Veau sous la mère : Jean-Baptiste Bosredon, l’élevage au service de l’excellence
Installé depuis cinq ans à Allassac, Jean-Baptiste Bosredon a repris avec passion une exploitation de 80 hectares, spécialisée dans le veau sous la mère. À seulement 30 ans, il incarne une nouvelle génération d’agriculteurs, alliant harmonieusement tradition limousine et modernité, avec un credo : la qualité avant tout.
Installé depuis cinq ans à Allassac, Jean-Baptiste Bosredon a repris avec passion une exploitation de 80 hectares, spécialisée dans le veau sous la mère. À seulement 30 ans, il incarne une nouvelle génération d’agriculteurs, alliant harmonieusement tradition limousine et modernité, avec un credo : la qualité avant tout.
Une installation hors cadre familial, mais pas sans racines
Bien que Jean-Baptiste ne soit pas issu d’une lignée d’agriculteurs, l’agriculture coule dans ses veines comme un doux héritage. Ses grands-parents paternels, installés à Saint-Viance, tenaient une exploitation typique du bassin de Brive, où veau sous la mère et tabac se mêlaient.
« J’ai peu connu cette exploitation, ils ont pris leur retraite en 1999, mais je me souviens des vaches dans les prés », partage-t-il.
C’est cette étincelle née de souvenirs d’enfance qui l’a conduit à s’orienter vers un bac pro agroéquipement à Saint-Yrieix-la-Perche, suivi d’un BTS en production végétale au lycée agricole de Châteauroux. Son parcours est également enrichi par des stages en élevage et une alternance de 2 ans dans une ferme céréalière du Loiret (580 ha).
Je viens d’une région où l’on travaille avec du vivant,
c’est pourquoi j’ai voulu devenir éleveur ».
En 2021, une belle opportunité se présente : une exploitation en activité à Allassac, près de Saint-Viance, est à reprendre.
Le plus important, c’était de reprendre une exploitation en rythme de croisière,
pas à l’arrêt », insiste-t-il avec conviction.
Une exploitation à taille humaine, mais exigeante
Jean-Baptiste consacre 85 % de son activité à la production de veaux sous la mère, avec une cinquantaine de VSLM nés chaque année. Pour alléger sa charge de travail printanière, travaillant seul sur son exploitation, il produit aussi entre 10 et 15 broutards par an, issus des vêlages de mars et d’avril.
Pour optimiser la qualité de son travail, les vêlages sont étalés toute l’année, ce qui lui permet de limiter à 15 le nombre de veaux sous la mère en étable pour la tétée.
La Surface Agricole Utile s’étend sur 80 hectares, principalement en prairie permanente, une dizaine d’hectares de céréales et de maïs autoconsommés, et une parcelle de tournesol semence (1 ha) qui vient compléter son activité.
Jean-Baptiste choisit l’insémination artificielle pour 90 % de son troupeau, car il souhaite optimiser la productionsans sacrifier la qualité.
Mon travail ne se résume pas au volume, mais à sa qualité », souligne-t-il avec passion.
« Je reste toujours à 65 vaches pour pouvoir les gérer sereinement ».
Pour Jean-Baptiste, le bien-être animal est essentiel, même si cela lui demande beaucoup de temps.
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Locataire des terres, propriétaire de son destin
Bien qu’il soit propriétaire de son cheptel et de son matériel, Jean-Baptiste est locataire des bâtiments et de la SAU. Il souligne l’importance du stage de parrainage, financé par Pôle Emploi, qui lui a permis de découvrir l’exploitation en amont durant une année :
C’est du parrainage pur : on observe les animaux, les finances, le roulement… Cela permet de faire marche arrièresi besoin, avant de s’engager ».
Mais il n’oublie pas non plus les rendez-vous et la bonne entente avec le cédant, qui l’ont aidé à franchir le pas.
Le veau sous la mère : une production de niche, mais rentable
Jean-Baptiste, spécialisé dans le veau sous la mère, vise à produire une viande rosée claire, tendre, persillée et de qualité supérieure. Les veaux sont rentrés à l’étable à l’âge de 20 jours. Là, ils tètent matin et soir le lait maternelet un complément d’allaitement lacté pour les engraisser.
« Je suis adhérent à LVA 19, ce qui me permet d’avoir un appui technique, et je suis engagé en Label Rouge. Pour respecter leurs critères, un veau ne doit pas dépasser les 175 kg et les cinq mois. Le prix moyen est de 12 euros le kilo/carcasse. Ils sont alors prêts pour la commercialisation, principalement en boucheries et restaurants », explique-t-il.
Un bilan sans regret, mais en constante évolution
Cinq ans après son installation, Jean-Baptiste n’a aucun regret.
Financièrement, on n’a pas le droit d’en avoir : une fois qu’on y est, on n’a plus le choix », avoue-t-il avec pragmatisme, mais aussi une pointe de défi.
Chaque année, il adapte :
« Que ce soit au niveau des animaux, de ma situation financière, de la météo, du travail du sol ou du stockage des céréales, il faut évoluer, s’adapter, comme dans n’importe quelle entreprise ».
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Un métier de passion… et de raison
À 30 ans, il est l’un des représentants de cette production d’excellence dont la Corrèze est le premier producteur, privilégiant le bien-être animal et la qualité.
« Si c’est pour faire des horaires de 8 h à 17 h, ce n’est pas la peine de se lancer dans ce métier », lance-t-il.
Ce travail demande une présence de tous les jours, il faut trouver son rythme ».