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Neussargues
Un médecin venu d'Espagne

Trouver un médecin qui accepte de travailler en zone rurale relèverait-il de la quadrature du cercle ? Heureusement, il y a l'Espagne...

Teresa et José, une nouvelle vie au pays de Murat.
Teresa et José, une nouvelle vie au pays de Murat.
© CF

En décembre, le Dr Chenet part à la retraite et la recherche pourtant active pour faire venir un nouveau praticien ne porte pas ses fruits. Neussargues a compté jusqu'à trois médecins, puis deux, puis un seul, âgé de 64 ans... Il y a donc urgence. La mobilisation de la communauté de communes pour trouver un successeur au Dr Chenet avec la bénédiction de l'Agence régionale de santé (ARS) s'intensifie, mais les annonces Internet ne donnent rien. "Notre souhait, relate Corinne Ibarra, directrice de l'intercommunalité, est d'intéresser un médecin européen", car hors Union européenne, "les problèmes d'équivalence de diplôme se posent et les formalités administratives se compliquent. Nous décidons alors de cibler l'Espagne. La crise économique qui touche ce pays nous laisse à penser que nous avons une chance." Une annonce rédigée en espagnol dans "El colegio del medicos" va faire mouche.

 

Un riche parcours

Teresa Sanchez, 44 ans, est médecin. Elle est mariée à José Magana, 58 ans, universitaire et professeur de philosophie. Tous deux ont travaillé en Europe : "En Espagne, il y a beaucoup de médecins et le travail devenait précaire", considère Teresa qui, pour faire face à cette situation, s'est expatriée pour exercer en Angleterre, en Suède puis en Belgique. Originaires du même village, Teresa et José se sont mariés en 2008. José, après avoir travaillé en Belgique dirige alors un master à l'université de Salamanque à Madrid. Aussi, Teresa envisage un retour professionnel dans l'Espagne rurale, mais y renonce. Les postes sont en effet directement attribués par le pouvoir central et, avec la crise, il n'y a pas d'offre... "J'ai alors pensé que nous devrions quitter le pays. Pour moi, la destination idéale était le Royaume Uni, où, tout comme en Espagne et en Suède, le système de soins présente une grande similitude avec le nôtre, mais José ne parle pas l'anglais...", se rappelle-t-elle. Alors que le couple imagine s'installer quand même encore en Espagne, à Alicante, il tombe sur l'annonce de Murat. Pourtant, Teresa et José n'ont pas un bon souvenir de la France car une première expérience s'est soldée par un échec dans la région bordelaise. Neussargues, c'est où ? Internet les renseigne. Murat est plus grand que leur village de Pelalejos, mais présente des similitudes. Une ville médiévale, un paysage qui leur parle, et puis, plaisante Teresa, "je raffole du fromage". Alors avec les AOP que l'on a... Plus sérieusement, "au-delà du projet professionnel, le couple a un vrai projet de vie", ajoute Corinne Ibarra qui a trouvé "intéressant" le CV de Teresa et correspondu avec elle grâce à Skype. "Nous avons trouvé ici un accueil complètement différent de celui de Bordeaux, témoigne Teresa. Ici, on nous attendait. Tout était prêt pour nous, avec une vraie politique d'accueil..."

On line sur toute la ligne...

"Je suis prof de philo, mais je suis spécialiste en migration. À l'université, je dirigeais un master "on line" sur les migrations interdisciplinaires. J'ai proposé au recteur d'abandonner ma direction, mais il m'a répondu : "Quoi de mieux pour un master "on line" de migration qu'un migrant qui pourra travailler "on line" justement...", complète son époux. Un poste de médecin vacant, un télécentre à Murat et une culture de l'accueil emportent donc leur décision. L'ouverture du cabinet médical du Dr Sanchez est prévue le 6 mai. José dispose d'un peu plus de temps : il poursuivra sa direction de master depuis le télécentre, mais pas avant octobre, le temps de s'installer.

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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