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Vers une augmentation du contingent Néozélandais ?

La profession ovine de six pays européens se dresse contre la Commission Européenne et la Nouvelle-Zélande sur le contingentement du pays tiers sur l’importation de viande d’agneau.

La Commission Européenne discute en ce moment même une possible augmentation du contingent néozélandais.
La Commission Européenne discute en ce moment même une possible augmentation du contingent néozélandais.
© M.C.

Depuis les accords de libre-échange du CETA et plus récemment du Mercosur, l’Union Européenne accélère et négocie à tout va avec toutes les régions du monde. Dernièrement, la commission était en pour parler avec la Nouvelle-Zélande pour revoir l’accord Océanien de 1990. « Des fuites » et « des bruits de couloirs » faisaient alors échos « d’une augmentation du contingentement sur la viande ovine » du pays tiers alors que les contours du Brexit sont plus flous que jamais. A travers la COPA-COGECA, la profession ovine européenne et notamment française s’oppose fermement à de telles négociations. « Leur aboutissement ferait revivre à la filière ovine les années d’errance de 1990 » selon Michèle Boudoin, présidente de la FNO.

 

99,5% de l’agneau néozélandais en morceaux

Le calendrier s’est considérablement accéléré. La semaine dernière, la Commission Européenne travaillait sur de nouvelles relations commerciales qu’elle s’apprêtait à proposer à la Nouvelle-Zélande.

La viande d’agneau a bien évidemment été placée dans la balance. Une aberration pour les professionnels, dont Michèle Boudoin. « Nos inquiétudes vis-à-vis de cet accord Océanique sont d’autant plus grandes que nous ne savons pas vers où nous nous dirigeons avec le Brexit. Il est prématuré d’engager de telles discussions dans ce contexte » assure la présidente de la FNO. L’éleveuse puydômoise est d’autant plus remontée qu’elle a appris que « la Commission Européenne veut proposer une augmentation du contingentement de viande ovine ». Depuis 1990, date de ce premier accord, l’île océanienne peut exporter jusqu’à 228 000 tonnes de carcasses d’agneaux. Un quota européen qu’aujourd’hui elle n’atteint qu’à 60% en raison « de la demande chinoise ». Malgré tout, l’agneau néozélandais atterri chaque année dans les assiettes européennes et en 30 ans, il a bien changé. « En 1990, la Nouvelle-Zélande envoyait essentiellement des carcasses et seulement 39% de découpe. Seul 1% de cette viande arrivait en frais. Aujourd’hui, l’agneau néozélandais qui arrive est découpé à 99,5% (en parties nobles bien sûr) et 39% en frais. Les modalités techniques ont évolué au bon vouloir des exportateurs. Il faut désormais revoir les choses ! »

Afficher la date d’abattage

La Copa-Cogeca a donc proposé à Bruxelles de maintenir le contingent néozélandais et d’imposer plusieurs critères. Les professionnels demandent en premier lieu d’obliger l’exportateur à répartir équitablement sur l’année ses livraisons. « Nous ne devons plus subir l’affluence d’agneau néozélandais pendant les fêtes de Pâques alors qu’il s’agit de notre période de production. » A cela, ils demandent que la date d’abattage et le mode de conservation soient obligatoirement affichés sur les produits jusque dans les points de vente. « Les consommateurs mangent de l’agneau abattu il y a peut-être 6 mois, maintenu au frais grâce à l’azote liquide et ils l’ignorent. »

Ces requêtes ont à ce jour été refusées par Bruxelles qui se justifie selon ces termes (rapportés par Michèle Boudoin) : « nous ne pouvons imposer à un pays tiers ce que l’on ne s’implique pas à soi-même ». A quoi la présidente de la FNO répond : « 27 pays étaient prêts à s’engager sur l’affichage de la date d’abattage excepté le Royaume-Uni. Maintenant qu’ils ne sont plus au sein de l’UE, nous pouvons peut-être reprendre cette voie et bloquer par la même la Nouvelle-Zélande ».

Malgré ces arguments « la Commission est restée sourde ». S’engage alors pour Michèle Boudoin et ses collègues du Copa-Cogeca, un lobbying politique. La présidente de la FNO s’est rapprochée des Parlementaires Européens français, des services du ministère de l’Agriculture, d’Interbev… « Le Gouvernement nous soutient et cinq autres pays européens que sont l’Espagne, la Grèce, la Pologne, l’Irlande et la Hongrie s’opposent aussi à cet accord. »

Tous attendent les résultats des prochaines discussions avec la Nouvelle-Zélande. Si elles venaient à se conclure en faveur d’une augmentation du contingentement, cela signerait « la perte d’innombrables élevages français […] 85% des brebis se trouvent en zone défavorisée, comment lutter ? »

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