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Un scrutin départemental truffé d'incertitudes

Dimanche, 118 387 Cantaliens sont appelés aux urnes pour élire leur binôme de représentants au futur Conseil départemental dont les compétences ne sont pas connues.

Le premier tour des Départementales aura lieu dimanche prochain.
Le premier tour des Départementales aura lieu dimanche prochain.
© DR.

Drôle de scrutin que celui auquel sont appelés à participer les Français dès ce dimanche  pour  le  premier tour des Départementales. Outre un mode de représentation singulier et inédit à travers le monde avec un binôme homme-femme élu sur chaque canton qui s'est accompagné d'un redécoupage aux contours contestés, les 118 387 électeurs cantaliens vont devoir choisir leurs représentants au futur Conseil départemental sans connaître les compétences de cet échelon territorial dont on annonçait il y a moins d'un an la disparition pure et simple à l'horizon 2017. Depuis, la réforme territoriale s'est confrontée à la grogne des élus et au lobbying des parlementaires et notamment des Radicaux de gauche, farouchement attachés à cette collectivité de proximité en milieu rural.


Les compétences définitivement retrouvées ?


Dans le projet initial de la loi Notre(Nouvelle organisation territoriale de la République), le champ d'interventions des conseils départementaux devait être réduit à la solidarité, sociale et territoriale (aide aux communes) au profit des futures grandes Régions et des intercommunalités élargies. Un projet revu en profondeur en première lecture par les députés qui ont réintroduit le 10 mars la responsabilité des collèges et de la voirie départementale dans le giron des conseils départementaux. Tout ça pour ça, grincent autant les promoteurs de la réforme que ses détracteurs tandis que d'autres y voient une manoeuvre pré-électorale de la majorité socialiste. "Les compétences,  c'est  un  faux  débat, ce n'est pas la préoccupation des électeurs qui veulent qu'on réponde à leurs préoccupations au quotidien", tempère une candidate PS. Quoi qu'il en soit, ce contorsionnisme ne devrait pas aider la fréquentation des bureaux de vote que les sondages annoncent au plus bas et que la campagne relativement atone sur le terrain semble confirmer. Pour mémoire, en 2011, aux dernières cantonales, l'abstention avait progressé dans le Cantal avec 42,67 % au premier tour et 41,3 % au second, soit une dizaine de points de moins que le  record   national   à   plus   de 55 % aux deux tours. Les Cantaliens resteront-ils plus fidèles aux urnes dimanche ? Beaucoup en doutent même si les multiples candidatures sur certains cantons pourraient doper la participation par endroits. Autre pronostic partagé tout autant que redouté : une nouvelle poussée du mouvement Bleu Marine qui présente pour ce scrutin pas moins de six binômes dans des cantons ruraux où le Front national espère optimiser ses scores et dépasser les 20 % obtenus aux Européennes.


Des cartes rebattues ?


Le FN est-il en mesure de décrocher un binôme dans la future assemblée ? Rien n'est moins sûr car outre une campagne des plus discrètes de candidats peu connus et un programme avant tout national, pour être élu dès le premier tour, un binôme devra rallier la majorité absolue des suffrages, soit plus de 50 % des voix exprimées, et, parallèlement un nombre de suffrages égal au moins au quart des inscrits. Pour se maintenir au second tour, les tandems devront avoir obtenu au moins 12,5 % des voix des électeurs inscrits. Au-delà, y a-t-il un risque pour la Majorité sortante (DCI) de voir sa large prépondérance rognée (20 conseillers généraux sur 27 actuellement(1) ) ? Pas sûr non plus, au vu d'une part d'un contexte national peu porteur pour le parti du gouvernement et d'une gauche éclatée sur le terrain avec une présence de candidats de la plate-forme d'alternative (PC, Parti de gauche, EELV, Parti occitan, Vivantes) dans neuf cantons, des candidats socialistes (et affichés comme tels) peu nombreux au final. Reste, comme dans toute élection, un choix des électeurs qui fait régulièrement mentir sondages et pronostics et un scrutin départemental qui, souvent, est davantage fait d'adhésion à un candidat qu'à un ralliement partisan.

(1) Le futur conseil départemental comptera 30 conseillers  pour  15 cantons.


Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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