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De Ferme en Ferme
Un week-end de rencontres et d’échanges, apprécié des agriculteurs et de leurs visiteurs

Contre vents et marées, l’opération De Ferme en Ferme a bien eu lieu ce week-end en Haute-Loire. Moins nombreux, les visiteurs ont néanmoins pu discuter avec les agriculteurs, approcher les animaux et déguster et acheter de bons produits.

 

Un rendez-vous inscrit dans le marbre… Un changement de date d’avril à septembre pour cause de confinement, des conditions rendues difficiles par le protocole sanitaire en place en raison de la Covid-19, et comme si ce n’était pas suffisamment, une météo froide et pluvieuse… et pourtant, des centaines de personnes se sont rendues ce week-end dans les fermes de Haute-Loire ouvertes au public à l’occasion de l’opération De Ferme en Ferme.
Laurence Gory de la Chambre départementale d’Agriculture s’étant rendue sur plusieurs exploitations, dresse un bilan plutôt positif de ce week-end. Certes, le public a été moins nombreux que les années précédentes, mais il a quand même répondu présent. Difficile de donner des chiffres : -50% pour certains, -30% pour d’autres… Peu importe. Ce qu’il faut retenir, c’est que cette opération de communication reste une réussite.


Des agriculteurs accueillants et disponibles
Réussite pour les exploitants qui prennent du temps pour préparer leur exploitation avant les visites, pour proposer des animations, pour bien accueillir leurs hôtes… On notera des efforts sur la décoration, sur les fiches ou panneaux de renseignements, sur l’accueil. Comme à la ferme du Gaec Salers et Bol d’Air à Mazalibrand sur la commune du Mazet où nous nous sommes rendus.
Dès la porte de la stabulation franchie, on était accueilli avec le sourire par 2 jeunes garçons, les enfants de Nicolas et Lise Russier associés du Gaec. Avec  bienveillance, ils nous invitent à renseigner une fiche et à respecter les gestes barrières en vigueur, avant de nous proposer une visite guidée de l’exploitation. Comme dans toutes les fermes ouvertes, c’est toute la famille, voire les amis, et même comme ici l’apprenti, qui sont “réquisitionnés“ pour recevoir et accompagner le public. Nicolas Russier présente son exploitation avec simplicité : 80 vaches allaitantes de race Salers choisie pour ses qualité maternelles, ses capacités à vêler facilement et pour son aspect esthétique ; 160 ha dont 12 ha de céréales et le reste en herbe ; commercialisation sous Label Rouge ou marque Bœuf de Haute-Loire avec une partie en vente directe à la ferme, dans des magasins de producteurs et sur un marché.
Il passe ensuite le relais à son épouse Lise installée en 2016 après 20 ans de travail comme éducatrice spécialisée. Son expérience la conduit à mettre en place une activité d’accueil social à la ferme. Elle reçoit des enfants de 6 à 12 ans issus de familles d’accueil ou de foyers, qu’elle prend en charge 24h/24, dans le cadre de vacances sur l’exploitation. «Au contact des animaux de la ferme et de la nature, ces jeunes découvrent une autre vie, d’autres valeurs. Ils nourrissent les vaches, caressent les lapins ou les ânes, jardinent, font de la cueillette… bref rien de ce qui est leur quotidien». C’est comme une parenthèse pour eux.
«Je me régale» reconnaît Lise qui, à travers cette activité d’accueil à la ferme, se sent «utile» pour ces enfants, et pour ceux qui les encadrent d’ordinaire dans les foyers ou les familles d’accueil.
Au Gaec Salers et Bol d’Air, on ne s’ennuie pas entre cette activité, l’élevage, la transformation et la commercialisation de viandes. Toute l’année, les associés sont en contact avec les consommateurs et les citoyens. Et lors de ce week-end De Ferme en Ferme,  ils vont un peu plus loin en montrant leur exploitation.


Communication positive
Quelles que soient les productions, les agriculteurs engagés dans cette manifestation annuelle, veulent, avant tout, communiquer sur leur métier, leur passion, leurs pratiques et leurs produits. Parmi les questions qui reviennent le plus souvent, c’est l’alimentation des animaux qui arrivent en premier. «Les gens veulent savoir ce qu’on donne à nos vaches. Nous les nourrissons avec du foin et de l’herbe. Les consommateurs n’aiment pas entendre le mot ensilage». Autre sujet de discussion, la race des vaches. Et en partant de la couleur des vaches, on peut  arriver à ouvrir sur la génétique, la qualité de la viande…
Grâce à une organisation en circuits, les visiteurs peuvent, sur une journée, voir divers systèmes de productions, plusieurs produits agricoles et différentes approches de l’agriculture. Une famille de l’Ardèche a passé tout son week-end en Haute-Loire, sur les circuits Mézenc-Meygal, et Lignon-Lizieux, à la rencontre de vaches de toutes les couleurs (aubracs, salers, montbéliardes) de brebis noires du Velay, d’ânes et d’autruches, et en dégustant des préparations à base de verveine ou de fruits rouges. Un week-end dont les enfants se souviendront, et les parents aussi, on l’espère.
Une fois encore, et -on le redit- malgré les aléas de cette année pas comme les autres, l’opération De Ferme en Ferme a encore séduit. Une belle récompense pour les agricultrices et agriculteurs qui se sont investis pour accueillir les visiteurs. Ils étaient 16 cette année répartis sur 6 circuits sillonnant le département, dans le Val d’ Allier, le Haut Allier, le Gévaudan, entre Lignon et Lizieux, entre Loire et Semène ou autour du Mézenc et du Meygal. à l’année prochaine…

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