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Une cagnotte participative pour soutenir les projets de Sorbet des Cévennes

Nathalie Maltaverne et Alexandre Leuzy, qui produisent les glaces sous l’appelation « Sorbet des Cévennes », lancent une cagnotte participative sur la plateforme Miimosa, pour aider à financer l’achat de nouvelles machines alors qu’ils déménagent de la ferme du Rivet au lieu-dit la Falguières, toujours sur la commune de Gabriac.

Nathalie Maltaverne en pleine campagne de financement participatif, garde le sourire
Nathalie Maltaverne en pleine campagne de financement participatif, garde le sourire
© Marion Ghibaudo

Pour goûter les délicieuses glaces au lait de brebis des producteurs fermiers « Sorbet des Cévennes », il faut d’abord savoir où les trouver en Cévennes. Implantés à Gabriac, près de Sainte-Croix-Vallée-Française, Nathalie Maltaverne et son compagnon Alexandre Leuzy fabriquent des glaces depuis 2015 à la ferme du Rivet. Une belle ferme, à l’histoire longue, et aux nombreux escaliers qui compliquent le travail quotidien : si l’atelier de fabrication de 25 mètres carrés se trouve à un étage, l’espace de réfrigération se trouve en dessous, obligeant les deux producteurs à de nombreux allers-retours quotidiens.
En 2015, lors de leur arrivée à la ferme du Rivet, Alexandre Leuzy et Nathalie Maltaverne ont aménagé leur atelier de glacier et développé toute une gamme de culture de petits fruits : fraises, framboises, groseilles, mûres, cassis, pommes et l’emblématique châtaigne. Petits fruits qu’ils utilisent bien évidemment dans leurs produits.
Au fil des ans et des succès rencontrés par leurs produits, le duo d’agriculteurs a développé sa gamme en ajoutant jus de fruits, gelées, pâtes de fruits et plus récemment des biscuits salés et sucrés à base de farine de châtaigne, ainsi que des confiseries, à leurs glaces au lait de brebis et sorbets. Le tout en bio parce que les valeurs portées par le label leur correspondent bien. « Au départ, nous avions même un petit troupeau de brebis, de 2017 à 2021, de race Lacaune », détaille Nathalie Maltaverne. En 2021, ils changent leur fusil d’épaule, revendent leur troupeau et décident de collaborer avec un agriculteur local pour la fourniture du lait, base de leurs glaces. « Nous vendons beaucoup nos produits dans le Gard et un peu à Florac, sur les marchés et les festivals l’été, note Nathalie Maltaverne. Pour limiter notre empreinte carbone, nous avons fait le choix d’une vente en circuit court dans un périmètre de moins de 100 km autour de la ferme ».

Un déménagement sous contraintes
En 2021, le couple prend la décision de déménager ses locaux et ses pénates dans une autre ferme, située à quelques kilomètres du Rivet : à la Falguière, où ils achètent une ancienne magnanerie. Un espace de plain-pied, et un seul bâtiment pour transformer et stocker les produits. Le rêve alors que leur petite entreprise d’agroalimentaire continue sa croissance. Tout, cependant, reste à faire sur le nouveau site, dont la construction du bâtiment, à la surface prévue de 110 mètres carrés, qui abritera les nombreuses douceurs de la ferme, qui prend le nom de « Pas du loup ». Le logo, pour sa part, restera le même.
« Notre banque nous fait confiance, tout allait bien sur notre chiffre d’affaires, donc on était plutôt sûrs de nous », confie Nathalie Maltaverne. Pour accompagner ce projet, dont le coût total s’élève à près de 100 000 euros, l’agricultrice se tourne vers la Région Occitanie, pour une demande d’aide classique sous étiquette PCAE. Montant possible de la subvention : 40 000 euros. Un coup de pouce qui n’aurait pas été négligeable. Mais « la demande a été refusée. On nous a indiqué que l’enveloppe prévue pour tous les dossiers en Occitanie était insuffisante et que nous faisions malheureusement partie des douze dossiers de la région qui n’auraient rien ». Une réponse en forme de coup de massue pour Nathalie Maltaverne et Alexandre Leuzy, alors que les travaux étaient déjà entamés à la Falguière. Le bâtiment étant, en grande partie, en auto-construction.
« Quand on a eu la nouvelle, on s’est posé la question : allait-on tout arrêter ? Ça nous a vraiment touchés », grimace l’agricultrice, fille d’éleveurs de charolais dans le Bourguignon. Pour la Région, « le dispositif demandé d’aide fonctionne sous forme d’appel à projets avec une enveloppe budgétaire fermée. Chaque dossier éligible est noté en fonction de critères prioritaires (JA, BIO, SIQO, zone de montagne, innovation…) définis dans une grille de sélection. Les dossiers les mieux notés sont accompagnés prioritairement jusqu’à épuisement de l’enveloppe budgétaire. En 2022, la Région a reçu plus de demandes d’aide que d’enveloppe budgétaire disponible amenant à une sélection des dossiers selon la note obtenue dans la grille de sélection. Malheureusement, la note obtenue pour le dossier de Mme Maltaverne n’a pas permis d’accompagner ce projet ».
Après avoir digéré l’annonce, le duo décide finalement de se battre et continuer l’aventure, « même si tout prend plus de temps ». Et que le temps, justement, commence à presser : leur bail de neuf ans qui s’était terminé en 2023, moment prévu pour le déménagement a dû être renouvelé. Cependant, en 2025, ils doivent avoir définitivement quitté le Rivet pour laisser place aux futurs locataires.

