence sera rude à l'export.
Dans notre édition d'hier, nous avons publié les principaux chiffres extraits des nouveaux bilans prévisionnels présentés au conseil spécialisé céréales de l'ONIGC le 8 octobre. Parmi les modifications apportées aux projections de septembre les plus significatifs sont ceux concernant les objectifs d'exportations de blé tendre et le transfert des utilisations de blé par les fabricants d'aliments du bétail vers le maïs. Le gros souci exprimé par l'ONIGC est le dégagement d'une copieuse récolte nationale dans un contexte mondial d'abondance, du moins pour les céréales à paille, le cas du maïs étant particulier : déficit aux États-Unis, mais larges disponibilités en Europe, y compris en France. L'UE n'aura pas besoin de recourir, comme l'an passé, au maïs brésilien pour satisfaire ses approvisionnements.
Participer à un marché mondial dynamique
La forte baisse des prix des céréales après la flambée de la dernière campagne ont dopé le commerce mondial a constaté le Conseil. Les exportations européennes ont bénéficié de ce courant puisque depuis le début de la campagne les certificats d'exportation de blé tirés dans l'Union à 27 ont atteint 6,1 Mt, contre 1,9 Mt l'année dernière à la même époque. La France a tiré de 2,2 Mt, soit le double de l'an passé, mais elle n'est pas le seul Etat membre de l'UE sur le marché d'exportation de blé en ce début de campagne ; les Allemands ont pris des certificats précocement et la Bulgarie, la Hongrie et la Roumanie, quasi absentes la dernière campagne ont été crédités de 1,3 Mt cette année. Le blé français ne subira pas seulement, cette campagne, la concurrence des autres grands exportateurs mondiaux mais aussi de certains de ses partenaires. Il est cependant important que les exportations françaises vers les pays tiers gardent au moins le rythme actuel pour remplir un objectif d'équilibre fixé par l'Office à 8,5 Mt (8 Mt prévu en septembre). Sinon la campagne se terminerait avec un stock de report qui extrêmement lourd, alors que même si l'objectif de 8,5 Mt est atteint le report est déjà envisagé à 3,9 Mt . Un stock difficile à gérer, sans le secours de l'intervention
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L'ONIGC demande donc la remise en ordre de tous les outils de gestion du marché, de l'intervention publique au rétablissement des droits de douane pour lequel les conditions (prix de marché inférieurs à 180 % du prix d'intervention) sont largement remplies. Pour l'orge, les disponibilités sont fortes mais les exportations vers le bassin Méditerranéen devraient se maintenir au moins au niveau de l'an dernier, alors que sur l'UE, il faudra compter avec la concurrence de la Mer Noire.
Les prix du maïs ont lourdement baissé et cette céréale va se poser en concurrente du blé fourrager dans l'alimentation animale. L'ONIGC a donc réduit de 400 000 tonnes ses estimations d'utilisation de blé par les fabricants d'aliments du bétail pour augmenter de 300 000 t les prévisions d'incorporation de maïs par les fabricants d'aliments du bétail.
De toute manière, cette campagne sera marquée par des stocks de report importants et, d'ores et déjà, par un désordre des prix engendré, certes par la pression de l'offre mais aussi par les désordres monétaires et financiers.