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Filière céréales
Alerte sur les matières premières agricoles et industrielles utilisées pour le petit déjeuner

Le syndicat spécialisé du secteur souhaite une prise en compte de ces hausses par les distributeurs.

© shixugang (Pixabay)

Le Syndicat français des céréales du petit déjeuner, désormais rattaché à l’Ania, a alerté, le 15 juillet, sur les problématiques liées aux matières premières agricoles et industrielles servant à produire les quelques 100 000 tonnes de céréales pour le petit déjeuner vendues en grande distribution (552 M€ de chiffre d’affaires) chaque année en France.

Avec les complications nées des restrictions liées à la pandémie puis à une brusque reprise économique, plusieurs phénomènes apparaissent depuis quelque temps, de nature à pénaliser la pérennité des entreprises du secteur. « Le maintien de la capacité d’investissement, d’innovation et de recrutement des entreprises alimentaires est actuellement en jeu » peut-on lire dans le communiqué de presse du syndicat regroupant huit entreprises (Kellogg’s, CPW France-Nestlé Céréales, Daylicer, PepsiCo, Cereco, Bruggen, Favrichon et Pietercil.

Constatant « d’importantes tensions sur le prix et la disponibilité des matières premières agricoles, alimentaires et industrielles » qui se conjuguent « à d’importants aléas climatiques », les fabricants des céréales du petit-déjeuner, font face, depuis plusieurs mois, à de fortes tensions sur le prix et la disponibilité des matières premières agricoles et industrielles. On peut y ajouter l’allongement des délais de livraison, la hausse du coût du fret (difficultés à trouver des conteneurs pour le transport) ou encore une forte tension sur la demande mondiale dans le secteur.

Sous-jacent déflationniste depuis trois ans

« Les entreprises ont dû faire face à des tensions d’approvisionnement sur les principales céréales comme le maïs, l’avoine ou d’autres avec des délais de livraison parfois rallongés de 5 à 7 semaines. Ces hausses de matières premières doivent être prises en compte par les distributeurs. Rappelons que la déflation sur les produits alimentaires est restée la norme pendant les trois années de négociations couvertes par Egalim, sauf quelques rares exceptions, confirmant la tendance de ces huit dernières années avec une déflation de 6,2 %. On constate encore en 2021 un différentiel de + 3 % entre le besoin des industriels et le résultat des négociations » précise Victoire Perrin, secrétaire générale de ce syndicat.

Hausse en matières de base mais aussi dans les emballages

Pour étayer son discours, le syndicat relève notamment une hausse jamais vue depuis dix ans de l’indice mondiale des prix des produits alimentaires de la FAO (après 12 mois de hausses mensuelles consécutives), pour atteindre + 31 % en moyenne sur un an. Les difficultés de production céréalières l’an passé en Europe et « l’explosion » de la demande chinoise ont provoqué des tensions sur les prix : « à titre d’exemple, le prix du blé a augmenté de plus de 25 % et le maïs a augmenté de + 40% depuis 2020. Quant à la filière sucrière, l’épisode de la jaunisse a réduit fortement le potentiel de rendement de l’ordre de 20 à 30 % selon les pays producteurs conduisant à une augmentation de près de 15 %. Enfin, pour les huiles, et principalement l’huile de palme et de tournesol, les cours ont doublé entre 2020 et 2021. Une hausse de l’ordre de + 10 à + 15 % est attendue pour l’année 2022 ».

Pour ne rien arranger, « les fabricants des céréales du petit-déjeuner subissent de plein fouet de fortes tensions sur les emballages, utilisés à tous les niveaux de production. Les prix s’envolent depuis un an, et plus particulièrement pour le carton (+ 5 % à 10 %). Représentant un poste de dépense important pour nos entreprises, ces hausses ont donc un impact majeur sur le coût final des produits ».

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