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«Une première reconquête des producteurs de lait»

Réaction de David Chauve, président de la FDPL du Puy-de-Dôme.

David Chauve, président de la FDPL du Puy-de-Dôme.
David Chauve, président de la FDPL du Puy-de-Dôme.
© Auvergne Agricole

Quelle réaction vous évoque l'accord à 275€ entre Lactalis et les organisations de producteurs ?

Cet accord est à la fois une surprise et une satisfaction. Qui aurait imaginé que Lactalis reviendrait si vite à la table des négociations après le second échec de dimanche ? Rien ne laissait présager qu'il céderait sur le prix du lait à ce niveau-là : près de 10€/1000L de plus qu'annoncé sur l'année.

La détermination du réseau FNSEA / JA a payé. Nous avons obtenu une remontée du prix du lait à 300 € en décembre, alors que, sous la barre des 260€, la tendance était à la baisse sans perspective d'inversion de la tendance. Au-delà du prix qui, soyons honnêtes, n'est pas suffisant, c'est une victoire qui prouve que le syndicalisme reste le réseau le plus structuré et réactif pour mettre des actions en place sur tout le territoire et jouer pleinement son rôle aux côtés des OP. Cette complémentarité doit éviter l'isolement des producteurs tant souhaité par les entreprises, et bâtir un solide socle pour faire en sorte que la place des producteurs soit celle qu'ils méritent au sein d'une filière qui doit en urgence se remettre en question...

C'est aussi un signal que les rapports de force entre les entreprises et les producteurs peuvent changer. Quoi qu'il en soit, ces rapports conflictuels permanents ne sont pas durables et sont un non-sens.

 

Pourtant nombre de producteurs se montrent insatisfaits de cet accord. Pourquoi ?

L'accord en lui-même n'est pas satisfaisant. Comment se satisfaire d'un prix qui ne couvre pas les coûts de production ? Mais il faut être lucide et replacer cet accord dans un contexte général.

Faire plier Lactalis à 275€ / 1000L est une première étape vers une amélioration de la situation des producteurs. Ce n'est pas une fin en soi. C'est une avancée d'autant plus significative que le contexte est très dégradé en Europe et que le prix du lait en France est supérieur de 30 à 50 €/t à celui pratiqué dans d'autres pays européens.

 

Des actions se poursuivent à l'encontre de Lactalis dans la région. Pourquoi ?

Sur notre région, le prix du lait a une composante liée à la transformation en AOP. Depuis 2015, le prix du lait valorisé en AOP doit être déterminé en fonction de la valorisation des fromages AOP. Lactalis est le seul opérateur à ne pas s'inscrire pleinement dans cette dynamique, mettant ainsi en péril toute la filière auvergnate.

L'accord obtenu la semaine dernière ne concerne que le lait conventionnel, les actions régionales qui se poursuivent visent le respect des accords concernant les AOP. Des rencontres sont prévues dans les prochains jours au sujet du prix différencié des AOP.

 

Stéphane Le Foll a annoncé une aide complémentaire à l'aide européenne pour les producteurs qui limiteront leur production de lait sur le 4ème trimestre. Qu'en pensez-vous ?

C'est un début de solution concrète pour maîtriser la surproduction européenne et compenser en partie les pertes subies par les producteurs. Mais je suis interrogatif sur l'efficacité et les moyens mis en œuvre pour ces mesures européennes et françaises : le montant est-il suffisant pour contrer une dynamique de production crois- sante ? Applicable sur un trimestre, ces mesures permettront- elles de rééquilibrer le marché ?

À l'échelle européenne, la mesure ne sera efficace que si les pays à l'origine de la surproduction jouent le jeu et acceptent de maîtriser leur production.

Je demande à voir...

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