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Une aide d’urgence pour les éleveurs les plus en difficulté

Mardi 9 mars 2021, la Session de la Chambre d’agriculture de la Creuse s’est déroulée à Guéret en présence de Virginie Darfeuille, Préfète du département.

© CDA 23

La visite en Creuse de Jean Castex, Premier Ministre, accompagné par Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, le 6 mars dernier fut le premier sujet abordé par les membres de l’institution. Pascal Lerousseau, président de la Chambre d’agriculture de la Creuse, a ainsi salué l’annonce faite par le Ministre concernant l’enveloppe de 60 millions d’euros à destination des éleveurs les plus en difficulté. Si le Président s’est dit satisfait et attentif quant à la mise en œuvre de cette aide conjoncturelle qui devrait apporter « une bouffée d’oxygène pour les éleveurs », il a toutefois rappelé l’urgence d’accompagner ces derniers, via « des aides structurelles pour remettre des perspectives au sein des exploitations ». Profitant de la présence de la Préfète, il l’a interpellée une nouvelle fois à propos de la Loi EGALIM qui reste un échec à ce jour. En effet, les coûts de productions des éleveurs ne sont toujours pas pris en compte dans la construction des prix de vente et cette situation ne leur permet pas d’obtenir une juste rémunération. Pour le président, les amendes infligées aux acteurs de la GMS qui ne respectent pas la loi « ne sont pas assez dissuasives » et il attend « des sanctions plus lourdes de la part de l’État ».

Des débats sur la PAC en Creuse qui font consensus au-delà des appartenances syndicales
Constatant que ce n’est malheureusement toujours pas le prix qui fait le revenu en élevage, le président a ensuite abordé le sujet des aides de la PAC qui semblent donc plus que jamais nécessaires à ce secteur. Au regard des négociations actuelles qui visent à déterminer les nouvelles règles post 2020, les élus rappellent l’importance pour l’élevage de garder des montants d’aides au moins équivalents à ce qui se pratique aujourd’hui ainsi que de conserver les systèmes d’aides couplées à la production pour assurer l’autonomie alimentaire du pays. Concernant les diverses propositions que l’institution a fait remonter au niveau national sur le sujet de la PAC, il est à noter que celles-ci sont issues de sa Commission Économique. Cette Commission est ouverte à l’ensemble des membres élus. Elle est composée de professionnels d’appartenances syndicales diverses semblant, sur ce dossier, être totalement en accord sur les positions à défendre.

Plan de relance de l’agriculture : une meilleure gestion de l’accessibilité des aides attendue
Après les aides européennes, ce sont celles du niveau national qui ont été abordées avec « le Plan de relance » du Gouvernement. Si chacun s’est accordé à dire que les subventions fléchées pour le secteur étaient les bienvenues, leur accessibilité est largement décriée par la profession, les qualifiant de « course à l’échalote ». Le plan protéines, par exemple, a connu de nombreux écueils, tant sur sa dotation largement insuffisante, que sur les conditions d’accès à la demande d’aide qui se sont révélées totalement inéquitables entre les territoires. Ainsi, les départements les mieux dotés en couverture numérique ont pu déposer beaucoup plus de dossiers que d’autres zones géographiques, comme la Creuse, encore très mal desservies. Sur ce sujet, Virginie Darfeuille, s’est voulue rassurante en annonçant un abondement de l’enveloppe initiale et une réouverture prochaine des guichets s’appuyant sur un meilleur calibrage de son accessibilité.

Effacement des étangs en Creuse : doctrine ou méthode ?
Entre autres sujets abordés au cours de cette Session, les divergences de points de vue entre l’administration et les professionnels agricoles sur le dossier de l’eau ont encore suscité de nombreux échanges. Les élus, quelque peu remontés, ont notamment fait part de leurs doléances à la Préfète concernant des agents de l’administration qui conseilleraient systématiquement « l’effacement des étangs » plutôt que « leur mise aux normes ». Face aux coûts engendrés, il est effectivement souvent plus intéressant financièrement de renoncer à la mise aux normes mais dans le cadre des sécheresses successives et de leurs répercussions sur l’élevage, cette position est incompréhensive aux yeux des professionnels. Pascal Lerousseau demande donc qu’une réunion sur ce sujet soit mise en place avec les services de l’État pour éviter les conseils arbitraires s’appuyant sur des opinions personnelles plutôt que sur une réelle analyse objective de la situation.

Le Président de la Chambre Régionale d’agriculture, invité d’honneur de la Session
C’est également en présence de Luc Servant, président de la Chambre Régionale d’agriculture de la Nouvelle-Aquitaine, que se sont déroulés les traditionnels débats de la Session. Celui-ci en a profité pour souligner l’importance grandissante du Conseil Régional sur le plan économique et la nécessité pour la profession de « bien s’organiser au  niveau régional, tout en respectant bien sûr les différences entre  les territoires ». Il a ensuite précisé : « Sur une échelle aussi grande que celle de la Nouvelle-Aquitaine, il est important de continuer à œuvrer ensemble pour être force de proposition et être reconnus par le Conseil Régional qui a ses propres exigences et souvent une vision environnementaliste très forte ». Concernant le fonctionnement des Chambres départementales d’agriculture, dont les dotations en baisse constante engendrent souvent des difficultés financières, il a souligné l’intérêt de « diversifier l’offre de service proposée par celles-ci et, grâce aux diverses compétences présentes au sein des Chambres d’agriculture, de s’orienter vers de nouvelles prestations à destination des collectivités, EPCI,… »

Le Conseil Départemental œuvre pour l’installation d’une école vétérinaire en Creuse
Nicolas Simonnet, vice-président en charge de l’agriculture au Conseil Départemental de la Creuse, a tout d’abord souligné la saine gestion financière de la Chambre d’Agriculture lors de la présentation de ses comptes, quasi à l’équilibre, pour l’exercice 2020.
Il a également assuré les élus de la poursuite de l’accompagnement financier du Conseil Départemental sur les actions menées par la Chambre d’agriculture, notamment celles ayant trait à l’adaptation des exploitations Creusoises face au changement climatique. Nicolas Simmonet a profité également de son temps de parole pour informer l’assemblée qu’un dossier portant sur l’installation d’une école vétérinaire sur la zone géographique de l’ancien Limousin était en train de se négocier au plan régional.
Il a annoncé que la Creuse s’était positionnée sur ce dossier et espérait être retenue. Il a ensuite rajouté que Valérie Simonet, présidente du Département y voyait là « une réelle opportunité pour le maintien de l’agriculture en Creuse car celle-ci souffre souvent du manque de vétérinaires en zone rurale alors que leur présence est pourtant indispensable à l’exercice du métier d’éleveur ».

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