Cadrans normands : « la FCO a porté le coup de grâce »

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La société des marchés organisés de Normandie cesse son activité à la fin du mois. Soligny la Trappe (Orne), Saint Pierre sur Dives (Calvados) et Lieurey (Eure) vont successivement perdre leur cadran.

LM : D’où vient cette décision de fermer les marchés ?

J-M Bréard : Le problème s'est déjà posé l'an dernier. Nous avons à l'époque choisi une restructuration, en passant au rythme d'un marché tous les quinze jours. Le poste de directeur et celui d'une secrétaire ont été supprimés. Cela n'a pas empêché de creuser le déficit, qui atteint 25 000 euros. Les apports d'animaux ne répondent pas aux attentes et les cours sont à la baisse. Résultat, comme l'outil fonctionne avec un pourcentage sur les ventes, la Sicamon est à l'agonie. Le manque d'activité est dû en partie aux différentes crises ayant secoué le monde de l'élevage. Cette année, les effectifs devraient descendre à 5 000 bovins maigres (contre 7 000 prévus) et moins de 10 000 ovins (contre 14-15 000 anticipés). Ils atteignaient autrefois 16 000 ovins et environ 9 000 bovins. Le marché de Lieurey est le plus mal en point. Celui de Soligny équilibre pratiquement ses comptes. En supprimer un seul serait préjudiciable aux autres. Tous les trois vont donc fermer : le 18 novembre à Soligny, le 24 à Saint Pierre, le 26 à Lieurey.

LM : D'autres solutions étaient-elles envisageables ?

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J-M Bréard : J'ai un moment envisagé un rapprochement avec le cadran de Moyon, dans la Manche. Mais cela n'a rien donné. Lui aussi est en difficulté, avec de très faibles apports, entre 25 et 30 bovins par marché. Je me demande comment il tient. La vraie solution était de redresser les apports à la Sicamon. En 2006, j'avais rédigé une lettre ouverte à l'attention des producteurs et des élus. Mon souhait était que chaque éleveur apporte au marché 10 % de ses animaux vendus. Cela avait suscité des réactions. En juillet 2007, j'ai senti un renouveau. Des personnes, qui ne venaient jamais chez nous, se sont mises à fréquenter les cadrans. Malheureusement, la fièvre catarrhale a ruiné nos espoirs. Ç'a été le coup de grâce.

LM : Quel est votre sentiment aujourd'hui ?

J-M Bréard : Tout le monde est déçu. Les promesses des éleveurs d'apporter leurs animaux n'ont pas été tenues. Comment pouvons-nous faire fonctionner un outil sur des promesses non tenues ? De leur côté, les marchands de bestiaux ont joué le jeu jusqu'au bout. La disparition des marchés élimine la concurrence. Cela met les producteurs à la merci des entreprises d'abattage. Nos prix les intéressent, puisqu'ils viennent les consulter à chaque vente. Dommage pour eux et pour toutes les activités autour des foirails.

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