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Le bilan très lourd de la sécheresse pour l'agriculture française

Indemnisations de pertes et aide à l'achat de fourrages, plants, semences : les deux axes du plans d'aide gouvernemental après l'évaluation des pertes sécheresse.

Des aides aux fourrages seront annoncées par la Ministre.
© Patricia Olivieri

Au lendemain de la réunion avec les préfets de Région, jeudi 27 août, le ministère de l'Agriculture a livré, lors d'un brief presse, les estimations de pertes à fin août pour les productions végétales et fourragères, avant l'annonce le 3 septembre du plan d'aides par Annie Genevard. Des pertes qualifiées de « très lourdes » à l'issue d'une sécheresse telle que sa fréquence est estimée à une fois tous les 25 ans. Avec 24,9°C de température moyenne nationale, le mois de juillet a affiché en France + 3,8°C par rapport à la normale, au-delà de l'été 2003 (24,3°C) et de celui de 1976 (23°C), a également rappelé le ministère.

Plus de 50 % des prairies fortement dégradées

Au 20 août, la pousse cumulée des prairies permanentes était inférieure de 36 % à la moyenne observée à date sur la période de référence (1989-2018), indique le ministère. Dans une majorité de régions, « plus de 50 % des prairies sont fortement dégradées » et dans cinq régions (Bretagne, Occitanie, Pays de Loire, Centre Val de Loire et Auvergne-Rhône-Alpes), les stocks fourragers sont estimés inférieurs de plus de 50 % à la normale. Ces estimations sont issues de l'indice satellite Airbus très décrié par la profession agricole.

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- 30 % pour le maïs fourrage, jusqu'à 100 % pour les petits fruits rouges

Pour le maïs fourrage, les remontées des préfets font état d'une perte moyenne de 30 %, 34 % pour le maïs grains, - 50 % pour certaines productions légumières (poireaux, chou-fleur, ail oignon, échalote, haricots) et jusqu'à 100 % localement pour les petits fruits rouges (cerises, cassis, groseilles...) et certaines cultures non irriguées (artichauts). Maraîchage, maïs, légumes de plein champ, arboriculture, viticulture sont les productions végétales citées comme les plus affectées par une grande majorité de régions. Sachant que par endroits, les incendies sont venus accentuer les effets de cette crise climatique. A noter enfin, des territoires ultramarins lourdement impactés eux aussi avec une sécheresse qui dure depuis le 17 avril en Guadeloupe et un déficit pluviométrique de 80 % en Martinique.

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35 000 exploitations dans le rouge

Dans une large majorité de régions, les difficultés concernent plus de 20 % des exploitations, avec des besoins dépassant les 10 000 € par exploitation et le ministère de l'Agriculture estime à 35 000 le nombre d'exploitations ayant un besoin urgent d'aide, soit 10 % des exploitations françaises.

"Réarmer la production"

Sans en donner le montant, les deux grands axes du plan d'aides gouvernemental ont été exposés : l'indemnisation des pertes exceptionnelles « pour éviter que les trésoreries les plus fragiles ne lâchent", ce qui passera pas le dispositif de solidarité nationale (en relais du système assurantiel). Une enveloppe de plusieurs centaines de millions d'euros a été évoquée. Des exonérations de la taxe sur le foncier non bâti seront associées à ces indemnités. Le deuxième volet vise lui à « réarmer et relancer la production pour éviter un repli structurel de la production par décapitalisation ou non remise en production », une priorité de la ministre. Une enveloppe sera déléguée à chaque préfet de Région, et en ricochets à chaque préfet de département, pour aider à l'achat de fourrages, de semis, de plants. S'y ajouteront des prises en charges de cotisations MSA.

Le ministère de l'Agriculture a par ailleurs rappelé les 53 M€ mensuels que représente l'aide au GNR et les 145 M€ débloqués avec l'UE pour l'aide à l'achat d'engrais.

Au 28 août, 62 départements sont encore considérés en crise pour la gestion des usages de l'eau (25 en alerte renforcée, 8 en alerte et 4 en vigilance), 60 % des nappes phréatiques sont sous leur seuil normal.

 

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