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Chambre d’Agriculture
Une filière créée en 1989 pour diversifier les sources de revenu des exploitations

Michel Ramousse, président de la coopérative des Veaux des Monts du Velay-Forez, retrace l’histoire de cette filière issue du syndicalisme majoritaire.

L’histoire de la production des Veaux des Monts du Velay-Forez démarre en 1989 en Haute-Loire.
L’un des initiateurs de cette filière, Michel Ramousse, l’actuel président de la coopérative et de l’association promotion production des Veaux des Monts du Velay-Forez se souvient : «Cette année-là, la FNSEA avait lancé «un projet par canton», un programme national visant à dynamiser l’agriculture. En Haute-Loire, les quotas laitiers instaurés à partir de 1984,  bloquaient le développement de la production laitière dans les exploitations, la FDSEA-JA, réunie au sein de la Chambre d’Agriculture, a donc réfléchi à la mise en place d’une filière qui permettrait de développer le revenu des agriculteurs. Le choix s’est porté sur l’élevage de veaux de boucherie».

Un projet : relancer la production de veaux de boucherie
Or, le veau de boucherie était loin d’être un célèbre inconnu sur les terres altiligériennes puisque dans les années 1960, la Haute-Loire était le premier département français en matière de production de veaux de boucherie avec 80 000 têtes produites chaque année.
«Mon père faisait des veaux de boucherie et les débouchés étaient plutôt satisfaisants. Alors pourquoi ne pas relancer cette production ?», c’est dans cet état d’esprit que la FDSEA-JA a proposé ce projet auprès de la FNSEA à l’occasion d’un salon international de l’agriculture à Paris ; dans le même temps, les statuts de l’association pour la promotion et la production du Veau des Monts du Velay-Forez et de la marque «Veaux des Monts du Velay-Forez» ont été déposés en préfecture de Haute-Loire.
Deux responsables syndicaux ont plus spécifiquement pris en charge ce dossier : Michel Peyrard et Michel Ramousse, à l’époque respectivement délégué cantonal FDSEA de St Romain-Lachalm, délégué cantonal FDSEA de Craponne et tous deux vice-présidents de la FDSEA.
La FDSEA-JA et la Chambre d’Agriculture ont donc travaillé sur l’organisation de cette nouvelle filière. «Nous avons rédigé un cahier des charges autour d’un veau nourri uniquement au lait entier ; un point important pour se démarquer des autres productions de veaux, notamment industriels.

Organiser la commercialisation
Au départ, nos veaux étaient vendus sur le marché de Saint-Didier-en-Velay. Mais on s’est vite aperçus que la vente ne se déroulait pas de manière idéale. Le prix de certains veaux n’était pas satisfaisant. Nous avons alors eu l’idée d’organiser la commercialisation. Nous avons pour cela contacté les coopératives de notre département pour leur proposer d’assurer la commercialisation des veaux. Suite à leur refus, nous avons créé un GIE commercial en 1992 qui se transformera en 2002 en coopérative».

Un Label Rouge pour se démarquer
Du côté des producteurs, si la filière a démarré avec des éleveurs dotés de petits quotas (moins de 100 000 l), elle rassemble aujourd’hui deux catégories d’éleveurs : des producteurs de lait au quota conséquent et des éleveurs allaitants qui ont opté pour le veau au lieu du broutard. C’est au sein de cette deuxième catégorie d’éleveurs que l’on trouve le plus de producteurs spécialisés dans les  Veaux des Monts du Velay-Forez.
En 1994, la production gagne les départements voisins avec l’adhésion de nouveaux éleveurs émanant de la Loire, du Rhône et, dans une moindre mesure, du Puy-de-Dôme, du Cantal et de l’Ardèche.


Diversifier les sources de revenu
Pour Michel Ramousse, cette filière présente de solides atouts: «elle permet aux agriculteurs de notre département de diversifier leurs sources de revenu. Mieux vaut ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier ! Les veaux permettent aussi de trier le lait et de réserver celui sans cellules à la laiterie».
«En ce moment, nous sommes un peu inquiets pour l’avenir de notre filière ; nous manquons de veaux et nous avons du mal à répondre à la demande. Avec la fin des quotas laitiers, certains éleveurs seront sans doute tenter de produire davantage de lait au dépend des veaux mais je les mets en garde, car le prix du lait va fluctuer. Il y a beaucoup d’incertitude autour du prix du lait. Et si le prix du lait baisse, il va bien falloir trouver de la rentabilité ailleurs, auprès d’une autre production !» indique Michel Ramousse.

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