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Troubles du neuro-développement : un diagnostic ne fait pas un destin

“Les troubles du neuro-développement de l’enfant à l’adulte” ont été décryptés par le pédopsychiatre Olivier Revol.

Deux hommes assis en train de faire une conférence
Avec sa conférence très suivie, Olivier Revol a tenté de dédramatiser la gravité des troubles du neuro-développement.
© ADSEA 15

Qui a dit qu’un enfant atteint d’un trouble du neuro-développement est condamné à l’échec ? Sûrement pas Noah Lyles, champion olympique du 100 m l’an dernier à Paris, qui déclarait après son titre : “Je souffre d’asthme, d’allergies, de dyslexie, de troubles de l’attention, d’anxiété et de dépression. Je peux vous dire que ce que vous avez ne définit pas ce que vous pouvez devenir.” Le sprinter américain venait de clamer au monde entier que la 
différence, qui plus est invisible, ne faisait pas de soi un perdant. “Et ça m’a touché”, confiait Olivier Revol face à un centre des congrès comble de 450 personnes, à l’invitation de l’ADSEA 15 mercredi 5 novembre après-midi. 
Pédopsychiatre depuis plus de 40 ans, l’ancien chef de service de neuro-psychiatrie de l’enfant au CHU de Lyon, en a vu défiler des générations de patients, des boomers aux enfants étiquetés X, Y, Z, et maintenant Alpha. Tous avec des attentes différentes en termes sociétaux, professionnels, éducatifs, familiaux... “Les codes ont changé” et les outils pour accompagner les plus petits comme les adultes aussi. Reste une constante : “Plus vite on repère, plus vite on peut les aider.”


Les aider, notre mission à tous


Car pour traiter un trouble du neuro-développement, déjà faut-il le reconnaître et “accepter que nous ne sommes pas tous pareils. Tout le monde a une façon différente d’appréhender le monde”. Et ça commence dès l’école, “où on demande d’être bon en calcul, en écriture, en lecture, mais on ne s’intéresse pas aux autres formes d’apprentissage”. Ce qui peut conduire à une forme de découragement des élèves atteints de dyslexie, de haut potentiel, de troubles de l’attention, avec 13 % d’enfants en situation d’échec scolaire, c’est-à-dire qui sortent du système d’éducation sans diplôme ni qualification. Et le responsable du centre de référence des troubles de l’apprentissage de rappeler l’exemple filmé par France 2 de Marine, 9 ans, dyslexique, incapable de déchiffrer les mots correctement mais qui, avec une prise en charge précoce adéquate, exerce aujourd’hui en tant qu’infirmière. “Plus on les aide tôt, plus on leur facilite la vie. C’est notre mission à tous”, insistait Olivier Revol, qui rappelait notamment l’importance de l’alternance pour éviter les mises en échec dans le parcours scolaire dit traditionnel. 
“Les causes de ces difficultés scolaires peuvent être instrumentales : chaque région du cerveau est dédiée à une activité, comme la lecture, l’attention, la vision,... Donc il peut y avoir un déficit à ce niveau là. Ou bien psycholo-giques : un manque de motivation, un excès de pression, des préoccupations, qui font qu’il n’y a pas assez d’espace psychique disponible pour comprendre ce que l’on nous enseigne.”


Bienveillance


Face à un public composé notamment de professionnels du médico-social mais aussi de familles, d’enseignants, de psychomotrociens,... Olivier Revol, 66 ans, vit lui aussi avec une dyspraxie depuis toujours. “Tout est compliqué.” Mais pas impossible. Il ne peut pas conduire ? Pas grave, il prend le train ou l’avion. Il a du mal à se rendre compte si son intervention dépasse le temps imparti ? Un timer fera très bien l’affaire. Des ajustements au quotidien qui peuvent se faire dès les premières années de la scolarité : “L’école idéale, c’est celle de son quartier. Un enfant, il a besoin de ses amis. Un Dys aussi. On peut lui mettre à disposition un ordinateur par exemple, on peut éviter de le faire lire à l’oral...”, liste-t-il. 
Et d’insister sur “le rôle indispensable des accompagnants des élèves en situation de handicap” (AESH) et surtout “le regard bienveillant” de la communauté éducative. Car si un trouble du neuro-développement ne se guérit pas 
et perdure à l’âge adulte, il peut s’atténuer avec des aménagements de l’environnement de la personne touchée... mais pas coulée. “Le piano est abîmé mais le pianiste est intact”, disait Françoise Dolto. Avec 40 ans de recul, j’en ai vus des enfants sortis d’affaire. Il ne faut pas oublier qu’un diagnostic n’est pas un destin”, a conclu avec optimisme Olivier Revol.    
 

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