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Un "Pacte haie" pour ne pas se planter

Appel à projet : Commande groupée et plants livrés à Arpajon-sur-Cère, pour développer la plantation  de haies, accompagnés des onseils techniques de Pierre Bordage, technicien à la Mission haie Auvergne. 

Des agriculteurs choisissent leurs plants de haie.
Avant que chacun reparte avec sa commande, Pierre Bordage a livré quelques conseils éclairés sur le stockage des plants, la plantation proprement dite et la protection de la jeune haie. 
© Renaud Saint-André

Mardi 17 décembre, une trentaine d’agriculteurs ont bénéficié de la livraison de plants dans le cadre du “Pacte en faveur de la haie”, un projet visant à promouvoir la plantation de haies pour améliorer la biodiversité et la productivité agricole. 

Auparavant, les agriculteurs intéressés avaient suivi une journée de formation sur les rôles des haies et leur plantation efficace. Chacun a ensuite élaboré un projet individuel avec l’aide de la Chambre d’agriculture, bénéficiant d’aides de l’État couvrant jusqu’à 100 % des frais (voir ci-dessous). Une commande groupée a été passée auprès d’un pépiniériste cantalien, et l’ensemble des plants a été livré chez l’un des bénéficiaires, Sébastien Goubert de l’EARL Madelbos. 

Tout pour réussir une haie

un groupe suit les conseils d'un spécialiste qui tient un plant de haie dans la main

Pierre Bordage, technicien de la Mission haie Auvergne, a rappelé les règles de base pour conserver et planter efficacement les jeunes plants. “Décompacter le plus possible la terre, casser les mottes. Plus c’est broyé, plus c’est fin, et plus on gagne de temps”, a-t-il précisé. Il a également insisté sur l’importance du film biocompostable installé soit à la dérouleuse (qui peut être prêtée par la Fédération des chasseurs), soit à la main, et de bien le fixer pour éviter que le vent ne compromette son efficacité. 

Il sera fendu tous les mètres, afin de planter, après avoir démêlé et réduit les racines nues à l’équivalent d’une longueur de main, avant de les enduire de pralin composé de terre, d’eau et de bouse et ensuite, ne pas arroser... 

Ne pas arroser en cette saison, attendre la fin du printemps, car l’arrosage pourrait rendre les jeunes pousses dépendantes" (Pierre Bordage, technicien mission haie). 

Pierre Bordage a également réalisé une démonstration de pose de gaines pour protéger les écorces contre les chevreuils, gaines qui resteront en place au moins trois ou quatre ans, parfois dix si nécessaire.  Le technicien a insisté sur l’importance de planter avant la pousse des petits bourgeons, idéalement avant la fin de l’année si la météo se maintient. 

Pas seul face à sa haie 

En cas de plantation plus tardive, il a conseillé de conserver les jeunes plants groupés, placés de biais dans la terre, sans tasser, ne laissant dépasser que quelques centimètres ; le tout exposé au nord pour ne pas favoriser la pousse des bourgeons. Une opération nommée “mise en jauge”. Un suivi sera mis en place, dans un second temps, pour garantir la conformité du projet et permettre aux agriculteurs d’échanger avec des techniciens qualifiés. L’appel à projet de ce Pacte haie a connu un vif succès dans le Cantal, puisque la quasi-totalité de l’enveloppe départementale a été consommée. Il faut dire que les actions en faveur des haies y existent depuis longtemps. 

Plants, équipements et même temps de travail subventionnés
Selon les options (avec ou sans protection contre les animaux du troupeau et/ou celle de la faune sauvage), ils toucheront entre 10 € et 14,50 € de subvention par mètre linéaire. Puisqu’il est préconisé de planter tous les mètres, le calcul est simple : la somme correspond peu ou prou à celle couverte par plant.   33 agriculteurs ; 11,5 km Ce programme national, financé par l’État à hauteur de 64 M€ par an, vise à planter 50 000 kilomètres de haies agricoles en France d’ici 2030. Dans ce Cantal, un consortium accompagne la démarche. Il est constitué de la Chambre d’agriculture, de la Mission haies régionale et, sur leurs territoires, du Syndicat interdépartemental de gestion de l’Alagnon (Sigal) et de Saint-Flour communauté. 
L’intégralité des fournitures, du paillage aux clôtures, est prise en charge (100 %), ainsi qu’une partie du temps de travail des agriculteurs pour planter la haie. Un soutien de nature à renforcer l’attractivité de la démarche. Mais Pierre Bordage, de la Mission haies, prévient que les prochaines enveloppes risquent d’être moins généreuses.  Pour cette fois-ci, à l’échelle du département, 33 agriculteurs se sont engagés pour cet hiver 2024-2025, permettant l’implantation de 11,5 km linéaires de haies et 230 arbres agroforestiers. Le suivi des plantations jusqu’en 2026 assurera la réussite des projets, pérennisant ainsi ce patrimoine agricole et environnemental. Les plants, commandés aux pépinières Lachaze de Veyrières (près de Ydes) sont labellisés “Végétal local”. Ils apportent la garantie d’être issus de semences cultivées sur zone et adaptées à l’altitude,  à nos sols et à nos climats. Ils ont été livrés mardi 17 décembre. 

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