Un financement participatif pour terminer le projet
« En 2023, nous avons fait une bonne année, donc on a puisé dans notre trésorerie pour avancer les travaux », détaille Nathalie Maltaverne. Mais cela ne suffit pas à boucler le budget. C’est pourquoi le couple a décidé de se tourner vers une plateforme de financement participatif pour les aider à mener leur projet à bien. C’est la plateforme Miimosa qui héberge donc leur demande, une plateforme qui se spécialise dans les projets dédiés à la transition agricole et alimentaire.
Objectif à atteindre : 25 000 euros d’ici la fin du mois de mai. Au 20 mai, ils ont déjà récolté plus de 5 000 euros, atteignant ainsi 56 % de leur premier palier, fixé à 10 000 euros. « Si nous réussissons à aller jusqu’à 6 000 euros de dons d’ici fin mai, cela sécurisera la somme ». Sinon, tout sera rendu aux 61 contributeurs qui ont déjà spontanément répondu présent. « Avec 10 000 euros, nous pourrons finaliser l’aménagement intérieur du laboratoire, l’installation électrique et sanitaire, le revêtement du sol et les menuiseries », explique Nathalie Maltaverne. Si le second palier, fixé à 15 000 euros, est atteint, alors cela permettra aux producteurs d’acquérir un nouveau groupe frigorifique performant, afin d’équiper la chambre de congélation. Un matériel indispensable pour stocker glaces et sorbets. Au troisième palier, fixé à 20 000 euros, c’est l’acquisition d’un « pasteurisateur de glacier grande capacité », qui pourra être envisagée. Au quatrième palier, c’est un nouveau maturateur plus performant et de plus grande capacité, ainsi qu’une cuve de refroidissement des mélanges à glacer, essentiels dans le processus de fabrication qui trouveront leur place dans le nouveau bâtiment.

Des projets plein la tête
« Les yeux des enfants qui pétillent devant une glace, c’est magique », s’amuse Nathalie Maltaverne, qui avoue être gourmande. C’est d’ailleurs de sa curiosité pour les saveurs et les tester en cuisine que lui est venue son envie de se lancer dans la fabrication de glaces. « Je suis aussi inspirée par mes deux enfants », note l’intéressée qui « aime la cuisine depuis toute petite ». « Pour moi, le bien manger et les circuits courts sont essentiels, et c’est ce que je veux transmettre dans mes produits ». Et ne lui parlez surtout pas de lait de vache pour fabriquer des glaces : « le lait de brebis est le plus logique pour des glaces, car il contient déjà toutes les matières grasses nécessaires. Et c’est bien meilleur », sourit-elle.
Et si leur installation prend plus de temps que prévu, cela ne l’empêche pas de prévoir déjà la suite en étoffant sa gamme, avec notamment des sablés salés à la farine de châtaigne et au pélardon. Et d’autres saveurs de glaces et sorbets.
« On a aussi mis en place des esquimaux aux fruits fermiers, par exemple. Ce qui a été le plus compliqué a été l’emballage, mais on a trouvé une solution ! », rapporte l’agricultrice, sourire facile aux lèvres.
Le seul moment où elle le perd, c’est quand elle évoque cette fameuse subvention qui ne leur a pas été accordée. « On s’est vraiment sentis délaissés sur le coup. Même si on sait que le maire de Gabriac nous soutient. Et que la présidente de la chambre d’agriculture est montée au créneau pour nous défendre ». Depuis, le couple n’a pas osé poser d’autres demandes de subventions, par peur du rejet une nouvelle fois, et préférant se débrouiller autrement. Le maire de Gabriac a par ailleurs laissé entendre qu’il réfléchissait au soutien financier possible que la commune pourrait apporter au projet, même si, pour l’instant, « rien n’a encore été décidé en conseil municipal ». Jean-Max André, lui-même ancien agriculteur, se bat depuis son premier mandat pour l’installation de jeunes agriculteurs sur sa commune. « Pour preuve, nous avons encore huit agriculteurs ici », note-t-il avec satisfaction.
Quant à Nathalie Maltaverne, elle espère une chose : « réussir à terminer la construction au plus vite et commencer dès la saison prochaine dans notre nouvel atelier ». 

 

En pratique

Pour soutenir le projet, c’est ici : https://miimosa.com/projects/les-paysans-glaciers-des-cevennes-comptent….
 

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