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LACTALIS
Un seul mot d'ordre : ne pas signer !

Depuis la diffusion d’une nouvelle proposition de contrat, les producteurs qui vendent leur lait à Lactalis sont légitimement inquiets sur l’avenir de leur activité. La FNPL, la FNSEA, les JA et les représentants des producteurs de Lactalis demandent aux producteurs de ne rien signer. Pour eux, il faut absolument arriver à une négociation collective.

«Rien n’a été validé, rien ne doit être signé» : tel est le mot d’ordre du syndicalisme et des représentants des producteurs Lactalis.
(Notre photo, le siège social du Groupe à Laval)
«Rien n’a été validé, rien ne doit être signé» : tel est le mot d’ordre du syndicalisme et des représentants des producteurs Lactalis.
(Notre photo, le siège social du Groupe à Laval)
© © Réussir / Annick Conté

Dans un communiqué commun la FNSEA, les JA et la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) appellent les producteurs de lait de Lactalis à «rejeter massivement le contrat» proposé par le groupe. «Cette proposition n’est pas le résultat d’une négociation aboutie entre l’entreprise et les groupements de producteurs. Ce nouveau contrat reste inacceptable et déséquilibré» affirment les organisations professionnelles. Elles n’acceptent pas non plus l’ultimatum de Lactalis qui exige la signature de leurs quelques 14 300 producteurs dans le mois qui suit pour un engagement de cinq ans. «Un mois pour signer… 5 ans pour se taire» s’indignent les représentants syndicaux.
Selon la FNPL qui a fait parvenir un courrier au ministre de l’Agriculture, les propositions contractuelles de l’entreprise «abaissent le niveau de protection juridique» dont bénéficient les producteurs, via le contrat non écrit de vente de lait. Elles sont, estime le syndicat «syndicalement inacceptables» car une entreprise ne peut imposer une intégration rampante à ses fournisseurs. Elles sont aussi «juridiquement inacceptables» à cause des dispositions léonines qu’elles comportent. Elles sont enfin «politiquement inacceptables», car elles refusent aux producteurs le droit de s’organiser au sein d’organisations professionnelles reconnues par les pouvoirs publics. Ce sont les raisons pour lesquelles, le président de la FNPL en appelle au ministre de l’Agriculture pour manifester «un signe fort». Et notamment la publication dans les plus brefs délais du décret sur les organisations de producteurs.

Responsables et déterminés
Les responsables de groupements de producteurs Lactalis ont tenté, à l’occasion de nombreux contacts avec l’entreprise depuis plus d’une semaine, de renouer le dialogue et lever les éléments de blocage mis en avant par celle-ci, en faisant une nouvelle fois preuve de responsabilité par rapport à l’importance cruciale de ce dossier pour l’avenir de tous les producteurs Lactalis.
Ces responsables réaffirment leur attachement à un modèle d’organisation de producteurs non commerciale (OPNC), chargée de la négociation collective des conditions de vente du lait de leurs adhérents, seul modèle à même de leur garantir l’équité de traitement dans un monde bientôt sans quota.
En réponse, la position de Lactalis consiste à réaffirmer qu’elle veut cantonner les organisations de producteurs dans un rôle «d’interlocuteur» ou de simple «consultant», en contradiction avec la volonté politique exprimée tant au niveau national que communautaire, qui consiste à placer les OPNC au centre des relations contractuelles pour préparer l’après 2015. Le refus de Lactalis de rouvrir un dialogue constructif conduit les responsables de groupement de producteurs Lactalis à être dans l’obligation d’utiliser tous les moyens légaux prévus par la Loi de Modernisation de l’Agriculture et de la Pêche.
Dans ce contexte, les responsables des groupements de producteurs Lactalis, comme les responsables syndicaux de la FNPL, de la FNSEA et des JA, en appellent à la responsabilité collective de tous les producteurs et leur demandent de rejeter massivement la nouvelle proposition de contrat de Lactalis.
«Rien n’a été validé ! Rien ne doit être signé !».
S.MARION, d’après Actuagri


Il a dit…

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Yannick FIALIP, Président de la Section régionale laitière : «Sur ce dossier se joue l’après 2015. Qui, demain, aura en main la gestion des volumes laitiers en France ? C’est sur cette question que la FNPL et la FNSEA se focalisent. Aujourd’hui ce sont les pouvoirs publics à travers l’Interprofession. Mais de tels contrats montrent la volonté des entreprises de reprendre seules cette gestion des volumes. Le blocage porte principalement là-dessus. À travers la signature d’un contrat entre l’OP, le producteur et l’entreprise, on préserve une gestion des volumes collective".

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