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Visite d’essais : les protéagineux, des cultures pleines d’atouts et d’avenir

Le 18 juillet, les essais implantés par la Chambre d’Agriculture de Haute-Loire sur les terres du Gaec de la Fenasse à Vernassal étaient ouverts à la visite.

La plate-forme a été miss en place par la Chambre d’agriculture de Haute-Loire en collaboration avec la Chambre régionale d’Auvergne et l’association céréales Montagne.
La plate-forme a été miss en place par la Chambre d’agriculture de Haute-Loire en collaboration avec la Chambre régionale d’Auvergne et l’association céréales Montagne.
© HLP

La Chambre d’agriculture conduit depuis deux ans des essais sur la culture des protéagineux. Après St Paulien en 2013, les essais se trouvent à l’heure actuelle installés à Vernassal, sur une parcelle  mise à disposition par le Gaec de la Fenasse, exploitation laitière à trois associés des familles Chouvier et Boissière.
Installés sur 1 ha en sol volcanique profond (avec un PH autour de 6) à 950 m d’altitude sur une parcelle qui bénéficie d’un apport de fumier et d’un chaulage régulier, ces essais visent à introduire  de nouvelles cultures dans les rotations parfois courtes de nos zones d’altitude : les protéagineux, des cultures à la fois intéressantes en terme d’économie d’utilisation des produits phytosanitaires qu’elles permettent de faire et d’apport de protéines nouvelles.
Pour ce qui est de l’utilisation des produits phytosanitaires, «les protéagineux et en particulier le pois, ont tendance à s’étaler très rapidement sur le sol et donc à étouffer les mauvaises herbes» souligne Emmanuel Gsell, conseiller cultures à la Chambre d’agriculture.
«Dans nos élevages, la source principale de protéines, c’est le tourteaux et notamment le tourteaux de soja dont le coût, relativement élevé, est annoncé encore à la hausse puisqu’il se trouve en liaison presque directe avec le prix du pétrole. A travers ces essais, l’idée est donc de s’approvisionner en protéines au moins en partie par sa propre culture» a indiqué Emmanuel Gsell, Chambre d’Agriculture.
Les protéagineux présentent un autre atout non négligeable, ils sont autonomes en azote ; ils ne nécessitent donc aucun apport d’engrais. «Les protéagineux ont la capacité d’aller chercher l’azote contenu dans l’air via des bactéries (Rhyzobiums) contenues dans les racines».

Protéagineux de printemps et d’hiver
La parcelle a été semée en protéagineux de printemps et, en nouveauté cette année, des protéagineux d’hiver afin d’observer leur résistance au gel d’hiver. Notons que les protéagineux d’hiver permettent théoriquement d’obtenir de meilleur potentiel de production (en quantité de grains récoltés), c’est que ce que l’essai devra notamment vérifier.
En protéagineux de printemps, l’essai comporte du pois protéagineux, de la féverole, du lupin et du soja (oléagineux). En protéagineux d’hiver semés à l’automne, on trouve un pois protéagineux, deux lupins d’hiver et une féverole d’hiver.
La visite d’essai organisée le 18 juillet dernier a permis de décrire le comportement de chacune des variétés implantées à Vernassal. «Dans le panel de protéagineux, on en a un ou deux que l’on pourrait conseiller sur nos zones d’altitude (environ 900 m), il s’agit du pois protéagineux, une culture facile à conduire qui peut entrer dans une rotation. Le soja semble aussi fonctionner plutôt bien, toutefois il nécessitera un traitement (trituration ou traitement par chauffage) avant consommation par les animaux. Notons que des projets de mini-unités de transformation des graines de soja se dessinent peu à peu en France».
Une fois les récoltes de ces essais réalisées, les conseillers cultures seront en mesure de dévoiler avec précision tous les résultats techniques (rendements, taux protéiques..) et les résultats économiques (coût au kg de protéines par culture...).
Rendez-vous au début de l’automne pour analyser les résultats complets de l’essai.


Véronique Gruber

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