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Un organisme unique de gestion de l’eau sur le département de l’Allier

La Chambre d’agriculture de l’Allier a été choisie par la préfecture du département pour gérer aux mieux les volumes d’eau disponibles pour l’irrigation des cultures. Chaque année les membres des comités techniques et de gestion se réunissent pour faire le point sur la campagne écoulée et échanger autour de la question de l’eau.

Réunion du comité de gestion du 11 février dernier
Réunion du comité de gestion du 11 février dernier
© Julien Martens, CA03

La loi sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA) en 2006 préconise la mise en place d’un outil de gestion de la ressource en eau pour l’irrigation. Obligatoire dans les zones de répartition des eaux (ZRE), il permet une meilleure maîtrise des prélèvements dans le milieu en réalisant la demande d’autorisation collective de prélèvements pour l’irrigation. Il est le garant d’une bonne répartition du volume prélevable entre les irrigants.

La Chambre d’agriculture désignée

En 2008, la préfecture de l’Allier a désigné par arrêté la Chambre d’agriculture comme « organisme unique de gestion collective de l’eau d’irrigation ». Un dispositif qui a véritablement été opérationnel en décembre 2015 suite à une autorisation unique pluriannuelle de prélèvement indiquant les volumes d’eau disponibles pour la campagne d’irrigation des quinze prochaines années. Suivront plusieurs réunions, sous forme de comités techniques et de gestion, réunissant autour de la table plusieurs acteurs en lien avec la gestion de l’eau favorisant ainsi les échanges, les expériences de chacun ;

« La Chambre, qui a été désignée comme gestionnaire par les pouvoirs publics, a permis l’ouverture aux échanges avec les autres acteurs et favorisé une meilleure concertation ».

Gérer l’irrigation dans le département via un organisme unique a véritablement apporté une plus value comme le confirme Gérald Baconnier, irrigant en Sologne bourbonnaise : « La mise en place de ce dispositif permet de sécuriser les volumes pour les irrigants et leur permet d’avoir une visibilité par rapport à leur gestion et une connaissance la plus parfaite possible sur toutes les eaux, superficielles et profondes ».

La fédération départementale de la pêche est également partie prenante par l’intermédiaire de son directeur, Mickaël Lelievre, ingénieur hydrobiologiste :

« La mise en place de l’organisme unique pour la gestion de l’eau doit permettre une meilleure gestion de l’eau pour l’irrigation agricole par la définition de volumes prélevables par bassin versant et en fonction des différentes sources d’eau disponibles qu’elles soient superficielles, impactant ou non l’étiage, ou souterraines. Même si de notre avis, certains volumes restent trop élevés notamment sur certains bassins versants non réalimentés très sensibles à l’étiage, ce nouvel outil de gestion a toutefois permis de renouer le dialogue entre les différents acteurs grâce notamment à l’instauration d’un comité de gestion. Cela permet également une meilleure transparence concernant les campagnes d’irrigation et les volumes prélevés ».

Un comité régi par un règlement intérieur visé par le préfet dont les services (DDT, DREAL) font partie. Préfet qui valide ensuite, chaque année, le plan de répartition des volumes d’eau.

 

33,8 millions de m3 pour 17 800 ha

Arrêtons-nous sur la campagne 2018 qui laisse apparaître un volume d’eau au plus haut historique soit 33,8 millions de m3 pour une superficie irriguée de 17 800 hectares recouverte à 86% par des cultures de gains et fourrages réparties entre 390 irrigants. Julien Martens est conseiller à la Chambre d’agriculture de l’Allier, en charge de l’eau : « Dans l’Allier, depuis la fin des années 1990, nous connaissons l’ensemble des irrigants et la totalité des points de prélèvements. Nous pouvons en déduire les  volumes consommés. Notre département est sans doute précurseur en la matière par rapport à d’autres territoires français ».

Si à l’ouest la situation est plus tendue, les bassins de la Loire, de l’Allier et de la Sioule représentent deux tiers des volumes prélevés (87%). En revanche, la superficie irriguée chaque année reste stable et tend à s’approcher des 18 000 hectares. « Des chiffres qui restent stables car l’irrigation coute chère à mettre en place mais aussi par ce que la PAC a obligé pour certains la rotation des cultures (diversité des assolements). Autre explication possible : le renchérissement de l’énergie », Jean-Louis Laurent, président du syndicat des irrigants du Val d’Allier Bourbonnais.

A signaler également que les volumes distribués entre irrigants sont majoritairement respectés. Seules sept exploitations ont été en dépassement d’attribution avec un dépassement médian de 5 700 m3 sur un dépassement total de 52 000 m3, soit seulement 0,15% du volume total. Une analyse qui permet d’affirmer qu’aucun bassin versant n’a été en dépassement. Les réserves en eaux ont été, malgré la sécheresse, assez bonnes. Une situation qui s’est traduite par la mise en place d’arrêté de restriction assez tardivement dans la saison en août et même septembre.

Augmentation de 2°C d’ici à 2050

Amélie Bouchant est en charge du projet d’Adaptation des Pratiques Culturales au Changement Climatique  (AP3C) : « Les changements climatiques prévus par le projet AP3C à l’horizon 2050  montrent une augmentation des températures moyennes annuelles de près de 2°C en 50 ans. Cette évolution se fera surtout au printemps et en été. En revanche, il n’y a pas d’évolution majeure au niveau des précipitations, le  cumul annuel de précipitations resterait stable. Le bilan hydrique potentiel estival serait tout de même négatif, il serait alors intéressant d’envisager des solutions pour sécuriser les systèmes en stockant l’eau disponible. »Concernant le stockage d’eau, le Bourbonnais se caractérise par un besoin spécifique lié à une sécurisation fourragère des surfaces de petites tailles (entre 10 et 20 hectares) mais aussi des volumes à stocker réduits (20 à 30 000 m3

Stockage de l’eau, des financements en attente

Le stockage de l’eau pourrait se réaliser avec des projets hors des cours d’eau et des zones humides mais aussi grâce à une mise en dérivation des retenues existantes. Cependant peu de projets émergent face au coût même si il y a véritablement une volonté de développement dans ce sens, notamment via des opportunités financières régionales. « Il faut être très prudent ; on constate une volonté des pouvoirs publics pour la création de ressources mais contredites par les financements qui ne sont pas adaptés ou en attente. Il faut une véritable politique de financement. L’objectif de cette irrigation est de conforter l’existant. On ne peut faire de l’irrigation que si on a les ressources en eau disponible », Jean-Louis Laurent qui ajoute également que les études des chercheurs exerçants dans les milieux « autorisés » se dirigent plus vers la recharge des nappes plutôt que vers la création de retenues d’eau.

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