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Doux
Xavier Beulin demande des garanties à Charles Doux

Le tribunal de commerce de Quimper a décidé la liquidation du pôle frais. Une décision «préoccupante pour la filière avicole», selon Xavier Beulin, président de la FNSEA.

A 16 h le 1er août, le sort du groupe Doux était entre les mains du tribunal de commerce de Quimper. La décision est tombée : le pôle frais sera liquidé le 10 septembre et la période d'observation est maintenue, pour les autres sociétés du groupe, jusqu'au 30 novembre avec une audience d'étape le 9 octobre. Pour le pôle frais qui compte 1800 salariés, des offres de reprise peuvent être faites jusqu'au 10 août. La période d'observation a été maintenue afin de permettre à Charles Doux, le PDG du groupe de ficeler son plan de continuation.

C'est le couperet qui tombe pour l'offre coordonnée de Sofiprotéol qui était en lice avec l'offre de continuation de Charles Doux. «Je prends acte» annonce Xavier Beulin, le président de la FNSEA et de Sofiprotéol, interrogé suite à la décision du tribunal. «C'est une décision de justice donc je ne vais pas la commenter. Nous allons demander à Charles Doux de confirmer les engagements qu'il a pris à l'égard des éleveurs. Il doit faire en sorte que tous les élevages, aujourd'hui en cours, puissent avoir des garanties sur la nourriture, l'aliment et l'ensemble des intrants. Il nous faut aussi des garanties sur le plan de continuation. Mais je doute que la banque Barclays investisse dans la filière avicole. Tout ça n'est guère propice à être serein.»

Sur la liquidation de la partie frais, Xavier Beulin semble là aussi peu optimiste : «la solution retenue par le tribunal empêche toute solution durable pour la partie frais, ce qui aura de graves conséquences pour l'élevage et la filière.» Sofiprotéol pourrait refaire une offre d'ici le 10 août. «Nous allons retravailler mais je ne sais pas sur quelle base et la période pour faire une proposition est très rapprochée. De plus, nous ne pouvons plus faire jouer la notion d'indivisibilité de l'offre, selon l'avis rendu par le tribunal», continue le président de la centrale agricole. Dans un communiqué, Sofiprotéol confirme les inquiétudes : « les différents acteurs de l'offre coordonnée par Sofiprotéol expriment aujourd'hui leur vive inquiétude sur l'évolution de la filière avicole française et sur l'avenir des activités du groupe Doux.» A la suite de la décision, Xavier Beulin n'avait pas encore été contacté par le ministre de l'Agriculture mais il pense qu'ils «vont se concerter très prochainement.»

«Nous ne lâcherons pas»

Sur le terrain, la liquidation du pôle frais va impacter directement les éleveurs. «Dans l'annonce du délibéré à aucun moment on a parlé des éleveurs. Pour moi, c'est la décision la plus mauvaise qui soit. Si on voulait anéantir la filière avicole, on ne pouvait pas s'y prendre autrement», s'emporte Joël Limouzin, président de la Frsea Pays de la Loire. Dans sa région, le site de Laval «Doux frais» sera un des premiers touché par la liquidation. Les régions Auvergne/Centre et Nord Pas-de-Calais seront également les plus impactées, selon le syndicaliste. Pendant la période d'observation, les éleveurs comptent se faire entendre : «nous ne lâcherons pas, il faudra qu'on récupère 100 % de nos créance , clame Joël Limouzin. S'il y a la moindre faille d'ici le 30 novembre, problème de livraison ou report de paiement, nous allons tout faire remonter à l'administrateur judiciaire avec l'aide de notre avocat. Nous allons être très présents et il n'est pas question de laisser tomber les éleveurs !»

La profession agricole réagit

«Affaire Doux : pas une solution mais des problèmes ! », titrent la Fnsea et la Confédération française de l'aviculture (CFA) dans un communiqué le 2 août suite à la décision du tribunal de Quimper la veille. En ligne de mire : les responsables politiques. Ils « n'ont eu de cesse, depuis le mois de juin dernier, de parler de solution globale, de maintien de tous les outils, certains même d'appeler à des considérations patriotiques. Depuis l'annonce du jugement, quel silence devant un groupe qui est délesté de sa partie « frais » et d'une solution qui consiste à offrir à un banquier britannique notre groupe avicole de dimension nationale !». Et les deux organisations s'interrogent : « avec une telle décision, quel peut être l'avenir à court et moyen terme de l'entreprise Doux ? » « Nous interpellons tous les responsables politiques sur le secteur avicole français qui vit une épreuve dont il ne se remettra sans doute pas », clament-ils.

De son côté, Sofiprotéol a réaffirmé « douter fortement de la viabilité des sites de « Doux Frais» sortis d'un projet industriel global concernant toutes les activités du groupe Doux ». « Les participants à l'offre coordonnée considèrent que la séparation entre la SAS

« Doux Frais », mise en liquidation judiciaire, et les autres activités faisant l'objet d'une poursuite de la période d'observation, compromet non seulement la viabilité des sites de « Doux Frais », mais également la viabilité des autres entités, en raison des liens existant au sein du groupe », ajoute Sofiprotéol.

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