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Une mobilisation dans la moyenne des dernières décennies

Après le sursaut de la participation en 2005, celle-ci est revenue dans les standards des précédents scrutins tout en restant élevée pour des élections professionnelles.

Dépouillement électronique des bulletins de vote (photo archives).
Dépouillement électronique des bulletins de vote (photo archives).
© DR

Le scrutin de 2005 avait été une très bonne surprise. Malgré l'instauration du vote par correspondance, une première pour des élections professionnelles dans le monde agricole, 15 268 des 28 662 électeurs cantaliens (soit 53,27 % d'entre eux) ressortissants de la MSA (Mutualité sociale agricole) avaient alors retourné leur bulletin de vote, faisant grimper de dix points le taux de participation par rapport aux précédentes élections de 1999. En ce début 2010, la mobilisation n'a pas connu pareil sursaut. Dans le département, elle est en effet en repli, tout collège confondu, et s'établit à 40 % (soit trois points de moins qu'en 1999 et
quatre de moins que la moyenne régionale). Et, si comme lors des précédents scrutins le collège employeurs (collège 3) est celui à s'être le plus exprimé (53 % de participation), moins d'un électeur exploitant sur deux a lui voté (43 %, soit 13,59 points de moins qu'en 2005). Quant aux salariés (second collège), 2 336 d'entre eux ont voté, c'est-à-dire 34 % (dix points de moins par rapport à janvier 2005).

Le monde agricole attaché à son régime
Un repli que temporise Albert Chandon, président du comité départemental de la MSA : "On s'y attendait un petit peu. Personnellement, je craignais même pire, réagit celui qui est aussi membre du bureau de la MSA Auvergne. On passe au final largement les 40 % de participation si on enlève les cantons où aucune liste n'a été déposée pour le troisième collège". Pas question donc de parler de démobilisation des ressortissants de la MSA : "Si on compare aux autres élections professionnelles, on est très nettement en dessus, on pourrait même dire que c'est pour nous une excellente participation", assure Albert Chandon. De fait, comme le rappelait jeudi Gérard Pelhate, président national de la MSA, les élections prud'homales ne mobilisent en général guère plus d'un quart des électeurs et les membres des caisses de retraite sont souvent élus par 20 % des inscrits. Alors, si le Cantal ne fait pas figure d'exception dans le paysage hexagonal qui voit, après le record de 2005 (50 %), le taux de participation renouer avec la moyenne des élections MSA depuis 50 ans, d'où vient ce repli ? "On n'a peut-être pas fait suffisamment de battage", avance A. Chandon, faisant aussi référence à la forte communication qui avait accompagné le passage au vote par correspondance il y a cinq ans. Autre phénomène qui pourrait avoir joué : l'envoi précoce du matériel électoral, peu avant Noël, qui fait selon lui que "certains ont attendu et finalement oublié de voter". Quant à l'hypothèse d'un effet crise agricole et notamment laitière, le président du comité départemental ne l'exclue pas, même si "la MSA a mis en place des facilités de paiement pour les cotisations". Qui plus est des cantons laitiers, dont celui de Maurs, ont bien voté. Du côté de la caisse centrale, Gérard Pelhate évoque lui "un certain désenchantement à l'égard des avancées sociales, d'une manière générale en France comme en agriculture en particulier. En 2005, les assurances "accident des exploitants" venaient ainsi d'être mises en place ; peu avant, la retraite complémentaire obligatoire avait été fortement augmentée. "Aujourd'hui, explique G. Pelhate, on est loin de ces avancées décidées par le pouvoir politique". Un pouvoir public qui, pour Albert Chandon, ne peut que constater aujourd'hui, que le monde agricole reste attaché à son régime de protection sociale et à son régime de retraite par répartition. Avenir du régime agricole, montants des retraites mais aussi revenus des agriculteurs constitueront à l'évidence les priorités des nouveaux élus. Au niveau régional, une assemblée générale réunira le 17 mars les élus des quatre départements qui désigneront à leur tour les 36 membres du conseils d'administration de la caisse Auvergne (neuf par département).
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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