L'eau : un levier souvent sous-estimé pour la performance des élevages
En élevage, l’eau est le premier aliment consommé par les animaux. Pourtant, sa qualité fait encore trop rarement l’objet d’un suivi régulier.
En élevage, l’eau est le premier aliment consommé par les animaux. Pourtant, sa qualité fait encore trop rarement l’objet d’un suivi régulier.
Qu’elle provienne du réseau, d’un forage, d’un puits ou d’une ressource de surface, l’eau d’abreuvement influence directement les performances techniques, la santé des animaux et la rentabilité de l’exploitation. Réaliser une analyse d’eau constitue donc une démarche simple mais essentielle pour sécuriser son élevage.
L’eau : un besoin vital aux conséquences directes sur les performances
Les besoins en eau des ruminants varient selon de nombreux facteurs : espèce, âge, stade physiologique, production, alimentation ou encore conditions climatiques. Une insuffisance d’abreuvement ou une eau peu appétente entraîne rapidement une baisse de consommation.
Les conséquences sont immédiates : diminution de l’ingestion alimentaire, baisse de la production laitière ou de la croissance, dégradation de la fertilité et augmentation de la sensibilité aux maladies.
L’accès à une eau de qualité est donc un préalable indispensable à toute performance zootechnique.
À lire aussi : La Haute-Loire est placée en vigilance sécheresse
Une eau de bonne qualité ne se juge pas à l’œil nu
Pour être correctement consommée, l’eau doit d’abord présenter de bonnes qualités organoleptiques : elle doit être claire, propre et sans odeur marquée. Certains éléments naturellement présents, comme le fer, le manganèse ou le soufre, peuvent modifier son goût ou son odeur et réduire son attractivité. Cependant, une eau limpide n’est pas forcément une eau de bonne qualité. Des contaminations microbiologiques ou des déséquilibres physico-chimiques peuvent être présents sans être visibles. C’est pourquoi seule une analyse permet d’obtenir une évaluation fiable.
Pourquoi réaliser une analyse d’eau ?
L’eau peut se dégrader entre son point de captage et l’abreuvoir ou entre votre compteur et vos abreuvoirs. Développement bactérien dans les canalisations (biofilm), dépôts minéraux, infiltration de contaminants sont autant de facteurs susceptibles d’altérer sa qualité. Une analyse régulière permet de :
- vérifier l’absence de contamination microbiologique ;
- contrôler les paramètres physico-chimiques ;
- expliquer certaines contre-performances techniques ou sanitaires.
Il est généralement recommandé de réaliser au minimum une analyse annuelle, en prélevant l’eau au plus près du point de consommation des animaux. En cas de problèmes sanitaires récurrents, de baisse inexpliquée des performances ou de changement de ressource en eau, un contrôle complémentaire est fortement conseillé.
Des risques sanitaires parfois importants
La qualité microbiologique constitue l’un des premiers points de vigilance. Une eau contaminée par des bactéries, virus, protozoaires peut être à l’origine de nombreux troubles sanitaires.
Chez les jeunes animaux, les diarrhées et les affections respiratoires sont les manifestations les plus fréquentes. La déshydratation qui en résulte peut rapidement compromettre la croissance et, dans les cas les plus graves, entraîner la mort.
Chez les adultes, une mauvaise qualité d’eau peut favoriser l’apparition de mammites, métrites, diarrhées,... Ces pathologies génèrent des pertes économiques souvent bien supérieures au coût d’une analyse préventive.
À lire aussi : Forte chaleur et canicule, des périodes à risque desquelles il faut protéger ses salariés
L’importance des paramètres physico-chimiques
Au-delà de la qualité microbiologique, plusieurs paramètres physico-chimiques méritent une attention particulière. Le pH influence notamment le confort digestif des animaux et le bon fonctionnement des installations. Une eau trop acide ou trop alcaline peut provoquer des troubles digestifs et favoriser la corrosion ou l’entartrage des équipements. La dureté de l’eau, liée principalement aux teneurs en calcium et magnésium, peut également avoir un impact sur les installations d’abreuvement et les systèmes de distribution. Les nitrates constituent un autre indicateur majeur. Des concentrations élevées peuvent entraîner des troubles digestifs, respiratoires, des retards de croissance et, dans les situations extrêmes, des intoxications potentiellement mortelles.
Certains éléments minéraux méritent également d’être surveillés. Des teneurs élevées en fer peuvent diminuer l’appétence de l’eau, favoriser les dépôts dans les canalisations et des développements microbiens et perturber l’assimilation de certains oligoéléments essentiels.