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PAC
Un mot d’ordre : « regarder le monde »

C’est en maître de conférences que Michel Barnier a été accueilli par les étudiants de Clermont-Ferrand pour parler et débattre sur la Politique agricole commune.

«Agriculture, sécurité alimentaire, Europe : Parlons-en ! » Une fois par semaine, le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier, ouvre le débat sur la PAC avec des étudiants. La semaine dernière, c'était avec les étudiants de Clermont-Ferrand dans les locaux de Polytech.

En préambule des échanges avec les jeunes, Michel Barnier  a rappelé les grands enjeux mondiaux auxquels l'agriculture européenne est désormais confrontée:

- L'augmentation de la population mondiale d'ici à 2050, « il faudra multiplier par deux la production agricole à des fins alimentaires. Se posera alors le problème du partage des terres entre destination alimentaire et autres...».

- L'enjeu écologique ; « le réchauffement de la planète va bousculer toutes les habitudes et d'abord celles des agriculteurs ».

- Les crises sanitaires « qui interpellent déjà les modes de production ».

- L'instabilité économique, le prix des matières premières, le bouleversement de la demande, « sans compter les mouvements insupportables de spéculation ».

Face à ces enjeux, « doit-on laisser faire ou faut-il de la gouvernance? » interroge le ministre. Pour lui il est évident qu' « aucun pays européen ne peut être seul  autour de la table; l'Europe entière doit l'être. Il nous faut donc de la gouvernance et la capacité de la mettre en place ».

Revenant sur les acquis de la PAC (qualité, traçabilité, produits labellisés, aides aux zones agricoles défavorisées...) Michel Barnier souligne que « la Politique agricole commune n'est pas une politique comme les autres. Elle est vitale car elle touche à l'alimentation. On sait qu'il va falloir produire plus et mieux partout. Il faut un budget pour que la seule loi du marché n'emporte tout le reste». Et de préciser, « il y a 10 milliards d'euros par an  pour l'agriculture française via l'Union européenne et 1,5 milliard de budget agricole annuel français. Le budget européen est 10 fois plus important que le budget national ! » d'où la nécessité de maintenir une politique de cette envergure pour être à armes égales avec le soutien à l'agriculture américaine.

Des échanges

Les étudiants n'ont pas été en reste de questions.

En voici quelques extraits :

- Est-ce que l'agriculture biologique pourra nourrir à elle seule 9 milliards d'habitants ?

« L'agriculture bio est une avant-garde qu'il faut encourager. Toute l'agriculture ne doit pas être bio mais durable. » Sur l'ensemble du 1er pilier PAC (soit 9 milliards d'euros) une partie doit être orientée vers les méthodes durables, selon Michel Barnier

- Quid du couplage des aides?

« Les aides couplées sur les céréales vont disparaître. En élevage, il est essentiel de conserver ce couplage, notamment pour les élevages de montagne. Si on le supprime, des zones entières seront désertifiées. C'est un outil d'aménagement du territoire. Après 2013, nous nous battrons pour préserver cet outil ; nous sommes aujourd'hui 20 pays sur 27 à vouloir garder une politique forte ».

- Quelle est la place de l'agriculteur dans la PAC ?

« Sa place est de produire » rétorque le ministre. « Les agriculteurs sont les premiers écologistes et les premiers acteurs de la dynamique territoriale. Je souhaite que le premier pilier de la PAC, pilier économique, reste le plus fort».

- Quel soutien apporter aux pays les moins avancés (PAM)?

« Je suis d'accord pour supprimer les restitutions à l'exportation car elles déstabilisent les productions locales des pays en développement. Je suis également favorable au maintien de l'avantage tarifaire (ndrl : exemption de droits de douane) dont bénéficient les PAM qui exportent en Europe. »

« Le commerce ne va pas contribuer à nourrir l'Afrique. Il faut qu'elle arrive à produire ce dont elle a besoin. Les pays africains doivent se mettre ensemble pour compter. Ils doivent mutualiser leurs productions (protections communes, gestion de l'eau, gestion sanitaire...) et créer des projets régionaux agricoles que l'Europe pourrait soutenir ».

- La crise financière  mondiale aura-t-elle un impact sur l'agriculture ?

« Cette crise montre combien nous avons eu raison de faire l'Europe et de mettre en place des règles et des contrôles. Il y aura certainement des conséquences sur l'agriculture au niveau de la production, à travers la baisse de la consommation et du pouvoir d'achat. En même temps, il y aura augmentation de la population mondiale et donc risque de famine. »

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