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Val d’Arcomie, pays du granit : une association pour faire savoir

L’association Granit et patrimoines s’emploie à faire vivre la culture de la pierre sur 
Val d’Arcomie. Une volonté de transmettre cette richesse qui imprègne ce coin de Margeride.

des blocs de pierre
Le granit est partout présent, pour la biodiversité et les hommes.
© b.parret

Entre Lozère et Cantal

La commune de Val d’Arcomie, mariage de quatre communes aux frontières du Cantal et de la Lozère, vient de rejoindre le Parc naturel régional de l’Aubrac (en savoir plus). Elle est aussi très marquée par l’influence de la Margeride. Ici affleurent de partout des chaos de granit dont l’homme, depuis des siècles, taille les blocs pour ses églises, ses fermes, ses bancs, ses croix, ses métiers à ferrer, ses murs en pierre sèche... Le caillou est tellement présent que le bois lui a laissé sa place pour clôturer par des piquets de pierre les champs et les pâturages.


Saint-Just, à l’épicentre 

 
Le granit et son camaïeu de gris, de sombre à lumineux, se laissent tailler et polir à bon gré. D’ailleurs ici, chaque paysan était tailleur de pierre, possédant au milieu de ses terres suffisamment de ressources de qualités différentes et un coin d’atelier. Le village de Saint-Just  peut être considéré comme l’épicentre de l’activité. En prêtant attention, on découvre  un peu partout quelques pierres dégrossies cachées sous la végétation. 
Gérard Brun est le dernier  de ces paysans-tailleurs de pierre. En visite dans son atelier, il garde encore le regret profond de ne pas avoir tout misé dans ce second métier plus que sur la ferme familiale. Celui qui a sculpté un totem à la “gloire des tailleurs de pierre” à l’entrée de son hameau de La Fage ne décolère pas non plus que “le pays n’utilise pas cette richesse partout présente plutôt que de l’importer du bout du monde”.  Alors, le projet mené par Granit et patrimoines de Saint-Just à Val d’Arcomie ne peut que séduire Gérard Brun. Aussi, laisse-t-il l’accès à sa carrière pour les différentes animations proposées sur le sujet. Co-présidée par Chantal Martin et Marie Anackiewicz, l’association ambitionne de mettre en lumière le travail du granit si présent dans le patrimoine local, naturel, bâti ou immatériel. 


Un patrimoine pluriel 


Pour le premier, le granit marque le paysage partout de sa présence avec les chaos de grands blocs arrondis par le temps. On peut en étudier la solidité de certains blocs comme aussi l’usure d’autres, réduits lentement à l’état de sable. Ces chaos parfois cachés dans un bosquet de pins confèrent un abri idéal pour la faune ainsi protégée des intempéries. Pour le deuxième, le patrimoine, le granit est dans chaque construction déterminant  selon la taille grossière ou plus raffinée l’époque et le niveau social des propriétaires. Pour le troisième point, le patrimoine immatériel, il est ici question des savoir-faire avec en particulier une technique du “fendage” à la main propre aux habitants du territoire. Parmi la quinzaine d’adhérents, on trouve un géologue en la personne d’ ; d'un sculpteur, Vincent Giordanengo ; d'un tailleur installé à Faverolles, Grégory Jouvente et des familles d’anciens tailleurs. 


Transmettre


L’objectif est de collecter et pour cela de “plonger” dans la mémoire collective et de faire connaître au grand public avec la mise en place d’animations . C’est l’idée de transmettre et notamment auprès des enfants des écoles de Faverolles et Loubaresse auprès desquels il a déjà été proposé de mettre la main à la pâte pour reproduire les gestes de la taille.  Peut-être cela fera-t-il naître des vocations. Sur une initiative pédagogique de Bernard Laude, les écoliers sont invités aussi bien à découvrir la biodiversité, les différents types de granit,  avec une approche transversale mêlant géologie, calcul, physique, littérature... et surtout de prendre connaissance de l’histoire de leur commune. 
 

Des idées pour faire savoir


Cela se concrétise déjà par l’écriture d’un conte, la création d’illustrations, d’une œuvre qui ornera le fronton de l’école ou encore la mise en place d’un sentier de découverte thématique. 
L’association peut compter pour son action sur le soutien actif de la commune de Val d’Arcomie, du PNR Aubrac, de l’écomusée de la Margeride et du Pays d’art et d’histoire de Saint-Flour communauté.  

Faire connaître et reconnaître

Pour sa première année d’existence, l’association Granit et patrimoines compte un programme bien chargé. Sa démarche a très vite séduit localement. 
Quatre dates sont à retenir. Pour la foire de Faverolles, le 1er mai, elle proposera la rénovation d’un mur en pierre sèche en compagnie d’un spécialiste, Cristian Omeilher (ouvert à tous). Ce chantier sera reconduit d’année en année. Alain Jacquet invitera les personnes intéressées à une découverte géologique du village. Les enfants présenteront leur travail. 
Le 30 mai, dans le cadre de “la Margeride vue par vous” à l’initiative de l’Écomusée, l’association prendra place dans la carrière de Gérard Brun à La Fage de Saint-Just pour une conférence active en présence d’un géologue, d’un naturaliste et d’un tailleur de pierre.
Le 1er août à Auriac de Faverolles, à l’occasion de la fête de la lavande, il sera proposé de fendre un bloc et de repartir avec sa réalisation. 
Le 20 septembre, pour les Journées du patrimoine, l’association relancera à Saint-Just une fête de la pierre (sept éditions dans les années 1990-2000). Il sera initié un travail collaboratif avec le public pour la création d’un monument en hommage aux tailleurs de pierre. Ce projet pourra se poursuivre lors des éditions suivantes. Une fois encore, les écoliers présenteront leur travail et leurs réalisations. Tailleurs, sculpteurs et forgerons seront invités à présenter leurs activités. 
Une randonnée sur le patrimoine, une présentation de matériels, une soirée culturelle, encore à définir, seront également au programme. 

 

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