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Alimentation animale : comment évoluent les fabrications en France entre mars 2025 et mars 2026 ?

Le tonnage d’aliments pour animaux produit en France a progressé en mars 2026 par rapport à février 2026 et mars 2025. Cette hausse volumique s’accompagne d’un renchérissement du prix de l’aliment, comme le montre l’évolution de l’indice des prix des matières premières entrant dans l’alimentation animale (IPAA), calculé par La Dépêche Le petit meunier.

<em class="placeholder">Production nationale d&#039;aliments composés (en tonnes)</em>
© LCA NA - Snia

Les fabrications d’aliments pour animaux en France ont progressé de 3,2 % entre mars 2025 et mars 2026 selon les dernières statistiques publiées par La Coopération agricole Nutrition animale (LCA NA) et le Syndicat national de l’industrie de l’alimentation animale (Snia) le 27 mai. Cette hausse est à mettre sur le compte de la moindre pression des épizooties en France depuis quelques mois (cf. encadré en fin d'article).

Lire aussi | Alimentation animale : « la hausse des tonnages suggère une forte phase de reprise de l’élevage à l’échelle mondiale », selon Alltech

Dans le détail, les tonnages sur le segment volailles s’accroissent de 2,2 %, ceux en porcins de 1,5 %, ceux en bovins (mash compris) de 5 % et ceux en ovins/caprins (mash compris) de 3,1 %.

La hausse des fabrications d’aliments pour animaux observée sur tous les segments de production

La tendance s’observe également sur le début d’année 2026 : les fabrications d’aliments pour animaux en France ont augmenté de 138 000 t entre février 2026 et mars 2026, passant de 1 492 000 t à 1 630 400 t, soit une hausse de 9,2 %.

Cette croissance mensuelle est le fait de l’ensemble des principaux segments de production. Les volumes d’aliments pour volailles s’accroissent ainsi de 11,1 % à 671 500 t (+ 67 200 t), ceux pour porcins de 8,5 % à 332 200 t (+ 26 000 t), ceux pour bovins (mash compris) de 6,4 % à 474 300 t (+ 28 700 t) et ceux pour ovins-caprins (mash compris) de 11,2 % à 79 400 t (+ 8 000 t).

Des incorporations de blé fourrager et tourteau de colza en progression

Sur le premier trimestre 2026, les incorporations de céréales fourragères (2,057 Mt) et de tourteaux (1,659 Mt) ont reculé d’un an sur l’autre, de respectivement 4,8 % (-105 000 t) et de 3 % (-51 000 t) entre janvier-mars 2025 et janvier-mars 2026, selon Agreste. Globalement, la baisse s’élève à 4 % (-156 000 t à 3,716 Mt).

Dans le détail, si les incorporations de maïs et d’orge fourragère ont diminué d’un trimestre sur l’autre, de respectivement 11,1 % (passant de 792 000 t à 704 000 t) et de 24,8 % (passant de 321 000 t à 241 000 t), celles de blé fourrager se sont accrues, de 6 % (passant de 1,049 Mt à 1,112 Mt), selon les chiffres d’Agreste. Concernant les tourteaux, on note une substitution de la protéine de tournesol (passant de 360 000 t à 266 000 t incorporées) par la protéine de colza (passant de 640 000 t à 683 000 t), tandis que le tonnage de protéine de soja n’a pas évolué (stagnant à 710 000 t).

Ce remplacement du maïs et de l’orge fourragère par du blé fourrager, d’une part, et du tourteau de tournesol par le tourteau de colza, d’autre part, s’explique par les plus fortes baisses des prix du blé fourrager et du tourteau de colza (de respectivement -16,1 % et – 22,4 % entre le premier trimestre 2025 et 2026) par rapport à ceux des autres céréales et tourteaux, commente Agreste.

Un coût des aliments pour animaux en nette hausse depuis le début de l’année 2026

Selon les dernières statistiques d’Agreste, les prix des aliments pour animaux ont progressé de 1,4 % en avril 2026, poursuivant la hausse entamée en mars 2026 (+ 0,4 %). En janvier et février 2026, ils avaient respectivement diminué d’un mois sur l’autre de 0,5 % et de 0,3 %.

<em class="placeholder">Evolution de l’indice des prix des matières premières entrant dans l’alimentation animale (IPAA), calculé par La Dépêche le petit meunier</em>
© Le Dépêche Le petit meunier

De son côté, l’indice des prix des matières premières entrant dans l’alimentation animale (IPAA), calculé par La Dépêche Le petit meunier, montre une nette progression en février 2026 qui s’est poursuivie dans une moindre mesure les mois suivants, dans le contexte de guerre au Moyen-Orient. La flambée du pétrole qui en découle entraîne dans son sillage le renchérissement des matières premières agricoles par le biais des filières de biocarburants, alternatives attractives en ces temps de crise pétrolière.

Comment évolue la pression maladie en élevage ?

Concernant l’influenza aviaire hautement pathogène, le ministère de l’Agriculture a abaissé, le 2 juin 2026, le niveau de risque épizootique à « négligeable » sur l’ensemble du territoire métropolitain. Une décision justifiée par l’ « amélioration de la situation sanitaire dans l’avifaune sauvage », aussi bien dans l’Hexagone que les États membres voisins.

S’agissant de la fièvre catarrhale ovine de sérotype 4 (FCO 4), le ministère de l’Agriculture est passé du statut « enzootique » au statut « exotique » dans l’Hexagone, en raison de l’absence de cas depuis 2018 en France continentale. Cependant, en Corse où dix foyers ont été recensés entre le 1er juin 2024 et le 31 mai 2025, la FCO 4 demeure classée « enzootique ».

Quant à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine, aucun nouveau foyer n’a été détecté en France depuis le 2 janvier 2026, selon le ministère de l’Agriculture (communiqué en date du 11 mai 2026). Pour rappel, après l’apparition d’un premier cas le 29 juin 2025 en Savoie, ce sont 117 foyers qui ont par la suite été détectés dans onze départements. Afin de « limiter le risque de résurgence de la maladie », le gouvernement a annoncé le 9 avril dernier le début de la campagne de vaccination 2026. En mai et début juin, de nouveaux foyers de DNC sont apparus en Italie, en Sardaigne, portant le nombre de foyers à huit depuis le 1er janvier 2026 dans ce pays.

Nominations

Nicolas Coudry-Mesny a été élu, le 19 mai 2026, à la présidence de la Fédération européenne des entreprises de nutrition animale (Fefac) pour un premier mandat de six ans. Il succède à l’Espagnol Pedro Cordero et porte une feuille de route centrée sur la sécurité d’approvisionnement. Nicolas Coudry-Mesny est également président d’Eurofac, l’association représentant l’industrie française des aliments composés et des prémélanges au niveau européen.

Dominique Breton a été élu, le 3 juin 2026, à la présidence du Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (Snia). Succédant à François Cholat, qui a passé dix ans à la tête de l’organisation professionnelle, il a comme ambition de « renforcer le rôle de la nutrition animale dans la souveraineté alimentaire française ». Dominique Breton est par ailleurs vice-président de Nutrinoë et siège au sein du groupe de pilotage de la Fefac.

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