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Venue de l’ambassadrice du Canada : les syndicats campent sur leurs positions

Elle était venue pour rassurer le monde agricole sur ce que pouvait renfermer le CETA, malgré toute sa bonne volonté et des échanges très cordiaux, les syndicats ont gardé la tête froide et leurs idées très tranchées à ce sujet.

Jean-Baptiste Moreau, député de la Creuse et Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada.
Jean-Baptiste Moreau, député de la Creuse et Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada.
© Céline Alanord

Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada en France, foulait les terres creusoises ce vendredi 6 décembre en se rendant sur la commune d’Aulon. Elle y était invitée par le député Jean-Baptiste Moreau pour expliquer plus explicitement le pourquoi de la signature de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada.
Si, dès le départ, les syndicats FDSEA et JA n’étaient pas pour assister à cette entrevue en signe de protestation, ils ont ensuite accepté de s’y rendre en délégations, représentés par Thierry Jamot, Christian Arvis et Michaël Magnier. Les autres syndicats et OPA étaient aussi présents : élus de la chambre d’agriculture, Confédération paysanne, Modef, Coordination rurale, Celmar et CCBE.

Des questions en attente de réponses
Isabelle Hudon a expliqué lors de cette table ronde que le CETA n’était pas fait pour discréditer la production française : « Sur l’Union Européenne l’exportation Canadienne va représenter 0,0001 %, soit 67 000 tonnes, alors que l’accord avec le Mercosur représente à lui seul 200 000 tonnes ». Un pourcentage qui laisse perplexe et qui n’est pas tombé dans les oreilles de sourds « 0,0001 % ? Pour un pourcentage si faible et tant de « paperasses » liés à l’export, pourquoi vouloir impérativement exporter sur L’UE ? ». Des réponses qui sont restées en attente ou semblant très (trop) floues. L’ambassadrice souligne néanmoins que le « manger français » est un gage de label très plébiscité. Un label qu’il faut absolument conserver et mettre à l’honneur. « Le Canada est très fier du label français ». Oui mais, la question n’était pas là ! Flatter c’est bien, répondre plus clairement aurait été mieux ! « On ne lui demandait pas de nous parler du « comment bien manger français », « du label français », nous n’étions pas là pour ça, c’était visé à côté » explicite Thierry Jamot, président de la FDSEA de la Creuse. Sur la question des hormones, Isabelle Hudon tranche net : « il n’y a pas et il n’y aura pas d’export de viandes sous hormones. La viande exportée sera produite dans seulement 37 fermes non hormonées canadiennes et respectant une réglementation stricte. Car si en France vous avez beaucoup de normes, au Canada nous en avons aussi ». Elle ajoute que l’export de viandes hormonées n’était pas en vigueur avant CETA et qu’il est donc inenvisageable que ça ne le soit par la suite. Thierry Jamot et Christian Arvis sont restés dubitatifs concernant la question des farines animales, sur l’utilisation des produits phytosanitaires ainsi que sur les chiffres donnés « 67 000 tonnes produites sur 37 exploitations, ce ne sont pas des fermes, ce sont des feed lots ». Michaël Magnier rebondit sur l’adaptation dont le Canada pourrait faire preuve concernant le « calquage » sur les normes françaises « Si ça fait comme l’élevage ovin il y a 30 ans... Dans 15 ans, notre élevage bovin peut disparaître à cause de cet accord ». La venue de l’ambassadrice a néanmoins ouvert le débat sur les inquiétudes des agriculteurs, inquiétudes qu’elle juge comme « logiques » aux vues de l’immense pression subit par le monde agricole. Elle a pu échanger sur l’idée d’un potentiel marché d’export de la France vers son pays. Elle estime que ce marché d’export du label français pourrait être une véritable niche dans l’avenir, soulignant que « si le contingent de l’export canadien est de 67 000 tonnes, il n’y en aurait pas pour le sens inverse ». Les contraintes administratives françaises varient de 2 à 3 mois alors qu’au Canada elles ne sont que de 3 semaines. Après 90 minutes d’entretien les syndicats ont campé sur leurs positions « La FDSEA et les JA réclament purement et simplement que la viande bovine soit exclue des accords du CETA ». « Une seconde validation de cet accord doit être faite par le Sénat début 2020, si le sénat refuse cette validation, elle sera retransmise à l’Assemblée nationale, nous allons donc attendre la suite de pied ferme » finit Thierry Jamot. Cette table tonde s’est terminée dans le calme en ayant été menée avec « respect et intelligence de chaque côté ». La FDSEA remercie la mairie d’Aulon et sa mairesse Mme Moreau pour leur accueil.

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