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URCVL, les grands groupes nationaux privés se dérobent…

La reprise des producteurs collectés par l'URCVL n'est pas encore totale, même si "plus de 8 producteurs sur 10 sont casés" selon André Bonnard président de la section régionale laitière Rhône-Alpes. Lors d'une réunion le 14 décembre à Lyon, un blocage dogmatique par les grands groupes nationaux privés, Danone, Lactalis, Bongrain et 3A, n'a pas permis de trouver une solution pour le litrage restant. Ce comportement pénalise 150 à 200 producteurs. Il reste 10 jours pour trouver une solution.

Les grands groupes privés nationaux que sont Lactalis (notre photo : siège social de Lactalis), Bongrain, 3A et Danone font un «blocage idéologique».
Les grands groupes privés nationaux que sont Lactalis (notre photo : siège social de Lactalis), Bongrain, 3A et Danone font un «blocage idéologique».
© Annick Conté

Réunis à l’initiative du Préfet de région Rhône-Alpes, les acteurs de la filière laitière régionale se sont retrouvés le lundi 14 décembre à Lyon pour évoquer le démantèlement de l’URCVL programmé au 31 décembre 2009. L’un des sujets de cette réunion était de faire le point sur la reprise, par les entreprises présentes localement, des litrages jusque-là collectés par l’URCVL. Un travail de préparation conduit par le cabinet Sofra en lien avec le Criel Rhône-Alpes et la Fédération régionale laitière présidée par André Bonnard (Loire) a permis de caler l’affectation de 80% des litrages. Hélas, « le blocage dogmatique des grands groupes privés nationaux que sont Lactalis, Bongrain et Danone n’a pas permis de trouver une solution pour l’ensemble des volumes libérés », regrette André Bonnard. Cette attitude, condamnée par tous, y compris par le préfet de région « furieux » de cette dérobade des grands groupes privés nationaux, tranche avec  la volonté affichée des petites et moyennes entreprises régionales, de la coopération laitière et de la profession, qui ont tous assumé leurs responsabilités d’opérateurs économiques.

Presque tout le monde joue le jeu…

Certes l’exercice  n’est pas simple et consiste à répartir entre les entreprises 280 millions de litres collectés jusque-là par l’URCVL. Après la tenue de cette réunion, André Bonnard se félicite de l’attitude très positive des entreprises laitières de la zone du Saint Marcellin, de Leyment (Dominici), de l’Étoile du Vercors, de la laiterie du Vivarais ou des entreprises Guilloteau, Tuaire, Gérentes… qui ont pris leur part, « et parfois plus », dans la reprise des litrages libérés. L’autre motif de satisfaction est le comportement des groupes coopératifs, le Glac et la Sodiaal, qui ont accepté de prendre des volumes même s’ils conditionnent leur engagement à la signature d’un accord global impliquant tous les opérateurs. Reste une interrogation sur les volumes que pourrait reprendre la coopérative 3A Coop sur le département de la Haute-Loire. Une incertitude relative, selon André Bonnard, confiant dans la possibilité de trouver, finalement, une solution avec les dirigeants de 3A Coop. Pour l’essentiel, la suite concrète de cette fin annoncée de l’URCVL est en bonne voix. D’autant, précise André Bonnard, que toutes les entreprises se sont engagées à payer aux producteurs leur lait « au prix Criel ».

Il ne reste plus que 10 jours…

En revanche, la partie n’est pas gagnée  avec les grands groupes nationaux privés qui font « un blocage idéologique. Une attitude incompréhensible au regard du poids très faible que représentent les volumes qu’ils devraient reprendre sur la zone URCVL », s’étonne André Bonnard. Ce comportement pénalise entre 150 et 200 producteurs et marque surtout l’incapacité de tous les acteurs de la filière laitière régionale à gérer, dans un esprit de responsabilité, une question qui concerne tout le monde. C’est d’autant plus regrettable que les pouvoirs publics régionaux, le Préfet comme le Conseil régional Rhône-Alpes, se sont engagés sans réserve, y compris financièrement, pour trouver une solution à cette situation. Il ne reste plus qu’une dizaine de jours maintenant pour retrouver le chemin de la raison et présenter un plan global ne laissant, au 1er janvier 2010, aucun des 1 600 producteurs de l’URCVL, sans destination locale de son lait.

Laurent Wauquiez :

"Je ne laisserai pas la Haute-Loire être sacrifiée dans ces négociations"

«C’est un dossier que je suis comme le lait sur le feu…» lance Laurent Wauquiez le Ministre altiligérien en charge de l’emploi, qui travaille depuis plus d’un mois sur le dossier avec les responsables agricoles du département, notamment Laurent Duplomb pour la Chambre d’Agriculture et les présidents de la FDSEA et des JA, et Gérard Roche président du Conseil Général.
Suite à la réunion de lundi dernier à Lyon et à de multiples contacts avec le Préfet de la région Rhône-Alpes Jacques Giroux et le Cabinet du Ministre de l’Agriculture, Laurent Wauquiez affirme : «Il serait inacceptable qu’en rapport au litrage considérable collecté par Lactalis, Danone, 3A… ces grands groupes ne fassent pas un geste… Il faut qu’ils comprennent l’inquiétude et le désarroi des agriculteurs».
Et d’ajouter : «Je ne laisserai pas la Haute-Loire (NDLR : le département le plus concerné) être sacrifiée dans ces négociations. Le Préfet de Région et le Ministère de l’Agriculture sont sur la même ligne».
Le Ministre explique alors qu’il y a 4 points de tensions qui sont : Lactalis, 3A, Danone et Bongrain. «Nous allons les prendre les uns après les autres, pour faire sauter les obstacles».
Au vu des dernières informations, on note des signes encourageants avec 3A et Danone. Néanmoins, Laurent Wauquiez précise : «tant que ce n’est pas signé, ce n’est pas résolu». Et quand on lui demande s’il est plutôt optimiste quant à l’issue des négociations, sachant qu’on a 10 jours pour trouver une solution, il répond : «ni optimiste, ni pessimiste, je suis déterminé». Et de conclure par un message en direction des producteurs «je ne vous laisserai pas tomber»
À la demande de Laurent Wauquiez, deux ingénieurs, Jean Yves Dupré et André Nil travaillent également sur ce dossier. Détachés par le Ministère de l’Agriculture, ces deux professionnels vont, après la clôture de ce dossier, enclencher un travail de fond sur l’agriculture en Haute-Loire ; travail en collaboration étroite avec les organisations professionnelles départementales, destiné à réfléchir en amont.
Propos recueillis par Suzanne Marion

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