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La fièvre Q revient en force dans nos élevages

Les analyses réalisées en Haute-Loire mettent en évidence une augmentation du nombre d’élevages positifs, aussi bien en petits ruminants (ovins, caprins) qu’en bovins. Depuis 2 ans, c’est la première cause infectieuse mise en évidence lors de kits GDS 43 avortements répétés.

La voie principale de contamination est par inhalation. Les tiques peuvent également être vecteur.
La voie principale de contamination est par inhalation. Les tiques peuvent également être vecteur.
© HLP

Qu’est-ce que la fièvre Q ?

Souvent silencieuse, la fièvre Q peut pourtant entraîner des conséquences importantes sur la reproduction, la rentabilité des ateliers et la santé humaine.

La fièvre Q est une maladie infectieuse causée par la bactérie Coxiella burnetii, très résistante dans l’environnement (poussières, litières, bâtiments). Très contagieuse, elle se transmet surtout par voie aérienne. Les ruminants domestiques (bovins, ovins, caprins) sont le principal réservoir. La fièvre Q est également une zoonose, c’est-à-dire transmissible à l’homme.

Comment la bactérie circule-t-elle en élevage ?

La contamination survient principalement lors des périodes de reproduction : mises-bas, avortements, écoulements utérins, placentas et avortons. La bactérie est excrétée en grande quantité dans ces produits, mais aussi dans les fèces, les urines et le lait.

Dans l’environnement, Coxiella burnetii peut se retrouver dans les poussières, être transportée par l’air, et contaminer d’autres animaux ou bâtiments. La voie principale de contamination est donc l’inhalation. Les tiques peuvent également jouer un rôle de vecteur.

Des signes cliniques souvent discrets

Dans la majorité des cas, aucun signe n’est visible. La fièvre Q est souvent asymptomatique, ce qui explique qu’un troupeau puisse être infecté et excréteur sans que l’éleveur ne constate de problème évident.

Troubles de la reproduction

Lorsqu’elle se manifeste cliniquement, la fièvre Q touche surtout la reproduction : avortements, souvent en fin de gestation, naissances prématurées, mort-nés ou jeunes chétifs, rétentions placentaires, métrites, baisse de fertilité, retours en chaleurs, allongement des intervalles mise-bas – mise-bas.

Ces signes ne sont pas spécifiques, ce qui complique le diagnostic sans analyses.

Différences selon les espèces

Ovins et caprins : expression plus brutale, avec vagues d’avortements groupés, excrétion bactérienne élevée lors des mises-bas.
Bovins : expression plus insidieuse, avec avortements isolés ou répétés, impact sur la fertilité globale, excrétion possible sur de longues périodes, notamment dans le lait.

Impact zootechnique et économique

Même sans avortements massifs, la fièvre Q peut provoquer une baisse des performances de reproduction, une désorganisation des vêlages ou mises-bas, des pertes de production laitière, une augmentation des réformes, et des coûts vétérinaires et d’analyses supplémentaires.

Ces pertes sont souvent diffuses et progressives, rendant le lien avec la maladie difficile sans diagnostic.

Que faire en cas de suspicion ?

La fièvre Q doit être envisagée en cas d’avortements répétés, même peu nombreux, lors de problèmes persistants de fertilité, ou quand les causes habituelles ont été écartées.

Mesures immédiates : isoler les femelles qui avortent ou mettent bas, éliminer rapidement placentas et avortons via la filière réglementaire, renforcer l’hygiène des bâtiments, limiter l’accès aux personnes à risque, porter des équipements de protection (gants, masques).

La fièvre Q est soumise à déclaration et surveillance obligatoire dans l’Union européenne depuis 2021.

Le dépistage : une approche collective avec le GDS

Outils de diagnostic : PCR sur placenta ou avorton en cas d’avortement (kit avortements répétés GDS43), PCR sur pédichifonnettes environnementales, PCR sur lait de tank, ou sérologies sur un échantillon représentatif.

Ces analyses permettent d’évaluer la circulation de la bactérie et de classer le risque (absence, circulation ancienne ou active).

Attention : les excrétions bactériennes vaginales et laitières ne sont pas toujours concomitantes, donc plusieurs types de prélèvements sont recommandés.

La vaccination : un levier majeur de maîtrise

Un vaccin existe pour les bovins, ovins et caprins, avec pour objectifs de réduire l’excrétion de la bactérie, limiter les avortements, diminuer le risque pour l’homme, et assainir progressivement les élevages infectés.

Principes généraux : deux injections initiales, de préférence avant la mise à la reproduction, rappels pluriannuels pour laisser le temps du renouvellement du troupeau, et intégration dans un plan global (hygiène, gestion des mises-bas, conduite d’élevage, boost immunité).

La vaccination ne guérit pas l’animal porteur, mais reste l’outil le plus efficace pour réduire durablement la pression infectieuse, à condition que l’animal soit en bonne santé et bien alimenté.

 

 

 

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