Aller au contenu principal

Le bien être animal au centre des préoccupations des éleveurs

Trois éleveurs et une éthologue étaient réunis mardi 18 mai au lycée agricole de Montmorillon autour du thème « L’éleveur et ces animaux, un bien être partagé pour un élevage durable ».

© capture d’écran

Le bien-être animal se définit comme « l’état mental et physique positif lié à la satisfaction des besoins physiologiques et comportementaux de l’animal, ainsi que de ses attentes » Cinq critères permettent de l’évaluer : la liberté physiologique (pouvoir combler sa faim, sa soif, …), sanitaire (ne pas être blessé ou malade), environnementale (avoir de l’espace, une litière,…), psychologique (ne pas ressentir de la peur, de la détresse, …) et comportementale (pouvoir exprimer le comportement typique de son espèce). « Ces critères permettent de définir un niveau de bien-être, souligne Aurélia Warin, éthologue indépendante spécialisée dans le comportement des animaux d’élevage. Mais est-ce que ce niveau est suffisant, c’est la société qui le juge ». Christophe Limoges (79), Sophie Gallard (79) et Alexis Mainfroid (86), les trois éleveurs conviés au débat s’accordent à le dire : pour travailler dans de bonnes conditions et produire, il faut des animaux en bonne santé. Aussi, le bien-être animal est au cœur de leurs préoccupations. « Pour s’occuper d’animaux, il faut être passionné et avoir de l’empathie, sinon on ne travaille pas bien, confie Christophe Limoges, éleveur bovin lait. Le bien-être animal et celui de l’éleveur sont indissociables ». Pour assurer un bien-être optimum à leurs animaux tous ont fait des aménagements dans leurs élevages. Un nouveau bâtiment pour les chèvres de Sophie, des traitements sanitaires alternatifs ou encore des aires paillées et des matelas pour les laitières de Christophe. Pour leur part, les charolaises d’Alexis sont à l’herbe pratiquement toute l’année, sauf en hiver. « Sur mon exploitation les sols sont très humides l’hiver, or les animaux aiment se coucher sur du sec, explique Alexis. On ne peut dire que le confort maximum pour un animal c’est être dehors toute l’année, cela dépend des territoires ». Difficile donc de toujours savoir ce qui est bien ou non pour l’animal. « Dans la société, il y a une tendance à l’anthropomorphisme, rapporte Aurélia Warin. On prête aux animaux des ressentis humains. Or ils ne ressentent pas toutes les émotions humaines. Ainsi, ils ne sont pas conscients de leur mort mais éprouvent du stress par rapport aux conditions d’abattage. On confond bien-être animal et éthique ». Depuis plusieurs années, l’intérêt des éleveurs pour le bien-être animal a beaucoup progressé. Organisations professionnelles et filières ont beaucoup travaillé sur la question. Les éleveurs sont prêts à beaucoup d’efforts mais pour autant tout n’est pas possible et le bien-être animal a un coût. « On ne peut demander toujours plus à l’éleveur sans garantie de revenus à long terme », souligne Alexis Mainfroid. En face, le consommateur veut aussi des garanties. Pour Christophe Limoges, « il faut être transparent, accueillir des visiteurs, expliquer nos pratiques. Bien souvent les médias ne viennent dans nos fermes que pour chercher le sensationnel et non pas pour voir ce que l’on fait de bien au quotidien. »

Les plus lus

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière